2014 est une année paire, et en vertu de l’alternance entre Le Mans Classic et LM Story, organisé les années impaires, Le Mans Classic, du 4 au 6 juillet prochain, fêtera déjà sa septième édition, la première ayant donc eu lieu en 2002.
Cette grand-messe du sport automobile historique accueillera de nouveau en compétition six plateaux, tous composés de voitures ayant participé aux 24 Heures du Mans ou de voitures du même modèle, avec trois courses pour chaque plateau entre le samedi et le dimanche :
Plateau 1 : 1923-1939
Plateau 2 : 1949-1956
Plateau 3 : 1957-1961
Plateau 4 : 1962-1965
Plateau 5 : 1966-1971
Plateau 6 : 1972-1979
Comme lors des éditions précédentes, chaque plateau comprendra 63 engagés.
Bien que plus de cinq mois encore nous séparent du meeting 2014, les listes des engagés –des listes provisoires- sont déjà bien garnies. C’est l’occasion de mettre en perspective les différents plateaux avec les éditions des 24 Heures du Mans concernées.
Plateau 1
Entre 1923, année de la première édition, remportée par la Chenard & Walcker de André Lagache et Reené Léonard, et 1939, 16 24 Heures ont eu lieu, faisant la part belle à Bentley, victorieux à cinq reprises, et à Alfa Romeo, quatre fois vainqueur.
Pourtant en 2012, ces deux marques ont été dominées par Talbot –absent du palmarès de l’épreuve avant guerre- les Talbot 105 et la Talbot Lago s’imposant au scratch lors des trois courses –avec même un triplé dans la première, les Alfa Romeo 3C devant se contenter de deux places sur le podium, alors que Bugatti et Bentley en étaient absentes.
46 voitures figurent déjà sur la première liste des engagés et évidemment, les Bentley, Talbot et autres Bugatti figurent en force, tout comme Alfa Romeo, mais sans être exhaustif, on verra également des Delahaye, des Invicta, des Aston Martin, des Riley et bien d’autres.
Plateau 2
Après une interruption consécutive à la Seconde Guerre Mondiale, les 24 Heures furent de nouveau organisées en 1949, année qui vit la première victoire d’une Ferrari, la Ferrari 166MM de Luigi Chinetti/Peter Mitchell/Thomson. Les années 1949-1956 ont été marquées par une domination des Jaguar, victorieuses de quatre des huit courses de cette période (une pour une XK-120C, une pour une Type C et deux pour des Type D-, les quatre autres revenant donc à Ferrari, celle de la 166M et celle de la 375 Plus de Maurice Trintignant/José Froilan Gonzalez, à Talbot-Lago (la seule victoire de la marque française, avec Louis Rosier/Jean-Louis Rosier, Louis Rosier demeurant 23h30 au volant, ne laissant qu’une portion congrue à son fils Jean-Louis !!-, et à Mercedes-Benz avec une W194.
Les victoires avaient été partagées en 2012 entre une Jaguar C,
une Mercedes 300 SL et une Jaguar D
, les Jaguar ayant réalisé le triplé dans la première et la troisième course.
37 voitures sont pour l’heure sur la liste des engagés et, curieusement, une seule Jaguar, une XK120, est inscrite. Le plateau est très diversifié, avec des Porsche 356, une DB Panhard, des Aston Martin DB2 et DB3, des Austin Healey, des Maserati, une Mercedes 300 SL et bien d’autres encore.
Plateau 3
La période 1957-1961, bien qu’entamée par la dernière victoire au Mans d’une Jaguar D – et la seconde victoire pour Ron Flockhart et Ivor Bueb- a été marquée de l’empreinte Ferrari, les voitures de Maranello, des Ferrari 250TR, remportant trois victoires entrecoupées par le succès de l’Aston Martin DBR1 de Carroll Shelby/Roy Salvadori, Olivier Gendebien s’imposant par trois fois dont deux avec Phil Hill, en 1958 et 1961, Phil Hill réussissant cette année là le doublé 24 Heures du Mans-Championnat du Monde de F1.
En 2012, cependant, les Ferrari ont dû laisser la vedette aux voitures britanniques, les Lister Costin Jaguar remportant deux courses et une Lotus 15 une autre.
Les Lister seront toujours en force en 2014, qu’elles soient Knobbly ou Costin Jaguar , et elles retrouveront sur leur route des Lotus 15, des Ferrari 250 GT, des Maserati 250S, des DB Panhard..
Côté pilotes, des spécialistes de l’Historique tels Olivier Cazalières ou Shaun Lynn seront bien évidemment au départ.
Plateau 4
La période a été le monopole de Ferrari qui a remporté les quatre éditions, avec une Ferrari TRI/LM en 1962, une 250 P en 1963, une 275 P en 1964 et une 250 LM en 1965.
Olivier Gendebien devenait en 1962 le recordman des victoires avec 4 succès en remportant sa troisième victoire associé à Phil Hill et Jochen Rindt, associé à Masten Gregory sur une Ferrari du North American Racing Team, damait le pion aux Ferrari officielles en 1965.
La période marquait également les débuts au Mans des Ford GT40, MkI en 1964, puis MkII en 1965, ce qui préfigurait les succès à venir du constructeur américain.
Si Ferrari a dominé cette période des 24 Heures, Le Mans Classic 2012 a été à l’apanage des GT40 qui ont remporté les trois courses. Les américaines étaient à l’honneur, puisque les podiums étaient complétés par des AC Cobra.
Les GT40 seront encore nombreuses en 2012 et animeront les courses, face aux AC Cobra, Ferrari 250LM ou 275 GTB ou des Alpine-Renault. 40 voitures sont déjà engagées dans ce plateau.
Plateau 5
Ford et Porsche se sont partagé les honneurs entre 1966 et 1971, Ford l’emportant de 1966 à 1969 et Porsche en 1970 et 1971.
La première victoire de Ford avec la MkII de Chris Amon/Bruce McLaren en 1966 reste dans l’histoire des 24 Heures comme celle de l’écart le plus faible entre le premier et le deuxième, Amon/McLaren ayant franchi la ligne d’arrivée sur la même ligne Que Denny Hulme et Ken Miles, Amon et McLaren s’étant qualifiés en quatrième ligne contre la deuxième pour Hulme et Miles, et ayant donc parcouru une distance légèrement supérieure !! Ford réalisait le triplé cette année-là. En 1967, la barre des 5000 Km était franchie pour la première fois par la Ford MkIV de Dan Gurney et A.J.Foyt, ce dernier remportant la même année les 500 Miles d’Indianapolis. En 1968, -la course ayant lieu en septembre en raison d’un mois de mai bouillant- en l’absence des Ferrari officielles, Ford alignait une escouade de GT40 privées qui étaient grandes favorites mais qui furent décimées. Pedro Rodriguez et Lucien Bianchi sauvaient le constructeur américain d’une déroute en l’emportant devant deux Porsche et trois Alfa Romeo. 1969 restera dans les annales des 24 Heures à cause de la protestation de Jacky Ickx contre le traditionnel départ en épi, le belge traversant la piste pour monter dans sa voiture en marchant, en raison de la dernière victoire à ce jour d’une Ford, et à cause de la bataille jusque la ligne d’arrivée entre la GT40 de Jacky Ickx/Jackie Oliver et la Porsche 908 de Gérard Larrousse/Hans Herrmann, 120 mètres séparant les deux protos à l’arrivée.
Porsche et Herrmann allaient prendre leur revanche l’année suivante, Herrmann et Richard Attwood gagnant la course au volant d’une surpuissante Porsche 917K, devant une Porsche 917L et une Porsche 908. En 1971, une autre Porsche 917K, celle du Martini Racing Team de Helmut Marko et Gijs Van Lennep, était victorieuse en pulvérisant le record de l’épreuve, avant qu’un changement de règlementation élimine les années suivantes les Porsche 917 ou les Ferrari 512.
En 2012, ce ne sont ni une Ford ni une Porsche qui se sont imposées dans Le Mans Classic puisque c’est la Lola T70 MkIII de Bernard Thuner qui a trusté les trois victoires, le suisse étant le plus rapide de tous les plateaux de Le Mans Classic 2012, comme il l’avait été en 2010. Les Porsche 908, 917 et les Ferrari 512 n’avaient rien pu faire contre la Lola.
Le plateau 5, traditionnellement peut-être le plus beau de Le Mans Classic, sera encore bien fourni, avec des Ford GT40, des Lola T70 -
dont celle de Bernard Thuner qui tentera le hat-trick-, des FerraRI 512, des Chevron, des Alfa Romeo, une Ferrari 312 P…Aucune Porsche 917 ne figure encore sur la liste des partants
, mais il serait étonnant de ne pas en voir quelques exemplaires en juillet prochain. Jurgen Barh et Willy Kauhsen seront au volant d’une Porsche 907, Emmanuel Collard et François Perrodo piloteront une Porsche 910, la famille France aura sa Lola T70.
Plateau 6
Le changement du règlement en faveur ses sports-prototypes 3 litres ouvrait la voie aux trois succès consécutifs de Matra-Simca, les M670, M670B et M670C remportant les 24 Heures en 1972, 1973 et 1974. Henri Pescarolo triomphait lui aussi à trois reprises, en 1972 avec Graham Hill –qui réussissait ainsi le Grand Chelem, Championnat du Monde de F1, 500 Miles d’Indianapolis et Le Mans, seul pilote à ce jour à avoir réalisé cet exploit- et les deux années suivantes avec Gérard Larrousse.
Après ces trois succès, Matra se tournait vers la F1. Jacky Ickx prenait la relève de Henri Pescarolo en remportant lui aussi trois victoires d’affilée, en 1975 sur une Mirage-Ford, associé à Derek Bell, en 1976 et 1977 sur une Porsche 936, avec Gijs Van Lennep tout d’abord, puis avec Hurley Haywood –une autre légende de l’endurance- et Jochen Barth. Défait en 1977, Alpine-Renault prenait sa revanche en 1978, avec son unique succès au Mans, avec Didier Pironi et Jean-Pierre Jaussaud, celui-ci remportant dans la Sarthe la première de ses deux victoires. Nous l’espérons désormais remis de ses soucis de santé et nous le verrons peut-être en juillet prochain. La période s’est achevée en 1979 avec un triplé des Porsche 935, avec la victoire de Bill et Don Whittington associés à Klaus Ludwig, un certain Paul Newman terminant deuxième avec Rolf Stommelen et Dick Barbour.
En 2012, les victoires ont été partagées entre une De Cadenet-Lola Cosworth, une Chevron B36 et une Gulf-Mirage, celle-ci ayant signé le meilleur tour en course de l’édition 2012.
Pour 2014, 30 voitures sont déjà engagées et on retrouvera l’Alpine A442B
qui sera pilotée par Jean Ragnotti et Alain Serpaggi. Carlos Tavares l’avait conduite en 2012, mais son passage chez PSA l’empêchera de renouveler l’expérience… Sont également inscrites des Chevron B36, une De Cadenet-Lola, des Rondeau et Inaltera, des Lola, la Mirage de Gary McAllister,
la plus rapide en 2012, des Ferrari 512 BBLM, des Sauber C5, la Duckham’s Ford de Jacques Nicolet.
Une seule Porsche 935 est sur la liste, mais on en verra certainement d’autres, dont peut-être la fameuse Moby Dick
, et des Porsche 936 seront-elles aussi sans doute au rendez-vous.
La liste provisoire des engagés est ici














