Dès 2017, la catégorie LM P3 va voir l’arrivée d’un nouveau constructeur et pas des moindres. Fer de lance de la conception de prototypes CN qui roulent avec succès autour du monde, Norma fait désormais partie du club très fermé des constructeurs autorisés à rouler en LM P3 au même titre que ADESS AG, Onroak Automotive, Dome, Riley-Ave et Ginetta. Norbert Santos et son équipe ont déjà bien avancé sur le projet de la Norma M30 qui fête en plus le 30ème anniversaire du constructeur basé à Saint-Pé-de-Bigorre. Norma ne vient pas en LM P3 seulement pour vendre des autos. La feuille de route est claire : faire gagner la M30 ! TDS Racing a déjà annoncé ses plans pour faire rouler une Norma et là aussi il n’est pas question de laisser la concurrence prendre le dessus. Présent aux 24 Heures du Mans, Norbert Santos est revenu avec nous sur l’arrivée de la M30.
Où en est l’avancée du programme LM P3 ?
“L’étude est terminée et arrêtée. La production de l’auto est lancée au niveau des éléments composites et de pièces mécaniques. La présentation de l’auto assemblée devrait intervenir fin septembre, début octobre. On se concentre pour le moment sur l’assemblage de la première auto. Les premiers retours sont positifs et le projet suscite un intérêt bien au-delà de ce que nous pouvions imaginer.”
Norma a dû recruter et s’étendre pour ce projet LM P3 ?
“Nos locaux nous permettent d’avoir un espace suffisant pour l’étude et l’ingénierie. Nous nous sommes rapprochés de Tatuus qui connaît le travail en CFD. Tatuus a travaillé en tant que sous-traitant car nous ne disposions pas d’outils CFD suffisamment poussés.”
A quand remonte la décision de s’investir en LM P3 ?
“On a appuyé sur le bouton dès le lancement de la catégorie LM P3 sachant que nous étions conviés aux réunions. Toutefois, nous ne nous sommes pas positionnés d’emblée en tant que constructeur. L’ACO a limité le nombre. Nous avons déposé un dossier et Dome a été retenu. Toutefois, nous avions la possibilité de rentrer dans le cas où il y aurait une défaillance ou l’arrivée d’un nouveau constructeur. Il fallait poursuivre l’étude de l’auto ou se mettre en retrait. La première option a été choisie. Lorsque nous avons été retenus, environ 90% de l’auto était finalisée. Nous avons pris un risque mais ce risque nous permet de présenter une auto.”
Faire une auto différente de la concurrence représente un gros challenge ?
“La Norma M30 se veut différente des autres même si des éléments sont identiques chez chaque constructeur. Les différences se font dans les choix techniques, la cinématique, les suspensions, le châssis, la répartition des masses. L’idée est de proposer quelques solutions innovantes. L’exercice est compliqué car il faut respecter le coût. On l’a déjà fait en LM P2 avec une auto qui respectait scrupuleusement la feuille de route donnée par le législateur. Malheureusement, cette auto n’a eu aucun avenir. Je me suis battu pour le ‘cost capped’ en CN. Ce n’est pas évident de proposer une CN à 110 000 euros mais nous y sommes parvenus.”
La LM P3 met fin à la carrière de la Norma CN ?
“Pas du tout car nous avons deux équipes qui travaillent en parallèle sans se toucher. Je reste persuadé que le CN est promis à un bel avenir et qu’il peut connaître un nouveau départ.”
Quand débuteront les premières livraisons de la M30 ?
“Les premiers clients seront livrés d’ici la fin de l’année. C’est encore un peu tôt pour savoir dans quel championnat elle roulera en premier. Nous apporterons un soutien technique en Asie et aux Etats-Unis. Il y a déjà 25 Norma CN qui roulent sur le territoire américain.”
L’avenir du LM P3 semble radieux. C’est aussi votre avis ?
“L’ACO a du bon sens et il n’y aucune raison de modifier le concept. L’objectif de réduction des coûts reste bien présent. Une LM P3 reste une auto pour faire de l’Endurance.”
Maintenant, place à Pikes Peak avec Romain Dumas. La Norma M20 RDa subi de grosses modifications ?
“Le premier objectif a été de diminuer le poids avec une auto quatre roues motrices. Nous sommes parvenus à sortir 600 kg, soit une cinquantaine de kilos en mois. Avoir une auto de 900 kg n’aurait aucun intérêt.”


