Fidèle au Team Morand ces deux dernières saisons, Pierre Ragues a accompagné le passage de l’écurie suisse de l’European Le Mans Series au Championnat du Monde d’Endurance de la FIA. Ce changement a connu des hauts et des bas avec une première manche manquée pour des raisons extra-sportives. La suite s’est passée pour le mieux avec un podium à Spa lors du rendez-vous suivant et une seconde partie de saison disputée dans les positions de tête même s’il n’a pas été facile de concrétiser sur le plan du résultat final.
“La saison a connu du bon et du moins bon” retient Pierre Ragues. “Manquer la première manche n’a pas été facile à vivre surtout quand on connaît le niveau de compétitivité de la catégorie LM P2. Sur un plan sportif global, l’année 2015 a tout de même été positive. Même si la Morgan a subi une évolution durant l’hiver, il a fallu se battre face aux LM P2 fermées et nous n’avons pas à rougir du travail accompli. On s’est battu avec Signatech-Apine avec qui on croisait le fer l’an passé en ELMS. C’est d’ailleurs plutôt positif de voir deux équipes européennes passer en FIA WEC.”
Durant l’intersaison, Onroak Automotive a apporté quelques modifications à la Morgan afin de la maintenir dans le match face à la concurrence. “C’est difficile de situer la Morgan face à la Ligier” poursuit le champion ELMS 2013. ” Le modèle EVO a permis de corriger les petits défauts de l’ancien modèle. Elle a bien progressé en termes de chronos grâce notamment au travail de développement fourni par Olivier Pla dont le talent n’est plus à prouver. Il y a certains tracés et certaines portions où nous étions moins en retrait. Le support de Judd a été bon tout au long de la saison. Ils connaissent bien l’endurance et c’était bon de les avoir à nos côtés.”
On l’a vu aux 24 Heures du Mans ou aux 6 Heures de Spa, les équipes roulant en European Le Mans Series ont le niveau pour rouler sur la scène mondiale, ce que ne dément pas le Caennais : “Le niveau entre les deux championnats est similaire comme on le voit chaque année au Mans. Cependant, la gestion d’une course de 6 heures est différente et personnellement je n’ai pas le moindre regret d’être passé en FIA WEC. C’est une chance pour moi de pouvoir rouler sur ces circuits même si la catégorie LM P2 est moins mise en valeur qu’en ELMS.”
Pour 2016, rien n’est encore bouclé même si l’objectif est bien de poursuivre le plus haut possible : “Des choses se mettent en place petit à petit. Le calendrier ELMS est alléchant avec l’ajout d’une manche. Si je reviens en ELMS, c’est clairement pour gagner. Je ne délaisse aucun championnat et je reste ouvert à toute discussion. Il faut aussi voir ce qui se fait en GT car il y a peut-être un avenir aussi de ce côté…”

