A 31 ans, Yann Clairay fait partie des pilotes français qui touchent à tout. Lauréat du Prix Jean Rondeau en 2006 en tant que meilleur espoir des 24 Heures du Mans, le Mayennais s’est vite forgé un nom sur les circuits en roulant successivement en LM P2, GT1 et GT3. Malgré de solides références en Championnat du Monde GT1, il réoriente sa carrière en rallye en participant au Trophée Renault Clio R3 avec une place de Vice-Champion de France 2011. Deux ans plus tard, il rafle le Trophée Renault Twingo R2 puis une place de Vice-Champion de France des Rallyes sur Terre Deux Roues Motrices la saison dernière sur une Peugeot 208. En dépit d’un emploi du temps professionnel bien chargé et pas mal de temps passé sur les spéciales, le Lavallois revient dès qu’il le peut sur les circuits. Pilote de développement Ligier (CN) depuis 2012, on le retrouve cette saison en VdeV Endurance Series sur l’une des deux Ligier JS 53 EVO 2 du Graff partagée avec Eric Trouillet et Jordan Perroy. Le trio est monté sur la deuxième marche du podium du meeting de Barcelone. Entretien avec un pilote rapide dont le talent n’est plus à prouver…
C’est pour toi un retour sur les circuits cette saison ?
« Je n’ai jamais vraiment arrêté de rouler en circuit même si je n’ai pas pris part à des saisons complètes. J’ai disputé deux courses en VdeV en 2012, deux en 2013 et quatre en 2014. Cette année, je vais prendre part à l’intégralité du championnat pour le compte du Graff. Le niveau était déjà relevé il y a trois ans mais il est encore monté cette année. En parallèle, j’espère rouler à nouveau en rallye au volant d’une grosse auto. Un autre championnat sur circuit n’est pas à exclure non plus. »
Rouler sur un prototype CN est plaisant ?
« L’objectif était que les pilotes qui roulent en CN puissent passer plus facilement en LM P2 et c’est le cas. Au fil des années, le niveau monte, les autos sont de mieux en mieux. C’est pour moi une superbe expérience et je prends beaucoup de plaisir à rouler. Aligner des CN est un vrai challenge pour une équipe. L’auto n’a pas d’assistance et même si elle est assez facile à piloter, elle est tout de même physique. Un pilote rapide en CN sera loin d’être ridicule en LM P2. C’est entre une Formule Renault et une Formule 3. »
Comment en es-tu arrivé à rouler sur une Ligier ?
« Le pilote de développement Ligier était Fred Mako et il avait de moins en moins de temps pour rouler. Vu que nous sommes amis, il a suggéré mon nom. J’ai pris part à un test fin août 2012 qui a été concluant. J’ai poursuivi suite au rachat par Onroak Automotive. C’est une belle reconnaissance que de rouler pour Ligier. »
Avant cela, tu as connu la belle époque du World GT1. Un grand souvenir ?
« Cette époque était magique. J’en avais parlé avec Philippe Dumas mais c’était assez compliqué pour moi de réunir un budget pour toute la saison. J’ai réussi à faire un deal sur la seconde partie de saison 2010 où je partageais le volant avec Mako. Lors de ma première course de championnat au Nürburgring, je suis sorti des stands avec à mes côtés la Maserati de Michael Bartels. Nous étions portière contre portière et là j’ai bien compris que j’étais dans la cour des grands. Partager mon baquet avec Fred a été un grand moment. Je n’avais aucun complexe à me prendre 0.5s car c’était déjà LE pilote GT. Le World GT1 était un vrai championnat du monde avec un format génial. L’équipe avait une grosse importance et c’est ce qui a fait le succès de Hexis Racing. Je suis ensuite passé à l’Aston Martin DBRS9 qui n’avait rien à voir avec la DBR9. »
Quel regard portes-tu sur l’Endurance actuelle ?
« La discipline a de beaux jours devant elle. Cependant, il y a tellement de bons pilotes qui ont leur place au Mans et qui ne peuvent y aller par manque d’argent. Sans argent, il est quasiment impossible de percer. Le fait d’incorporer un gentleman est positif car c’est l’avenir du sport automobile. »
L’ambiance en rallye est différente du circuit ?
« Déjà, il est possible d’éclore sans argent en rallye, au contraire du circuit. Ce sont deux mondes différents, chacun avec ses spécificités. »