Le Tudor United SportsCar Championship aura soulevé bien des interrogations depuis les 24 Heures de Daytona, et Michael Avenatti n’est pas le dernier à faire part de ses craintes pour l’avenir. Le patron du GB Autosport, qui aligne une Porsche 911 GT America, explore d’autres options pour 2015, à commencer par le Championnat du Monde d’Endurance de la FIA. (In English)
Michael Avenatti n’est pas tendre envers la série américaine, comme il l’a précisé à Sportscar365 : « Dire que la série ait connu un certain nombre d’erreurs de jugement est un euphémisme. Le problème est que ces erreurs n’ont pas été centrées que sur les équipes ne jouant pas les premiers rôles. Cela peut avoir des conséquences énormes pour leurs championnats respectifs. »
Un incident s’est produit le week-end dernier à Austin entre la Porsche 911 GT America/GB Autosport de Damien Faulkner et la BMW Z4 GT3/Turner Motorsport, alors que les deux GTD luttaient pour une place sur le podium. Suite à un contact entre les deux GT, la Porsche est partie en tête-à-queue sans qu’aucune pénalité ne soit infligée au pilote de la BMW, d’autant plus que le contact a occasionné une crevaison à la 911 GT America aux couleurs des Cafés Tully’s. L’Irlandais accompagné de Ben Barker s’est vu reléguer au 9ème rang. (vidéo)
Michael Avenatti a indiqué que l’équipe était en communication constante avec l’IMSA en présentant les preuves en images du contact ainsi que la vidéo embarquée, mais aucune sanction n’a été rendue vu que l’incident n’a pas été capté par les images officielles de l’IMSA. Le patron du GB Autosport a en outre indiqué que c’était la troisième fois de la saison qu’un tel incident se produit pour la Porsche de l’équipe.
« Ce défaut fondamental est que si l’IMSA ne peut confirmer l’incident avec leur propre vidéo, il ne s’est rien produit » a déclaré Avenatti. « A ce niveau de compétition, c’est absurde. L’arbitrage dans les courses de clubs et autres courses historiques qui ne sont pas télévisées, est plus approfondi que ce que nous voyons actuellement dans ce championnat. Les équipes dépensent des millions de dollars par an pour participer à ce qui est censé être l’un des plus hauts niveaux de sport automobile au monde. C’est totalement inacceptable. »
Plusieurs fautes commises sur le COTA n’ont pas été sanctionnées en plus de l’incident entre Faulkner et la BMW de Cameron. C’est le cas de l’incident mettant aux prises Gustavo Yacaman et Ricky Taylor. Michael Avenatti se veut pessimiste sur l’avenir de la catégorie GTD avec ces questions non réglées : « A titre d’exemple, où serait Alex Job Racing suite à ce qui est arrivé à Sebring ? Cette décision pourrait leur coûter le championnat. L’accrochage de samedi dernier non sanctionné pourrait finalement permettre au Turner Motorsport de remporter le championnat alors que l’équipe n’aurait dû terminer que 12 ou 13ème de la course avec ce qui s’est passé. »
S’adressant à Sportscar365, Beaux Barfield, a indiqué que ce serait une « pente glissante de descendre et de commencer l’examen des données et de pénaliser les autres équipes sur la base de données extérieures. » Le directeur de course de l’IMSA a précisé qu’il n’y avait pas suffisamment de preuves sur l’incident entre GB Autosport et Turner Motorsport pour justifier une quelconque peine. « Comme à chaque fois, si nous n’avons pas vu un incident en direct, comme une voiture arrêtée en bord de piste ou un appel venant des gens qui officient dans les virages, alors nous commençons immédiatement un examen de la situation.
« Nous recherchons immédiatement la vidéo pour reconstituer ce qui s’est passé. C’est automatique et elle ne nécessite pas une demande de l’équipe ou une plainte. Il n’y avait rien sur le sujet (incident 81/300), donc nous ne pouvions donc revenir sur ce fait. Lorsque les preuves ne sont pas suffisantes, alors il n’y a pas d’action. »
Michael Avenatti suggère que l’IMSA utilise des caméras dans chaque voiture : « En théorie, l’IMSA devrait avoir à disposition tout ce qu’il faut pour que ces courses soient arbitrées correctement. Je veux être très clair sur quelque chose. J’apprécie Beaux Barfield qui a été un bon promoteur et il a la connaissance nécessaire de la course. Peu importe si c’est Paul Walker, Beaux ou qui que ce soit, ils doivent faire tout leur possible pour bien faire les choses. » En réponse à cette requête, Beaux Barfield a indiqué que cette demande était assez ridicule.
Le président des cafés Tully’s, par ailleurs partenaire officiel de l’IMSA, pourrait bien partir sous d’autres horizons : « On va discuter d’un engagement complet ou partiel en FIA WEC. Par dessus tout, nous voulons rivaliser sur un même pied d’égalité, et ce quelle que soit la série. D’autres championnats ont compris comment le faire. J’ai beaucoup de respect pour ce que l’IMSA a fait cette année sur différents fronts, mais il y a des choses qui bloquent. »
Le programme FIA WEC pourrait comprendre au moins quatre courses la saison prochaine en GTE-Am, le tout en partenariat avec une équipe déjà en place. Le staff utilisé serait celui du GB Autosport, avec Cole Scrogham au poste de team manager, et Mario Prezel en tant qu’ingénieur. Aucune décision n’a été prise sur le choix du modèle, mais cela devrait être une Ferrari F458 Italia ou une Porsche 911 RSR. Michael Avenatti et Damien Faulkner seraient alors deux des trois pilotes, le troisième étant un Silver.
« Je pense que nous sommes assez intelligents pour savoir ce que nous ne savons pas, donc pour cette raison, je pense qu’il est préférable que pour nous débuts en FIA WEC de nous appuyer sur une structure déjà existante. Nous avons déjà eu des discussions avec plusieurs équipes pour une arrivée en FIA WEC. Certaines de ces discussions ont eu lieu à Austin le week-end dernier, et elles vont se poursuivre au cours des six à huit prochaines semaines. »
GB Autosport n’a pas encore confirmé un retour en Tudor la saison prochaine, mais le programme 2015 pourrait passer par les manches de la Tequila Patron North American Endurance Cup plus une ou deux autres courses.
Quant à la poursuite de la relation entre les cafés Tully’s et l’IMSA : « Nous explorons les possibilités d’élargir cette relation. Mais pour que nous le fassions, nous devons avoir la plus grande foi et confiance dans ce championnat. Je mentirais si je disais que cela n’a pas ébranlé notre confiance. A mon avis, la longévité de la série en dépend. Les équipes dépendent des résultats. Les sponsors dépendent des résultats et ceux-ci se doivent d’être bons. »