FIA World Endurance Championship

Mark Webber : “14 ans que je n’avais pas freiné du pied droit !”

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Sitôt la présentation de la Porsche 919 terminée et les photos officielles bouclées, un nuage de journalistes s’est dirigé vars Mark Webber. En patientant quelques instants et en laissant passer cette frénésie, on parvient alors gentiment à approcher le pilote australien aux 9 victoires en GP. Surtout, on parvient à discuter avec lui et à entendre ce qu’il dit sans avoir à tenir son dictaphone à bout de bras !

Mark, pourquoi ce retour en endurance avec Porsche ?

« J’ai beaucoup apprécié ma période en endurance à l’époque. J’ai également eu la chance qu’elle me donne un tremplin vers la F1. Mais s’il est vrai que je souhaitais désormais tourner la page de la F1, je ne me voyais pas pour autant me priver de compétition. J’ai besoin de courir, je le ressens. Je ne voulais pas m’arrêter, ce n’était pas une option. J’aime toujours autant piloter sur circuit. J’aime aussi le côté endurance. Signer avec Porsche était donc pour moi une excellente opportunité ! Cela me permet surtout d’être partie prenante d’un projet qui va grandir avec le temps et c’est important pour moi. »

Question que tout le monde doit vous poser, peut-on comparer le pilotage d’une LMP1 moderne et aussi technologique avec celui d’une F1 ?

« Non, une comparaison avec la F1 est strictement impossible car il s’agit d’un univers totalement différent. Par exemple, cela faisait 14 ans que je n’avais plus utilisé mon pied droit pour freiner. Or sur la 919, je l’utilise à nouveau ! »

Mark_Webber_2Pour quelle raison utilisez-vous de nouveau le pied droit ?

« Il n’y en a pas vraiment. Cela m’est venu naturellement. Je pourrai utiliser le gauche mais c’est avec le droit que cela me semble le plus naturel. Tout est tellement différent. Le feeling de la voiture est différent mais il l’est aussi à chaque saison avec une nouvelle F1 ou l’on doit chaque fois, réadapter son style de pilotage… Concernant la Porsche, il y a aussi le fait de rouler de nouveau avec des pneus Michelin, cela n’a rien à voir avec ce dont je disposais l’an passé. Ils sont très bons, très constants. Le poids de la voiture est bien plus important. Il y a moins d’appuis aéros que sur une F1. Et puis tout change à une telle vitesse. Tous les deux mois, la voiture évolue. Ce à quoi je suis habitué aujourd’hui n’est pas ce que j’aurai entre les mains au Mans… La voiture de février me convient mais peut-être que celle d’Avril me conviendra moins parce qu’elle aura évolué. Parfois, il m’arrive de trouver par moi-même, des façons d’aller plus vite dans certains passages, parfois, ce sont les ingénieurs qui proposent des idées.

Là ou on peut comparer avec la F1, c’est sur le fait que l’on peut conduire ces voitures avec le même niveau d’agressivité. Là, c’est très similaire. Les stratégies se ressemblent également car il y a maintenant énormément de stratégie en F1. »

Vous parliez de freinage. C’est une autre question récurrente concernant les voitures hybrides. Sentez-vous des différences de comportement entre les moments où vous êtes en mode récupération d’énergie et ceux ou vous passez en freinage pur avec dissipation d’énergie ?

« Non, ça se passe de manière douce. Au début du projet, c’était un véritable sujet sur cette voiture mais avec le temps, cela s’est bien amélioré et maintenant, c’est plutôt bon. »

IMG_6069Le paramètre clé en 2014, c’est la consommation de carburant des LMP1. Est-ce que cela est transparent pour le pilote et géré intégralement par les logiciels embarqués ou est-ce que le pilote apporte sa pierre à l’édifice ?

« Nous savons que nous avons tout intérêt à nous plier au mieux aux règles concernant la consommation de carburant. De toute façon, c’est la voie qu’emprunte la plupart des grandes disciplines du sport automobile, y compris la F1. Nous devons faire attention au carburant que nous brulons. C’est presque aussi précieux que l’or désormais. Tout le monde doit faire attention et le pilote ne peut qu’être dans la boucle. Bien sûr, les choix de base concernant la conception de la voiture sont très structurants sur ce point mais le pilote et le pilotage ont leur part dans la gestion de la consommation. Et je ne peux même pas encore tout vous dire parce que nous découvrons tous les jours. Par exemple, nous ne savons pas encore vraiment quelle va être la meilleure façon de gérer le trafic sans pénaliser la consommation. Nous apprenons… »

Malgré votre expérience, aviez-vous encore des choses à apprendre de vos coéquipiers ?

« Enormément. Timo, par exemple, m’a beaucoup apporté, c’est indéniable. C’est un pilote de classe mondiale et j’ai beaucoup appris de lui. »

Mark_Webber_3Comment s’est fait la répartition des équipages. Est-ce un choix des pilotes, par connivences, ou s’agit-il d’un choix du team ?

« C’est avant tout un choix du team. C’est notre poids qui nous placés ensemble. Avoir deux équipages dont les pilotes jouent dans les mêmes catégories de poids permet de gérer au mieux l’équilibre de chaque auto. »

A quelle fréquence roulez-vous dans l’auto ?

« Approximativement toutes les 6 semaines, je dirai. Mais d’ici Le Mans, avec les courses qui vont s’enchainer, la Journée Test du Mans également, j’aurai bien assez de kilométrage à son volant… »

C’est alors que d’autres obligations ont emmené Mark un peu plus loin. Il restait quelques questions à poser, quelques réponses à obtenir, il ne fallait donc pas louper le début… Mais une chose est sûre : Mark Webber est loin d’être un pilote retraité qui vient courir le cacheton en endurance. Il est toujours très affuté et ses joues très creusées en témoignent…

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