WeatherTech SportsCar Championship

Sébastien Bourdais : “Il faudra rester à tout prix en dehors du moindre problème en piste”

SEBASTIEN BOURDAIS, ST. PETERSBURG FLORIDE (USA) 20/03/2013
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Malgré un emploi très chargé avec l’IZOD IndyCar Series, Sébastien Bourdais trouve l’occasion d’effectuer quelques piges en Tudor United SportsCar Championship sur la Corvette DP du Action Express Racing. En plus des 24 Heures de Daytona où il épaule Joao Barbosa, Christian Fittipaldi et Burt Frisselle, le Sarthois prendra part aux 12 Heures de Sebring et Petit Le Mans. Meilleur chrono de la séance nocturne, Sébastien Bourdais peut espérer de belles choses ce week-end au volant de la #5 en s’élançant de la deuxième ligne. Entre les 24 Heures de Daytona, l’arrivée du Tudor United SportsCar Championship et les 24 Heures du Mans, les sujets de discussion sont multiples avec le Manceau, sans compter qu’il roulera en IndyCar chez KV Racing Technology mais aussi en Formula E sur les manches qui ne seront pas en conflit avec son programme principal. Entretien lucide et juste avec l’un des pilotes les plus respectés des Etats-Unis…

 Comment se sont passés les essais ?

 « Pour le moment, on peut dire que les choses se déroulent comme prévu. Le trafic est incroyable en piste. Il y avait un peu moins de monde hier soir mais il faut être prudent à chaque instant. Une température de piste plus basse a tendance à nous aider car nous perdons un peu de grip avec le soleil. L’auto se comporte pour le mieux mais la course sera longue et tout peut arriver. »

MOTORSPORT : TUDOR UNITED SPORTCAR CHAMPIONSHIP - ROLEX 24 HOURS DAYTONA (USA) ROUND ONE 01/22-26/2014 Le trafic sera un élément essentiel ?

 « Essentiel n’est pas le bon mot ! Je dirai plutôt primordial. Il y a de grandes différences de pilotage en piste et par moment, ça en devient presque n’importe quoi. Il faudrait peut-être réfléchir à mettre en place une sélection car les équipes font beaucoup d’efforts et engagent de grosses sommes d’argent pour faire rouler les autos. Tu peux être tranquillement à la corde et quelqu’un peut t’arriver dessus, sans savoir d’où il vient. C’est ingérable et imprévisible. Il faudra à tout prix rester en dehors du moindre problème en piste. La meilleure recette est de rester cote à côte à côte le plus longtemps possible. Ici, l’Infield n’est pas large et il n’y a aucun échappatoire possible. Un passage dans l’herbe n’est pas opportun sous peine de recouvrir le radiateur d’herbe. On espère un écrémage sur la première partie de course. A un moment, il va bien falloir que la course débute réellement car nous ne sommes pas là pour faire du gymkhana. »

 Quel est ton regard sur ce mix DP/P2 ?

 « L’écart entre les deux est d’environ une seconde selon les conditions de piste. Si la température est fraîche, les DP ont un petit avantage au contraire des P2 si la température devait être plus élevée. Les P2 sont nettement moins sensibles aux changements de température. Cette catégorie Prototype n’est pas à proprement dite une vraie catégorie car il y en a toujours un qui aura un avantage. Même si pour le moment les P2 ne sont pas nombreuses, je pense qu’il aurait plus simple de dissocier les DP et P2. Cela peut agacer du monde même si il y a un vrai engouement pour cette nouvelle formule. C’est une année de transition et il va falloir attendre encore un peu avant de se prononcer plus précisément. Pourquoi pas l’avenir avoir des autos plus puissantes aux Etats-Unis que l’on pourrait qualifier de LMP1 même si ce sont des DP. »

MOTORSPORT : TUDOR UNITED SPORTCAR CHAMPIONSHIP - ROLEX 24 HOURS DAYTONA (USA) ROUND ONE 01/22-26/2014 Il est vrai que la mode actuelle est d’avoir des autos de course guère plus puissantes que les modèles de route…

 « Moi ce qui me fait vibrer, ce sont les voitures de 700 à 800 chevaux. C’est ça le sport automobile ! Aujourd’hui, on a des voitures sur les routes plus puissantes que celles qui roulent sur les circuits. La crédibilité en prend un coup. Cela rend les fans moins enthousiastes lorsque l’on discute avec eux. Il suffit de voir les GTLM qui ont des performances en totale inadéquation avec ce que l’on attend de ce genre d’autos. J’ai bien conscience que l’on essaie de suivre l’air du temps. On parle de Supercars qui se vendent aux quatre coins du monde, on part dans des délires et les gens achètent les autos. On a beau rouler avec des hybrides ou ce que l’on veut mais la course automobile n’est pas quelque chose d’économique. C’est un fantasme de croire cela. Maintenant, je comprends qu’il faille faire ce qu’il faut pour améliorer les choses. Les Américains n’ont pas la culture des petits moteurs, et pourtant ils y viennent. »

SEBASTIEN BOURDAIS, ST. PETERSBURG FLORIDE (USA) 20/03/2013 Selon toi, les DP pourraient aller nettement plus vite ?

 « Oui mais la question qu’il faut se poser est : est-ce que ce serait raisonnable de le faire avec les modèles actuels ? On roule dans des autos équipées d’un châssis tubulaire où aucune n’a passé un crash-test comme on peut en connaître en Europe. Il n’y a rien pour absorber les chocs. Avec l’arrivée de nouveaux modèles, pourquoi pas… Les chevaux sont bien là et le talon d’Achille reste le poids. L’ensemble pèse très lourd. A titre d’exemple, aller au Mans avec les machines actuelles ne servirait à rien. Il faudrait que les DP puissent rentrer à l’avenir dans le moule que l’on connaît dans les autres championnats. »

MOTORSPORT : TUDOR UNITED SPORTCAR CHAMPIONSHIP - ROLEX 24 HOURS DAYTONA (USA) ROUND ONE 01/22-26/2014 Ce championnat nord-américain a de beaux jours devant lui ?

 « Sur le papier, le potentiel est énorme. Il y a tout le levier de la NASCAR derrière, notamment pour la promotion et la télévision. Les outils sont là pour que la mayonnaise prenne. Le calendrier est magnifique, les pilotes professionnels sont payés pour rouler. Alors que demander de mieux… »

 As-tu prévu de participer aux 24 Heures du Mans cette année ?

 « C’est un peu compliqué ! Il n’y a pas de concordance de date avec l’IndyCar qui reste mon programme principal, ce qui fait que j’ai la possibilité de rouler. Cependant, je ne veux pas faire Le Mans dans le seul but d’être au départ. Rien n’est fermé sachant que la période est propice aux tests en IndyCar. »

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