Pour être totalement honnête, nous avions écrit le final des 24 Heures du Mans 2016 avec une victoire Toyota devant une Porsche et une autre Toyota. Pour la première fois depuis 1999, aucune Audi ne terminait sur le podium de la classique mancelle. Le script était bouclé mais la réalité a été différente de l’écriture du film. On peut être pro Audi, pro Porsche ou pro Toyota, personne ne peut rester insensible à un tel finish.
“On m’a dit que la Toyota de tête perdait de la puissance” a déclaré Neel Jani à sa descente du podium. “Il restait encore deux tours. J’ai poussé et poussé encore en pensant que je pouvais la rattraper. J’ai ensuite vu la voiture à l’arrêt devant les stands. C’était surréaliste. A ce moment-là, je n’avais aucune émotion car je peinais à y croire. Quelque chose comme cela n’arrive qu’une fois dans une vie. J’ai poussé chaque tour comme une qualification. Nous pensions tous les trois qu’il fallait pousser au maximum au cas où il arrive un pépin à l’avant.”
On a cru que la Porsche #2 connaissait un problème dans la dernière heure, mais le Suisse a dû rentrer par mesure de précaution : “J’ai eu une crevaison à l’arrière gauche. Il valait mieux rentrer pour une question de sécurité. C’était le bon choix.”
Comme son compère, Marc Lieb n’en revient toujours pas : “Nous n’avons pas pu boucler 14 tours comme a su le faire Toyota. La course a été difficile mais nous avons tout donné. C’est comme ça…”
Avant de partir pour Pikes Peak, Romain Dumas va pouvoir célébrer un deuxième succès au Mans : “Nous avons du mal à réaliser et je suis peiné pour Toyota. Personne n’imaginait un tel final. Tout le monde s’en souviendra comme tout le monde se rappellera du podium.”
Du côté du Toyota Gazoo Racing, c’est forcément une onde de choc. “On ne sait jamais ce que peut réserver une course” s’est contenté de déclarer Mike Conway, deuxième de la course.
Alors qu’il était au volant, Stéphane Sarrazin pensait que le final était écrit. “J’ai cru un moment que la #5 m’attendait pour le finish” a indiqué l’Alésien. “Je me suis mis derrière et mon ingénieur m’a demander de dépasser Kazuki qui avait un problème. C’est triste car le team a fourni un super travail. Il y avait trois autos en 20s durant 20 heures. C’est comme cela, c’est la course, c’est Le Mans. Ce qui est sûr, c’est qu’il fallait faire évoluer l’auto avec les batteries et les 8MJ. On se bat avec la concurrence. En 2014, nous avions la meilleure auto et c’est l’abandon. En 2015, la course était compliquée. Là, nous étions de retour dans le match. Toyota a su réagir sur le plan de la performance.”
“Personne ne pouvait s’attendre à cela” a confié Kamui Kobayashi. “Tout le monde sait les efforts consentis par Toyota pour en arriver là.”
Chez Audi, on pensait bien retourner en Allemagne sans le moindre trophée. “Jusqu’à l’arrivée je pensais être 4ème” a déclaré Lucas di Grassi. “Quand je me suis arrêté, on m’a dit que j’allais sur le podium et j’ai répondu que je devais rentrer au garage. Cette course a été horrible pour Audi. Il y a eu trop d’arrêts, trop de soucis, trop de temps perdu. On a besoin d’améliorer les choses. Toyota et Porsche ont haussé le jeu. Il y a du travail après cette course.”
“Décrire tout ce qui n’a pas fonctionné serait trop long” a souligné Loïc Duval. “Nous avons manqué de rythme et on ne s’y attendait pas. Nous n’avons tout simplement pas été à la hauteur de l’évènement. On sait que c’est une nouvelle auto. Nous ne sommes pas là que pour monter sur le podium. La course a été dure à vivre. Quand on voit le résultat de Toyota, on se rend compte que ça peut encore être plus compliqué.”
“C’est un feeling étrange et je tiens à féliciter Porsche et Toyota” soupirait Oliver Jarvis à l’arrivée. “Ok nous sommes sur le podium mais je suis déçu pour Toyota.”
Les photos de l’arrivée sont ici
