Il faudra s’y habituer, Mark Webber porte dorénavant officiellement les couleurs de Porsche AG. L’Australien sera en piste sur une des deux Porsche 919 Hybrid présentes en Championnat du Monde d’Endurance. Malgré son contrat avec Red Bull Racing, Webber avait tout de même pu tester sa nouvelle monture fin 2013. C’est pour lui un tout nouveau défi qui débute : « C’est probablement ma première saison depuis cinq ou six ans où je n’ai pas besoin d’être au poids optimal en février. Même si nous allons faire des essais de pré-saison avec Porsche, la préparation pour la F1 était différente, où je devais être au bon poids dès le début des essais de pré-saison et le contrôler d’une façon très rigoureuse. »
« Cependant, je ne pense pas un instant être en surpoids en prototype. Je serai à mon poids F1 pour le début du championnat en avril sachant que la saison FIA WEC est nettement plus courte avec seulement huit courses au programme. J’ai bien conscience que je n’ai pas besoin dans ce poids aussi serré qu’en F1. Mon programme d’entraînement a aussi quelque peu changé comparé à la Formule 1. Il y a beaucoup de formations spécifiques à la F1, notamment pour le cou afin de faire face aux G élevés. Les prototypes sont un peu plus lents, ce qui occasionne moins de charge sur le corps. Bien sûr, certaines choses de la F1 sont transférables au prototype, comme par exemple la chaleur dans des endroits très chauds. Je sais qu’il y a un tas de choses que j’ai apprises en F1 qui vont me servir. »
La nouvelle recrue Porsche devra passer des courses de deux heures à six heures. L’aspect confort dans l’auto est donc essentiel : « La position de conduite est différente de la F1 où l’on est plus allongé que dans le prototype. Cela signifie que les muscles du dos mis à contribution sont différents. L’assise est très importante pour pouvoir faire de longs relais. Si on me demande de rouler durant trois heures, je dois m’assurer qu’aucune partie du derrière de mes jambes ne s’endorment. J’ai besoin d’être à l’aise dans cet environnement mais j’ai aussi conscience que je dois partager mon baquet avec d’autres pilotes. Il faut donc dans une certaine mesure avoir le bon compromis. Nous devons faire des ravitaillements le plus rapidement possible tout comme les changements de pilotes.
« En termes d’endurance, je pense que ce sera plus exigeant mentalement que physiquement. La concentration sera primordiale, notamment le dépassement des retardataires. Physiquement, je pense que ce se sera probablement mois exigeant que ce que j’ai l’habitude mais mentalement, ce sera tout aussi dur parce qu’il faudra gérer ce trafic sur une période assez longue. »
L’ancien pilote Red Bull F1 a découvert la Porsche 919 Hybrid le mois dernier : « J’ai été agréablement surpris. Je suis allé rouler avec des attentes assez faibles en termes de feeling avec l’auto. C’est plus lourd qu’une F1 et très faible en appuis, alors j’ai pensé que la voiture ne pourrait pas répondre en comparaison de ce que j’avais l’habitude de connaître. J’ai donc été agréablement surpris. J’ai pris du plaisir dans ce que je faisais en seulement cinq ou six tours. J’avais écouté Tom Kristensen et Allan McNish qui m’avaient dit depuis pas mal d’années que si je pensais passer en prototype, ce serait sympa à piloter. Je les croyaient mais tant qu’on ne l’a pas fait soi-même, on ne sait pas trop ce que cela peut donner. Je n’avais pas connu cela depuis 1999.
« J’ai disputé mes premiers essais sur un circuit au Portugal où je n’avais jamais mis les pieds. C’était un beau circuit pour découvrir l’auto. L’endroit était sensible et prévisible. C’était aussi agréable de rouler à nouveau avec des pneus Michelin car j’ai vraiment un bon feeling avec cette marque. Ce n’était qu’un premier test, et évidemment il y a encore pas mal de travail à faire. On ne cesse jamais d’apprendre mais c’était un bon début. »
Mark Webber revient en Endurance après l’époque Mercedes à la fin des années 90 : « La plus grande différence réside dans le fait que nous n’avions pas de systèmes électriques ou hybrides à cette époque. C’était plutôt old-school. Le levier de vitesse était situé à côté du volant, tandis que de nos jours, la voiture ressemble plus à une F1 avec un toit. C’est très avancé sur plan technologique et il y a un gros transfert de la Formule 1 des années 2000 dans cette catégorie. C’est pourquoi les voitures sont si rapides et la catégorie si proche de la F1 en termes de rythme et de temps au tour. »