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L’Asian Le Mans Series, le nouvel eldorado ?

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Vous nous auriez posé la question il y a an, la réponse aurait été claire : ça ne marchera jamais. L’Asian Le Mans Series n’a jamais décollé sur un continent qui a avant tout une culture GT. Avec une grille inférieure à dix autos en 2014, le pari de poursuivre la série pouvait s’avérer risqué. Malgré cela, l’Automobile Club de l’Ouest a décidé de reprendre les choses en main deux ans après avoir remis sur pied l’European Le Mans Series. Certes, avoir aux commandes l’organisateur de la plus grande course d’endurance est un gage de qualité mais il restait à séduire des concurrents guère satisfaits. Il a donc été décidé de faire table rase du passé avec une nouvelle équipe dirigée par Cyrille Taesch-Wahlen sous l’impulsion de l’ACO, la présence d’Eduardo Freitas à la direction de course et le sérieux des contrôleurs de l’ACO. Les 100 000 spectateurs présents samedi à Buriram ont permis aux Thailandais de découvrir un nouvel univers.

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En ouvrant à Fuji dans le cadre du FIA WEC, l’Asian Le Mans Series a quelque peu été étouffé par le poids du FIA WEC, mais on avait déjà senti des concurrents satisfaits d’être là. Il restait à confirmer le bien-fondé d’une série continentale Le Mans en Asie. De 13 autos à Fuji, on est passé à 16 à Sepang puis 17 à Buriram. Le cap des 20 pourrait être franchi dans une bonne semaine pour la finale de Sepang. On ne peut pas encore dire que le pari est gagné mais on sent un frémissement qui n’était pas perceptible dans le passé.

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Jusqu’à maintenant, les équipes roulant en Asian Le Mans Series venaient principalement pour s’assurer, somme toute assez facilement, d’une invitation pour les 24 Heures du Mans. Ce qui était vrai avec une ou deux LM P2 l’est nettement moins quand quatre prototypes sont au départ. Le fait que les teams présents souhaitent rempiler est plutôt un signe fort. D’un programme hivernal, l’Asian Le Mans Series pourrait bien rapidement devenir un programme à part entière pour bon nombre d’équipes pas seulement européennes. L’Asie compte un certain nombre de teams de tout premier plan qui ne comptent pas rester sur la touche.

Alors pourquoi le championnat asiatique se mettrait subitement à fonctionner ? On l’a dit, l’ACO a a remis sur pied la série en proposant un calendrier attractif financièrement. De plus, l’arrivée du LM P3 commence à intéresser et la série Sprint doit encore faire grandir l’intérêt.

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Signatech-Alpine pense à venir en Asie, Graff y a songé tout comme Benoit Morand, Pegasus a tenté l’aventure FIA WEC au Japon, et on sait de source sûre qu’au moins trois équipes réfléchissent à s’engager à court terme. La catégorie LM P2 est soumise au même souci que le GT3 où il faut trouver un second marché pour les autos. L’arrivée des nouvelles LM P2 va repousser les actuelles hors du FIA WEC. Comme en GT, les pilotes qui apportent un budget voudront la dernière auto à la mode. L’Asian Le Mans Series permet donc aux LM P2 actuelles de rouler jusqu’à la fin de la décennie, ce qui laisse un peu de temps.

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Toutes les équipes n’ont pas les moyens financiers d’aligner un équipage de tueur pour aller chercher la gagne. C’est là que l’Asian Le Mans Series prend tout son sens. Race Performance, Eurasia Motorsport, Algarve Pro Racing jouent la victoire en Asie et ils seront encore là l’année prochaine. Les ORECA 03R, Morgan LM P2 et autres Gibson 015S peuvent encore pleinement s’exprimer. BR Engineering devrait aussi regarder du côté de l’Asie avec une BR01 qui aurait une belle carte à jouer sur un marché qui s’ouvre aux prototypes. Si les gentlemen peuvent parfois douter dans beaucoup de championnats, là ils sont mis en avant et libérés en piste. Le seul risque est de voir des équipes venir aligner des pilotes quasiment tous professionnels et d’étouffer les « Am ». La catégorie GT autorise les GTE mais aucune n’est présente et il y a peu de chance que cela arrive vu le coût des autos sachant en plus qu’une BOP est de toute façon appliquée.

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Toutes les équipes asiatiques n’ont pas forcément le niveau pour aligner une LM P2, d’où la possibilité de se faire la main en LM P3 ou CN. Il n’est plus obligatoire d’avoir un pilote asiatique dans chaque équipage mais ce n’est pas pour autant que l’on verra que des Européens. Si on prend le résultat des qualifications des 3 Heures de Thailande, sur les cinq catégories présentes, seul un Européen en pole avec Rob Bell. Pour le reste : Indonésie, Chine, Hong Kong, Japon.

Il reste encore un meeting à Sepang avant de penser à 2016/2017. Les équipes et constructeurs  feraient bien de commencer à étudier la piste asiatique…

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