On ne peut pas vraiment dire que les 24 Heures de Daytona aient débuté de la meilleure façon pour Maxime Martin. Le Belge qui partage le baquet de la BMW Z4 GTE #55 du BMW Team RLL avec Joey Hand, Andy Priaulx et Bill Auberlen a connu des essais agités. C’est d’abord Bill Auberlen qui est allé à la faute dans les Libres 1 en glissant sur de l’huile avant de se faire harponner par une GTD. Le team a tout juste eu le temps de remettre l’auto en état pour la séance suivante, mais Andy Priaulx s’est lui aussi fait une belle frayeur suite à un problème de freins, la Z4 étant une nouvelle fois endommagée. Avant le départ de la course, Max n’aura en tout et pour tout bouclé qu’un seul tour chronométré.
Si l’an passé le Belge prenait part à l’intégralité de l’American Le Mans Series, seules les 24 Heures de Daytona devraient faire partie de son programme américain cette saison. Pilote officiel BMW Motorsport, le DTM occupera la majorité de son temps. On le retrouvera chez RMG en compagnie de Marco Wittmann. En parallèle, une nouvelle participation aux 24 Heures du Nürburgring et de Spa sont dans les tuyaux.
Après des essais écourtés, c’est un Maxime Martin quelque peu frustré qui dresse un premier bilan : « Pour notre auto, les essais ont été assez courts puisque les deux séances d’essais libres n’ont pas permis de rouler autant que nous le souhaitions. Nous partirons de la quatrième ligne en GTLM. Sur une course de 24 heures, tout reste possible. Il est clair que nous n’avons pas la meilleure auto en vitesse de pointe par rapport à la concurrence. Sur une telle course, c’est assez compliqué de jouer la régularité. Les neutralisations peuvent être nombreuses sachant qu’il est possible de récupérer les tours perdus. La donne est la même pour tout le monde. Tout peut se jouer dans la dernière heure. »
Les BMW Z4 GT3 connaissent un manque de vitesse de pointe en Europe, ce qui est également le cas du modèle GTE : « Daytona n’est pas vraiment un circuit qui convient à la Z4 GTE. Ici, la vitesse de pointe est primordiale, ce qui n’est pas notre cas. De plus, on ne peut pas dire que la BOP ne nous avantage. »
Contrairement aux catégories Prototype et GT Daytona, on connaît les tenants et les aboutissants en GT Le Mans, la grande majorité du plateau étant fidèle à l’ALMS : « Finalement, nous savons où nous en sommes car le plateau GTLM est connu malgré l’arrivée des nouvelles Porsche et Corvette. En 2013, nous avions déjà un déficit en vitesse de pointe. Durant l’hiver, il n’y a pas eu d’évolutions majeures sur l’auto. Globalement, nous avons la même Z4 GTE qu’en 2013. »
Ce one-shot en Tudor United SportsCar Championship n’est pas pour lui déplaire : « Ce championnat réunissant l’ALMS et le GRAND-AM est une très bonne idée. En Europe, on a tendance à s’y perdre avec de nombreux championnats. Ici au moins, les choses sont claires avec un seul championnat. Les gens s’y intéressent, il y a plus de place pour les pilotes professionnels, plus de télévision, etc… C’est positif pour la course automobile en général. Ici, 60% des pilotes sont payés pour faire leur métier. Sur le plan réglementaire, les organisateurs ont pris le meilleur des deux séries et les circuits empruntés sont vraiment magnifiques. »
Le programme BMW Z4 GTE est uniquement américain et il n’est pas prévu de voir les autos en Championnat du Monde d’Endurance ou aux 24 Heures du Mans. BMW se concentre pour le moment sur le DTM et quelques grandes courses d’endurance telles Spa et Nürburgring. A moyen terme, les autos du DTM pourraient débarquer sur le continent américain du fait d’une réglementation commune avec le SUPER GT. « Un constructeur ne peut se passer des Etats-Unis » poursuit Maxime. « Je crois dans un championnat américain réunissant les autos du DTM et du SUPER GT. Les constructeurs poussent pour que cela puisse arriver. »
C’est donc du côté du DTM qu’il va falloir suivre les exploits de Maxime Martin cette saison : « J’ai roulé en essais il y a peu en Espagne avec un modèle 2013. Les autos du DTM sont vraiment des voitures de course avec beaucoup d’aéro et des freins carbone. BMW fera rouler cette année un nouveau modèle avec la M4 DTM. Il y a encore du développement à faire. C’est pour moi une très belle opportunité que de rouler dans ce championnat pour BMW. J’en ai rêvé depuis tout petit. J’ai débuté très tard en sport automobile, ce qui fait que je n’ai jamais pensé à la Formule 1. Le DTM est un peu la Formule 1 des voitures fermées. »
Maxime Martin remplace Andy Priaulx dans le championnat allemand, ce dernier passant en GT : « Je remplace un quadruple champion WTCC, ce qui n’est pas rien. C’est un championnat très particulier réservé aux spécialistes. Je vais devoir me faire une place et prendre mes marques. Je ne peux rien prédire car c’est totalement différent de ce que j’ai connu jusqu’à présent. Je suis le seul pilote du championnat à venir directement du GT. J’ai bouclé des tests mais cela ne reste que des tests. Les autos vont 6 à 7 secondes plus vite qu’une GT3. Ce qui va me faire le plus bizarre, c’est de rouler seul. Là, il n’y a pas de compromis à faire des coéquipiers pour la position de conduite ou les réglages. Tout est pour toi ! C’est une façon différente d’aborder les choses et un gros challenge. »
En parallèle, quelques courses en GT3 font partie des plans : « Disputer les 24 Heures du Nürburgring et de Spa sont dans les cartons. En 2013, Marc VDS était semi-officiel et cette année team officiel. L’an dernier, j’ai pris part à environ 30 week-ends de course, dont 11 aux Etats-Unis, sans compter les essais. Ma saison s’est arrêtée le 8 décembre pour rependre ici. »
Quant à une nouvelle participation aux 24 Heures du Mans : « Rien n’est arrêté pour le moment. Si je viens, ça ne sera pas pour faire de la figuration. »