Champion European Le Mans Series 2012, Mathias Beche a vite été repéré par le Rebellion Racing qui n’a pas tardé à l’enrôler dans ses rangs la saison suivante au volant d’une Lola B12/60 vieillissante. Après une année d’apprentissage qui s’est passée pour le mieux, le Suisse a été reconduit sur l’une des deux Rebellion R-One partagée avec Nicolas Prost et Nick Heidfeld. Au fil du temps, le Genevois a pris ses marques pour être aussi rapide que ses coéquipiers plus expérimentés dans une classe LM P1-L où il est difficile de se faire remarquer avec un Rebellion Racing qui se bat en famille.
Que retiens-tu de la manche de Bahrain ?
« C’était selon moi notre meilleure course en étant à trois secondes des LM P1-H avec une auto développant 300 chevaux de moins. Sur un tel circuit, la performance de toute l’équipe est à souligner. En termes d’équipe, nous avons bien progressé. Même si la classe LM P1-L a été remportée par la voiture sœur, le week-end reste positif. »
Avant le dernier rendez-vous de Sao Paulo, ton bilan de saison est positif ?
« Il pourrait difficilement en être autrement. En faisant rouler une nouvelle auto, on pensait avoir plus de soucis de fiabilité. Lorsque avec le Thiriet by TDS Racing on a fait débuter la ORECA 03, il y a eu quelques pépins de jeunesse bien légitime. La quatrième place décrochée aux 24 Heures du Mans a été une grosse récompense pour l’équipe. L’auto conçue par ORECA Technology est bien née. Cependant, avec 520 chevaux contre 800 aux LM P1-H, c’est impossible de suivre la cadence. Il en faudrait au moins 700. »
La R-One a encore une belle marge de progression ?
« Il ne faut pas oublier que très peu de tests ont eu lieu avant son entrée en compétition à Spa-Francorchamps. Le potentiel est bien là et on progresse au fil des courses. La gamme de pneumatiques est un peu décalée par rapport aux LM P1-H, ce qui nous coûte un peu. »
Que faire pour réduire l’écart avec les Hybrides ?
« Il ne faudrait pas avoir de restriction d’essence, un réservoir plus gros, mais faire plus d’arrêts. Ce n’est pas pour autant que l’on pourrait gagner des courses, mais au moins on aurait une bataille usine/privé sur la piste. Les constructeurs économisent plus d’énergie. On pourrait être plus en avant lors des qualifications. S’arrêter plus souvent ne nous permettrait pas de gagner. Actuellement, on est à mi-chemin entre une LM P1-H et une LM P2. De plus, on peut difficilement développer quelque chose en cours de saison. Être dans le match permettrait d’avoir des débuts de courses disputées. C’est comme cela que je vois l’avenir pour les équipes privées et pour que d’autres arrivent. Aujourd’hui, l’écart est trop important. Les P1-H nous mettent une seconde par accélération. Terminer à trois tours n’est pas dramatique, mais on veut pouvoir se montrer. »
N’est-ce pas frustrant de se battre uniquement en interne ?
« La force du Rebellion Racing est d’avoir deux très bonnes autos très bien pilotées. Cela permet de nous pousser en avant. En interne, il n’y a aucun cadeau. En 2015, on devrait avoir une seule catégorie LM P1, ce qui sera plus facile pour le public. Le FIA WEC se développe bien. L’ACO et la FIA ont fait un travail impressionnant pour l’équilibre des performances en LM P1-H. Les fans attendent du show et des courses disputées. Le championnat a plus de constructeurs qu’en Formule 1. »
« Rien n’est encore décidé. C’est clair que j’ai toujours envie d’aller plus haut et je me sens bien dans l’équipe. Mes objectifs sont remplis avec aucune faute commise. C’est une chance pour moi que d’avoir de tels coéquipiers. Nick a tout de même plus de dix ans de Formule 1 derrière lui, ce que peu de pilotes peuvent revendiquer. On connaît aussi la pointe de vitesse de Nico. J’ai acquis de l’expérience en compréhension technique à leurs côtés. J’ai affiné pas mal de détails cette saison pour mettre ensemble tous les aspects d’un pilote pour continuer à monter en puissance. »

