Super GT

Tour d’horizon des activités Endurance de Michelin avec Nicolas Goubert

OMB46169
0 Flares Twitter 0 Facebook 0 0 Flares ×

L’aspect pneumatique est encore plus important en SUPER GT que dans n’importe quel autre championnat. Après une interruption de quelques années, Michelin est bien de retour dans le championnat GT japonais avec quatre autos cette année. Si dans la majorité des championnats les manufacturiers pneumatiques cherchent à allonger la durée de vie des pneus sans pour autant rogner sur la performance, le challenge  japonais est différent. Il faut des pneus qui soient constants et performants du début à la fin du relais sous peine d’être décroché. Si Honda, Nissan et Toyota se font la guerre sur la piste, Michelin, Bridgestone, Dunlop, Yokohama et Hankook bataillent à couteaux tirés pour rester sur le devant de la scène. C’est ce défi technologique qu’apprécie Michelin et c’est pourquoi beaucoup d’efforts sont mis dans le programme SUPER GT avec un développement autorisé en cours de saison. A Motegi, Nicolas Goubert, Directeur Adjoint et Directeur Technique Division Compétition chez Michelin, était à pied d’œuvre pour superviser les quatre autos couvées par la manufacture de Clermont-Ferrand, à savoir deux Nissan et une Honda en GT500, sans oublier une Subaru en GT300. Au Japon, Nicolas Goubert est en terrain connu puisqu’il parle couramment la langue du pays.

084Q7455 Quel est votre historique avec le Japon et plus généralement avec Michelin ?

 « Je suis venu ici au début des années 90 du temps de l’époque Supertourisme. J’ai fait toute ma carrière en compétition. Fin 1997, je suis revenu en Europe pour travailler dans le domaine de la compétition moto où nous étions présents dans divers championnats. J’y suis resté jusqu’en 2006 avant de m’exiler aux Etats-Unis pour m’occuper de marketing chez Michelin. Cela m’a ouvert d’autres horizons. Il y avait un lien indirect avec les pneus de tourisme haut de gamme. En 2002, Corvette Racing est venu au Mans avec Michelin et ils ont vite compris que l’écart avec les pneus qu’ils utilisaient auparavant était important. La relation s’est très bien passée. J’ai vite lié d’amitié avec Ron Fellows qui nous a aidé à ce que les Corvette de route soient équipées de gommes Michelin. La C7 reçoit en première monte des Michelin. Tout cela a pu se faire grâce à la compétition. Ensuite, je me suis impliqué à mettre sur pied la division technique des pneus de course pour différentes activités deux et quatre roues à travers le monde. Je passe de 12 à 15 week-ends par an sur les circuits. »

Nicolas GOUBERT_Motegi2013 Le SUPER GT a une grosse importance chez Michelin ?

 « C’est pour nous le challenge technique le plus important. Pour ce qui est des retombées, il y a le FIA WEC et le WRC, qui eux offrent d’autres challenges. En Endurance, les autos sont capables de boucler 4 à 5 relais. Les nouvelles dimensions font perdre en capacité de charge. Pour ce qui est du WRC, la réduction des pneus est de 20% par an mais nous avons travaillé à avoir la même performance au niveau du chrono. Le FIA WEC et le WRC sont parfaits pour l’image du groupe. En SUPER GT, la partie technique et technologique est primordiale. Nous avons aussi un service compétition-client qui nous permet de vendre des pneus à des équipes privées. »

084Q7428 La dimension des pneus entre les autos du SUPER GT et du FIA WEC est identique (ndlr : 31/71/18). Doit-t-on y voir là un rapprochement ?

 « Il est vrai que le transfert est plus facile mais un pneu de SUPER GT ne peut pas faire le FIA WEC. Disons que cela nous sert de laboratoire. Les 24 Heures du Mans ont une place à part car les pneus doivent tenir 700 km sans que cela occulte la performance. C’est un exercice de style particulier. En Endurance il faut avoir des pneus polyvalents à la différence du Sprint où on ne demande pas la même chose. Nous voulons montrer à la concurrence emmenée par Bridgestone que nous sommes à leur niveau et même au-dessus. »

OMB46189 Pourrait-t-on voir Michelin équiper plus d’autos à l’avenir ?

 « Equiper une seule auto était trop risqué sachant que nous ne sommes pas avec Toyota. Notre objectif premier est d’être dans le match face à la concurrence. En 2009, nous n’équipions qu’une seule auto avec deux victoires à la clé. L’année suivante, nous avions la Nissan alignée par Nismo et je pense que c’était trop tôt pour nous. Nous avons beaucoup bataillé et progressé. Sur la deuxième partie de saison, nous étions dans le coup. En 2011 et 2012, nous sommes repartis avec le titre en montrant que nos produits étaient meilleurs. Cette année, cet avantage s’est réduit et nous équipons un nouveau partenaire qui est Dome-Honda. On savait qu’il faudrait un certain temps pour nous habituer à leur auto. Avec la Nissan, je pense que nous avons toujours un avantage face à la concurrence, alors qu’avec Honda, c’est quasiment identique. Rien n’est encore figé pour 2014 mais nous devrions repartir sur le même schéma. Michelin est en compétition au Japon depuis la fin des années 80. A un moment ou un autre, tout le monde a eu un lien avec Michelin. La culture est différente de ce qu’on a l’habitude de voir. Michelin alloue un technicien par équipe. »

sgt_motegi_2013-1314 La présence de Fred Mako est un avantage non négligeable ?

 « Benoît (Tréluyer) a poussé pour que Fred soit là. Le courant entre les deux est bien passé. Dome n’est pas venu nous demander de placer Fred mais Fushida-san savait que Fred faisait des tests pour Michelin. Il a eu sa place grâce à sa valeur et j’en suis ravi pour lui. C’est un pilote d’essai et de course remarquable. Les gens de chez Dome sont enchantés de sa performance mais aussi de son attitude. Il faut un vrai travail d’équipe et Fred rentre parfaitement dans le moule. Ils ne veulent pas de gens avec un ego démesuré. Le SUPER GT est très concurrentiel les pilotes japonais sont très forts sur leurs terres. Les étrangers qui arrivent à les battre sont très forts. Fred ne connaissait pas les circuits et il s’est vite adapté. Il a joué le titre dès sa première année, ce qui est assez exceptionnel pour un rookie. C’est sans aucun doute l’un des meilleurs pilotes GT de la planète. »

sugawa_hd_03 Venons-en à la catégorie LMP1 2014. Le développement des gommes 2014 se poursuit ?

 « Les essais avec Audi se poursuivent et Porsche découvre la discipline. Toyota peut profiter de nos avancées. Pour Michelin, il reste encore beaucoup de travail même si les premiers effectués lors de la Journée Test avaient déjà donné satisfaction. Boucler quatre relais avec les mêmes gommes en 2014 est un vrai challenge. »

J5-JulieSueur_LM2013_Testday_S12 Michelin va accroître sa présence en LMP2 ?

 « Il va y avoir un changement de réglementation et les nouveaux pneus ne seront pas « confidentiels. » Le nombre de pneus sera limité afin de réduire les coûts. Nous allons travailler sur une nouvelle gamme de pneus car Michelin n’est pas revenu en LMP2 pour une seule saison. »

MOTORSPORT : EUROPEAN LE MANS SERIES - ROUND 4 - HUNGARORING - 09/12-14/2013 Michelin est aussi présent en GT3 sur la scène française mais aussi en ELMS. Le marché GT3 en SUPER GT avec les GT300 est aussi important ?

 « Cette année, nous n’équipions qu’une seule auto avec la Subaru BRZ et il est possible que nous ayons une nouvelle fois qu’une seule GT300 en 2014. Il faut voir comment va évoluer la réglementation dans la catégorie. Il y a aussi une guerre de manufacturier en GT300. Il y a deux ou trois ans, il n’y avait pas de GT européennes et pour nous, la zone Asie est importante. »

 C’est aussi pour cela que vous êtes avec la Nissan ZEOD RC. Quel en est l’intérêt alors que tout a été fait avec la DeltaWing ?

 « La DeltaWing offrait pour Michelin des dimensions innovantes. Nous avons montré que cela pouvait fonctionner. Le but fixé était de boucler dix relais et l’auto était bien partie pour le faire avant sa sortie de piste. Le nouveau challenge de Nissan est de travailler sur l’efficacité énergétique. Nissan tient à boucler un tour en électrique. La consommation énergétique est importante et pour nous, c’est aussi un test pour la Formule E dont Michelin est partenaire. Techniquement parlant, la Nissan ZEOD RC est différente de la DeltaWing. En Formule E, les monoplaces rouleront avec un pneu sculpté aussi bien sur le sec que le mouillé. C’est une première d’avoir des 18 pouces sur une monoplace. On veut le transférer à nos pneus de route. »

131020_ZEOD_RC_Day3-8933 Le sujet Formule 1 est toujours d’actualité chez Michelin ?

 « La Formule 1 peut être intéressante pour Michelin si le règlement va dans le sens qui nous intéresse. Nous ne serions pas contre avoir des pneus de 18 pouces. C’est la taille classique des pneus pour les voitures sportives. C’est donc une bonne raison pour Michelin que de mettre en compétition des pneus de cette taille. »

Publicité

0 Flares Twitter 0 Facebook 0 0 Flares ×

Publicité

Sur le même sujet