En fin de semaine, CD Sport alignera ses quatre Norma M 20FC au Paul Ricard pour la rentrée du championnat VdeV Endurance Series. Le team dirigé par Laurent Cazenave et Claude Degrémont, qui fête cette année son 20ème anniversaire, compte bien profiter de cette manche de reprise pour garder, voire accentuer, son leadership. Thomas Accary, Kévin Bole-Besançon et Jean-Ludovic Foubert arriveront aux commandes du championnat avec 5 petits points d’avance sur IDEC Sport Racing. Marc-Antoine Dannielou, Nicolas Maulini et Jacques Wolff sont en embuscade. Du côté de l’équipage gentlemen composé de Sébastien Dhouailly, Gérard Faure et Rémy Kirchdoerffer, on répond présent depuis le début de saison. Seule la Norma de Inès Taittinger, Erwan Julé et Florian Latorre n’a guère été vernie jusque-là. Au Paul Ricard, le jeune Nico Jamin épaulera Taittinger/Julé. Avant d’aborder le meeting varois, Laurent Cazenave fait le point sur la première partie de saison du CD Sport tout en évoquant les pistes 2016.
Quel bilan tires-tu à mi-saison ?
“Avant le Paul Ricard, il est plutôt positif. Nous avons un équipage en tête, un autre à la 6ème place et nos gentlemen ont terminé à deux reprises dans le top ten. Malheureusement, la 4ème auto a connu son lot de soucis. C’est pourtant l’une des Norma les plus fiables de l’équipe mais elle a toujours eu un pépin en course. Vu le niveau du championnat, le temps perdu ne se rattrape pas. Aujourd’hui, c’est le seul point noir. Pour le reste, la satisfaction est de mise. On espère que Wolff/Dannielou/Maulini vont faire une bonne course pour se replacer au championnat.”
Le Paul Ricard est LA course à ne pas manquer ?
“Ce n’est pas forcément la course à gagner mais c’est celle où il ne faut pas perdre de points, compte tenu de son coefficient 2. Il faudra y marquer le plus de points possible. Une course de 12 heures, c’est très long et CD Sport n’a encore jamais pris part à une course aussi longue. Cela va nous permettre de nous aguerrir à l’endurance. Max Favard, notre ingénieur, étant retenu en GT Tour, nous avons fait appel à Kendy (Janclaes) de DKR Engineering. Il connaît toutes les ficelles de l’endurance. Le team est jeune en endurance mais ça peut être formateur pour l’avenir. CD Sport n’a toutefois pas l’ambition d’aller au Mans à court terme car nous n’avons pas les ressources nécessaires pour cela. Cette course de 12 heures va tirer l’équipe vers le haut.”
Quelles sont les orientations pour 2016 ?
“On espère aller en LM P3 sans arrêter le CN. C’est ce à quoi nous allons nous atteler en septembre avec une étude économique et sportive. On aimerait faire rouler une ou deux LM P3 en 2016. Pour un meilleur amortissement, il faut appliquer la même recette qu’en GT3, soit deux championnats ou un championnat complet et des piges ailleurs. L’idée est de combiner VdeV Endurance Series et European Le Mans Series. Ce qui est sûr, c’est qu’il y aura toujours des CN chez CD Sport en 2016.”
L’arrivée des LM P3 ne va pas mettre un terme à l’engouement du CN ?
“La CN est une auto superbe avec un rapport qualité/prix imbattable. La LM P3 va légèrement plus vite que la CN. Ce n’est pas le même budget ni la même qualité de fabrication. Le championnat VdeV est méconnu mais c’est très bien pour les pilotes. Les équipes se régalent à faire rouler des CN. Il y a un vrai plaisir sachant que le niveau y est relevé. A l’arrivée, les écarts sont très faibles. On se plait dans cette série qui laisse la possibilité aux équipes de bien travailler sur le plan financier, ce qui n’est pas forcément le cas partout. On peut faire des évolutions et boucler des essais. Il y a de la place pour le CN et le LM P3. Sans CN, des pilotes seraient à pied. Les pilotes Elite n’ont pas tous les ressources financières nécessaires pour passer en LM P3. Plus on monte en budget, plus ça devient compliqué. Pour faire les choses correctement en CN, il faut compter 200 000 euros.”
Faire rouler les LM P3 avec les GT est une bonne idée ?
“Oui car dans le cas contraire, ça aurait pu faire mal aux CN. Les LM P3 et CN ne vont pas être dans les mêmes chronos au même endroit même si au global les temps sont proches. Une CN va être plus vite en virage alors qu’une P3 sera plus rapide en ligne droite. Avec les GT, c’est plus homogène à voir rouler.”
Si CD Sport va en LM P3, ce sera avec quel châssis ?
“Plusieurs constructeurs nous ont démarché. Le produit sur lequel on ne peut pas se tromper semble être la Ligier JS P3. Le produit est abouti avec des pièces déjà en place sur la JS P2 qui a fait ses preuves. Il va aussi falloir voir ce que va donner l’ADESS-03 qui peut aussi se révéler être une très bonne LM P3. ADESS a également l’expérience du P2. Si on y va, je pense que ce sera avec Ligier ou ADESS. Cependant, on ne dit pas que l’on va y aller ou que l’on n’y sera pas. Il faut rester prudent même si l’envie est bien là. On prendra la décision début octobre. CD Sport n’a pas de mécène. Chaque choix est sportif et tout le monde doit s’épanouir. Il ne faut pas se tromper et faire n’importe quoi. La réalité économique est dépendante du succès sportif.”


