WeatherTech SportsCar Championship

Philippe Dumas : “Nous avons marqué l’histoire en seulement deux mois”

MOTORSPORT : IMSA WEATHERTECH SPORTSCAR CHAMPIONSHIP  - 12 HOURS OF SEBRING - SEBRING (USA) 03/16-19/2016
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En s’imposant à Daytona avec sa Ligier JS P2, Tequila Patron ESM a marqué les esprits. En récidivant à Sebring, le team américain a enfoncé le clou. L’écurie américaine de Scott Sharp a souffert l’an dernier en FIA WEC, mais ce début 2016 est à l’avantage de la Ligier verte. Plusieurs raisons à cela : un équipage recomposé avec à sa tête Pipo Derani et un management revu sous la direction de Philippe Dumas. Force est de constater que la recette est payante, ce qui doit permettre de jouer devant en FIA WEC. Deux Ligier JS P2 équipées dorénavant d’un moteur Nissan vont disputer le FIA WEC. En seulement quelques années, Philippe Dumas a amené ses troupes à un titre mondial en GT1 et LM P2. Après avoir inscrit Daytona et Sebring à son tableau de chasse, une nouvelle campagne mondiale l’attend. Entretien…

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On peut clairement dire que ces deux victoires américaines resteront dans les annales ?

« C’est historique pour Onroak Automotive. Nous avons marqué l’histoire en seulement deux mois. La catégorie Prototype est la catégorie reine qui ne regroupe que des équipes structurées et professionnelles. Les Etats-Unis, c’est de la course sans artifice avec une bonne dose de stratégie. Aussi bien à Daytona qu’à Sebring, les batailles ont été incroyables. Pour nous, c’est un mix de choses simples et d’hommes. »

On sent une certaine fierté à rouler sur le continent américain ?

« Lorsque je suis arrivé chez OAK Racing fin 2013, Jacques (Nicolet) a eu la folle idée d’envoyer une Morgan LM P2 aux 24 Heures de Daytona. Le message était clair : ‘advienne que pourra’. C’est en grande partie pour ce type de challenge que j’ai rejoint OAK Racing après la belle aventure Hexis Racing. Dès notre arrivée, l’accueil a été bon et les résultats sont venus même si on ne peut pas nier que le moteur Nissan manquait de couple face à la concurrence. L’IMSA a beaucoup aidé même si nous avions toujours un déficit. En 2015, Michael Shank Racing et Krohn Racing ont défendu avec brio les intérêts d’Onroak. Nous avons apporté le plus de soutien possible à nos clients avec en prime une présence en FIA WEC. »

MOTORSPORT : ROLEX 24 HOURS - WEATHERTECH SPORTSCAR CHAMPIONSHIP - ROUND 1 - DAYTONA BEACH (USA) 01/27-31/2016

Le moteur Honda était la bonne solution ?

« L’évolution proposée par HPD a rendu le moteur plus coupleux. On savait qu’avec notre expérience on allait pouvoir lutter face aux DP. A Daytona et Sebring, on ne parle pas de temps au tour. Il fait bien gérer le trafic et on savait qu’on allait être bien. Depuis le Roar Before the Rolex 24, nous avons su exploiter la BOP. Pour briller, il faut une voiture fiable et bien préparée, une équipe structurée, une stratégie parfaite et de bons pilotes. Il faut aussi un chef d’orchestre pour gérer le tout. On a eu ce petit plus de facilité dans le trafic. Malheureusement, Michael Shank Racing a joué de malchance avec une casse moteur. La part de chance est aussi indispensable. »

Après Daytona, la BOP a été revue en défaveur des LM P2…

« Je ne peux pas nier qu’on a ronchonné en voyant la BOP. L’analyse faite par l’IMSA entre Daytona et Sebring était bonne. Cependant, le nouvel ajustement après les essais non officiels de février où toutes les autos n’étaient pas présentes n’était pas justifié. Le dialogue avec l’IMSA a eu lieu. Malgré la forme qui n’a pas plu, la BOP P2/DP était juste parfaite car là on parle quand même de balancer des pommes et des oranges. On savait que Sebring serait plus difficile mais on y a cru. L’équipe a extrêmement bien travaillé, notamment la facilité de pilotage sur les bosses. Bruno Corbé, qui était avec nous chez G-Drive, a un œil sur tout. Matthieu Leroy avait en charge l’exploitation de l’auto avec le soutien de PKM pour la partie amortisseurs. On avait juste une auto parfaite. »

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L’autre élément clé a été Pipo (Derani). Une surprise ?

« Pipo a un mental à toute épreuve. Il a la réussite du débutant et une part de génie en lui. Sur un plan humain, il est juste parfait. C’était extraordinaire de voir deux de « mes » pilotes sur la 1ère ligne. Pipo a explosé essentiellement à Sebring. C’est une très belle satisfaction d’avoir pu emmener Pipo dans ce schéma, comme d’avoir pu aider (Côme) à devenir pilote McLaren et d’avoir fait un bon bout de chemin avec Olivier (Pla). Onroak Automotive a déjà de gros résultats sur le FIA WEC, mais là on parle de deux classiques de l’endurance avec un châssis français. On ne peut pas dire que c’est Audi contre Peugeot, mais là tout le monde a sensiblement la même auto. En 36 heures de course, il n’y a pas eu un seul souci sur la voiture. Je dois tirer un grand coup de chapeau à chaque personne de l’entreprise pour cette réussite.

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Le pari de Jacques de faire confiance au moteur HPD en 2014 était payant. Sans cela, je ne pense pas que nous aurions pu gagner Daytona et Sebring. N’oublions pas non plus que Pipo a roulé 1h30 en slicks quand les autres étaient en pluie. C’est ce que l’on peut appeler la stratégie de l’insouciance. C’était osé mais cela montre la confiance de l’équipe et du pilote. Lors des 30 dernières minutes des 12 Heures de Sebring, il y avait cinq pilotes exceptionnels en piste. L’ultime restart était du très haut niveau avec aucun accrochage. »

La catégorie DPi pour 2017 est une bonne idée ?

« Le DPi a un intérêt pour avoir un lien avec un constructeur. Pour cela, il nous faut une vision globale du marché. L’activité d’Onroak a explosé et seules cinq personnes en plus nous ont rejoint. Nous allons déjà bien travailler sur la JS P217, apporter un bon soutien à nos clients en CN, LM P2 et LM P3. »

Place maintenant au FIA WEC…

« L’équipe va faire son travail du mieux possible. Nous avons une base avec des Américains qui viennent se greffer. Mon rôle est de faire fonctionner le tout. Le niveau en FIA WEC est encore monté d’un cran. L’aspect Silver devient de plus en plus discutable. On arrive dans un championnat professionnel qui coûte 4 millions d’euros par voiture. C’est peut-être le moment de réfléchir à quelque chose de nouveau. Est-ce que ce faux Silver a sa place ? La catégorie est un vivier pour aller en LM P1. Nos concurrents directs sont Alpine et Jota qui n’ont pas de vrais Silver. »

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Il faudrait donc supprimer le Silver ?

« Est-ce que cela changerait quelque chose d’avoir ou pas un Silver ? C’est une chance de pouvoir attirer des jeunes de la monoplace. Il ne faut pas que le Silver « plombe » le résultat final d’une course. Le sport n’en serait que plus beau et cela ne changerait rien à l’aspect économique. Un jeune qui veut aller en monoplace et qui se redirige vers le LM P2 amènera autant qu’un gentleman. La grille actuelle en ELMS et FIA WEC me conforte dans cette idée quand on voit le niveau des forces en présence. »

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