Super GT

Masaaki Bandoh : “Nous aurions aimé avoir le 57ème Garage au Mans.”

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Présent à la tête de GTA depuis 2006, Masaaki Bandoh gère avec succès le SUPER GT. L’homme fort du championnat GT japonais peut être fier du travail accompli car si le SUPER GT n’est pas encore très couvert en Europe, la série a fêté cette année son 20ème anniversaire. Lors de notre déplacement à Suzuka, Masaaki Bandoh nous avait reçu pour un long entretien et nous sommes retournés à sa rencontre à Motegi pour faire un bilan de la saison écoulée mais aussi pour évoquer la présence continuelle des Européens sur le continent asiatique et plus spécifiquement des Français, sans occulter les débuts avec l’Asian Le Mans Series. Malgré un emploi du temps pour le moins chargé, Bandoh-san n’est pas avare en paroles.

12_Mbandoh Quel bilan tirez-vous de la saison écoulée ?

 « Le plateau GT500 s’est stabilisé et il a fallu attendre la dernière course pour en connaître le dénouement. En arrivant à Motegi, pas moins de huit équipages pouvaient encore être sacrés. Pour ce qui est du GT300, nous avons ouvert le championnat à toutes les autos répondant à la réglementation FIA-GT3, et on peut dire que l’on a connu un boom d’inscrits avec un maximum de diversité. Les GT3 sont très prisées des fans du championnat. Le sport automobile est fortement lié au marketing et au commerce des constructeurs. Au Japon, nous sommes en retard par rapport à l’Europe. Mercedes et Audi savent parfaitement utiliser ce vecteur. Nous avons à apprendre des Européens et je pense que cela commence à fonctionner. »

H24-002 Il y a toujours eu des Européens et plus précisément des Français au Japon. Tous ont apprécié l’expérience au plus haut point. C’est une fierté pour vous ?

 « C’est peut-être un hasard. Comme vous le mentionnez, on a toujours vu des Européens en SUPER GT et à certains moments, la délégation française a été importante. J’ai encore en souvenir une photo prise à Motegi avec Benoît Tréluyer, Sébastien Philippe, Romain Dumas, Erik Comas et Jérémie Dufour. Globalement, les pilotes français ont toujours été bien appréciés au Japon même si la culture entre nos deux pays est différente. Les Français brillent en SUPER GT mais pas seulement. Les pilotes japonais ont encore à apprendre des Européens. Le niveau n’est pas le même mais j’ai bien conscience qu’il n’est pas facile pour un Français de briller ici. Frédéric Makowiecki m’a fait mentir en s’imposant à Suzuka dès sa première année. Chaque équipage se doit d’être composé d’un japonais. Beaucoup de pilotes européens ont marqué les esprits. André Lotterer a été l’un d’eux, tout comme Erik Comas. Si certains pensent que le passage en SUPER GT a aidé à les rendre encore plus affûtés, alors c’est tant mieux. Les Duval, Tréluyer, Lotterer ou Makowiecki étaient déjà très bons avant de venir en SUPER GT. »

sugawa_hd_04 La relation entre le Japon et la France est également présente avec Le Mans…

 « Les relations entre les deux parties sont en place depuis longtemps. Pour l’anecdote, nous avons demandé à l’ACO de faire rouler une GT500 au Mans afin de présenter la force des pilotes japonais et le savoir-faire des constructeurs. L’idée était qu’une équipe japonaise aligne une auto en tant que 57ème Garage. Nous aurions aimé avoir le 57ème Garage au Mans. »

001 Si les GT500 se sont vues refuser la piste mancelle, il y a eu les GT300 à Fuji en renfort de l’Asian Le Mans Series. C’est une satisfaction ?

 « C’était pour nous un pas en avant. Nous avions promis à Mark Thomas (ndlr : le promoteur) d’aider l’Asian Le Mans Series sur un meeting en amenant 11 autos à Fuji. De plus, les champions de la série peuvent aller au Mans. Il fallait bien construire le système et il y a eu des discussions avec l’ACO et son président Pierre Fillon. L’aboutissement en a été la présence des GT300 à Fuji. Pour 2014, rien n’est encore décidé. Au Japon, il y a eu quelques critiques sur ce mix mais selon moi, l’idée était bonne. Mon souhait serait de faire rouler les GT500 contre les LMP2 mais plusieurs problèmes se posent, notamment lors des ravitaillements. Il faudrait réguler le tout compte tenu d’une réglementation différente. Mark Thomas pense que mon pari est insensé. Nous avons près de 40 autos en SUPER GT et l’Asian Le Mans Series compte arriver à 20 assez rapidement, ce qui ferait 60 autos. On manquerait alors de stands mais j’avoue que dans mes rêves, ce mix ne serait pas pour me déplaire. »

H24-001 La préparation des autos pour 2014 se poursuit avec la mise en place d’une nouvelle réglementation. Les choses avancent petit à petit ?

 « Après la présentation de Suzuka, les trois constructeurs ont bouclé des séances d’essais et les voitures sont déjà plus rapides que les actuelles. Vingt monocoques ont été construites, ce qui fait qu’il est possible de voir plus d’autos que cette année. Le rapprochement avec le DTM tend à limiter les coûts et nous allons vers une globalisation. »

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