FIA World Endurance Championship

Romain Dumas : “Il vaut mieux être le chasseur que le chassé”

M16_2420
0 Flares Twitter 0 Facebook 0 0 Flares ×

Trois semaines après avoir remporté les 24 Heures du Mans pour la deuxième fois et deux semaines après un deuxième succès à Pikes Peak, Romain Dumas était de retour au Mans à l’occasion du Mans Classic. Pas de Porsche 919 Hybrid au programme mais une 962C du Freisinger Motorsport, l’équipe avec qui il a remporté les 24 Heures de Spa 2003. Entre les demandes d’autographes et les selfies, l’Alésien a répondu présent à chaque fois avec le sourire. Dans quelques heures, c’est sa vile d’Alès qui va saluer ses deux récents succès. Une juste récompense pour un pilote totalement à l’opposé du star système malgré un palmarès que beaucoup sont loin d’avoir. Entre deux séances d’essais avec la 962C, Romain Dumas est revenu avec nous sur les semaines écoulées.

M16_2182

Elle est comment cette Porsche 962 C ?

« A l’opposé de la 919 Hybrid (rires). Cette auto, c’est la passion et c’est pour cela que nous sommes tous au Mans Classic. J’ai l’habitude des anciennes autos mais plutôt en rallye. La 962 est la première auto d’endurance dans laquelle j’ai pu m’asseoir. De plus, c’est Manfred Freisinger qui m’a fait débuter au Mans. On revient aux bases du sport automobile. Avant de venir au Mans Classic, j’étais à Weissach pour retrouver la 919 Hybrid. C’est là que l’on comprend que les deux mondes sont totalement différents. »

13592428_1204652662913048_6377165422644725365_n

Revenons à Pikes Peak. Malgré la victoire, l’édition 2016 a été plus compliquée ?

« Nous avons connu pas mal de soucis au niveau du moteur. Au final, ce qui était éprouvé depuis des années a cassé. Le turbo a causé bien des tracas si bien que j’ai terminé la course en mode atmo, ce qui m’a fait perdre une quinzaine de secondes. La Norma revient en France début août et nous allons tout analyser. Si on retourne à Pikes Peak, il faudra bien se pencher sur le sujet. Y rouler avec une auto électrique n’est pas réalisable pour un privé et ce n’est pas vraiment dans ma philosophie. Nous nous sommes battus face à Acura et Hyundai qui avaient bien plus de moyens. Avec ma petite équipe de 13 personnes, on arrive à bien se débrouiller. En toute modestie et objectivité, ce petit groupe a de quoi faire rouler une LM P2. Tout le monde a travaillé sans relâche pour tout préparer. Il y a une telle détermination dans cette équipe. J’en retire beaucoup de plaisir car c’est ma propre équipe. »

Revenir à Pikes Peak avec une Porsche ?

« Porsche n’a pas le temps de s’impliquer dans un tel projet même si à Weissach, tout le monde a suivi l’épreuve. Le programme LM P1 prend tellement de temps. »

Quels sont les prochains projets ?

« Il faut toujours trouver d’autres choses à faire (rires). Si c’est juste pour faire, ce n’est pas intéressant. Bien entendu, il y a le Dakar et pourquoi pas la Baja 1000 ou retourner aux 24 Heures de Daytona pour les gagner. Le circuit, c’est mon métier, alors il faut que ça fonctionne. Il n’est pas question que je fasse quelque chose pour de la simple figuration. »

13569043_1201424953235819_4327207252975807624_o

L’air ou la mer ?

« J’ai toujours aimé le bateau, notamment les courses de offshore, mais c’est assez dangereux. L’avion, pas question car j’ai trop peur (rires). Ce qui me plaît dans mon équipe, c’est développer et créer. Aller au Dakar avec ma propre auto n’est pas encore possible car je suis toujours en mode d’apprentissage. »

Pourquoi pas lancer une équipe en GT ou en Cup…

« Je suis déjà bien occupé avec mon team de rallye qui gagne. Faire rouler des jeunes m’intéresse. On l’a fait à Pikes Peak avec Vincent Beltoise et Raphaël Astier. Pour faire les choses bien, il faut y passer du temps mais pourquoi pas à l’avenir… »

Maintenant que la pression est retombée, ce final des 24 Heures du Mans reste quand même incroyable…

« Les 24 Heures du Mans durent 24 heures et la fin est amère pour Toyota. Je connais ce sentiment même si c’était pour une troisième place aux 24 Heures du Nürburgring où nous étions sur le podium après 23h59mn51s. Encore une fois, tout s’est joué en fin de course. Même si c’était plus tôt dans la course, n’oublions pas que Porsche aurait pu s’imposer dès 2014. Cette année, j’étais persuadé que Audi connaîtrait des soucis. Pour Toyota, on ne connaissait pas trop leur potentiel et ça a bien failli tenir 24 heures. On a remis nos anciennes batteries et tout a fonctionné. Il n’y a pas eu un seul accrochage pour la #2, pas une seule sortie. Nous avons roulé à notre rythme en se faisant même distancer. Il vaut mieux être le chasseur que le chassé. Ainsi, la course passe trois fois plus vite. »

img_7827

Quel a été votre sentiment lorsque la Toyota a subitement ralenti ?

« Lorsque j’ai vu la Toyota ralentir, j’ai pensé que c’était volontaire pour éviter de faire un tour supplémentaire. Dans le stand, la première personne à penser qu’elle avait un problème était Brendon Hartley. Je lui ai dit : ‘non je ne pense pas car personne ne bouge dans le stand’. Donc, je ne m’attendais pas à un problème. Mais lorsque le temps dans le dernier secteur a chuté d’une vingtaine de secondes, j’ai compris que quelque chose clochait. A l’arrivée, c’est forcément le sentiment d’euphorie qui prédomine sachant que rien n’était prêt. Personne ne s’attendait à cela. Je me sentais mal pour Toyota mais cela montre que l’on ne peut rien prédire en sport automobile. Comme toujours, on peut se préparer, faire toutes les simulations que l’on veut. »

img_8549

Place maintenant au titre FIA WEC ?

« Le gros objectif du début de saison était les 24 Heures du Mans mais il y a maintenant un titre à conquérir. Il faudra être fiable dès le Nürburgring où nous arriverons avec quelques points d’avance. On va attendre encore deux ou trois course pour y voir plus clair. »

Publicité

0 Flares Twitter 0 Facebook 0 0 Flares ×

Publicité

Sur le même sujet