Pegasus Racing fait partie des équipes fidèles à l’European Le Mans Series. Titrée en LM PC, l’équipe basée dans la banlieue de Strasbourg est ensuite passée dans la catégorie supérieure en faisant rouler cette saison une Morgan LM P2 pour Léo Roussel et David Cheng. Si Julien Schell avait bien décidé de raccrocher son casque, le patron a repris le volant à deux reprises. Après une saison 2014 passée à bien comprendre sa monture, le Pegasus Racing est monté d’un cran cette année avec le soutien de Total pour devenir Pegasus Racing Team Total. L’expérimenté Ho-Pin Tung est venu rejoindre le duo aux 24 Heures du Mans avec une belle prestation à la clé. A mi-saison, Julien Schell fait le bilan avec nous.
Le bilan en ELMS est positif ?
“Dans l’ensemble, il est très positif. Nous avons réuni des pilotes rapides, ce qui a changé notre philosophie. A titre personnel, je suis pleinement satisfait de la Morgan LM P2 équipée en pneumatiques Michelin. Ce changement fait que l’on ne peut pas trop bénéficier de l’expérience 2014. On repart à chaque fois en mode découverte mais on a pu voir que nous sommes dans le coup. C’est le côté positif car nous pouvons encore nous améliorer. La seule chose frustrante est que l’on manque de roulage. On aimerait finaliser le programme plus tôt dans la saison.”
Le passage aux gommes Michelin est un plus ?
“Disons que c’est un changement positif même si nous n’avons rien à reprocher aux Dunlop. Je pense que ce pneu apporte pas mal à notre auto, notamment sous la pluie où les gommes sont diaboliques. Nous sommes très écoutés par Michelin avec un dialogue attentif. Il nous faudrait juste plus d’essais. On court toujours après le temps.”
L’idée est de garder le même package en 2016 ?
“Cela fait partie des possibilités. Le package Morgan/Michelin/Nissan est bon, tout comme la relation avec Onroak Automotive. Ceci étant dit, si une bonne opportunité se présente pour avoir une LM P2 fermée, nous étudierons le sujet même si la Morgan reste performante. Cependant, avoir une auto fermée sur des circuits comme Le Mans ou le Paul Ricard est tout de même un avantage. L’idée est de rester dans le giron Onroak Automotive. On peut aussi garder la Morgan un an de plus et passer à une LM P2 fermée à l’horizon 2016/2017.”
L’arrivée de Total a aussi été quelque chose de positif ?
“Ce partenariat a permis l’arrivée de pilotes professionnels dans l’équipe. Cela donne une image plus sérieuse car avoir Total est un gage de qualité dans le programme et on ne veut pas décevoir. L’arrivée de Total est aussi conditionnée par l’Asie. La piste Asian Le Mans Series reste à l’étude même s’il va falloir bien étudier le dossier car la première manche est proche de la finale ELMS. Un titre en Asie nous qualifierait très tôt pour Le Mans 2016, ce qui serait un gros avantage. La décision se prendra avant la rentrée. David (Cheng) est demandeur de l’Asian Le Mans Series après ses deux titres successifs.”
Pegasus Racing a écumé les pelotons de FLM avec des victoires et un titre. La piste LM P3 est aussi à l’étude ?
“Les autos sont intéressantes de part le rapport qualité/prix. Elles semblent plus faciles à exploiter que les LM P2 mais elles ne pourront pas disputer les 24 Heures du Mans. Malgré tout, de plus en plus de championnats devraient s’ouvrir aux LM P3. Ce qui est alléchant, c’est de monter un programme LM P3 en parallèle ou de faire des courses plus lointaines comme l’Asie ou les 24 Heures de Daytona si les LM P3 devaient être autorisées. Avoir la possibilité de faire des courses exotiques avec une auto moins chère à utiliser est intéressant. Nous regardons ce qu’il se fait en LM P3 et nous sommes en contact permanent avec Onroak Automotive. Rouler en LM P2 avec trois gentlemen qui veulent aller au Mans est devenu quasiment impossible. Il faut au moins deux très bons pilotes en LM P2. Retrouver cette ambiance de faire progresser des gentlemen est alléchant. Beaucoup de personnes roulant en GT regardent le LM P3 qui est une porte d’accès plus facile à la catégorie prototype. Avec une GT3, on pourrait faire jusqu’à cinq meetings par week-end et c’est ce qui manquait en prototype. Avoir le choix est une bonne chose.”
Les 24 Heures du Mans 2015 restent un bon souvenir ?
“La confiance était de mise avant le départ mais un problème de boîtier de télémétrie n’a pas permis de garder le contact avec la tête. Les très bons relais de nos pilotes ne se sont pas forcément vus. Les trois ont magnifiquement piloté. La remontée n’a pas été facile et il a fallu que tout le monde s’arrache. Un bon résultat final était plombé dès le début de course. Sans cela, il était possible de rentrer dans le top 5 mais ça reste Le Mans. En 2014, nous avons roulé pour participer contrairement à 2015 où l’approche était différente. Le moindre problème fait que c’est terminé pour espérer rentrer dans le quinté de tête. Le moindre souci se paie cash. Avant, c’était celui qui avait le moins de pépins qui l’emportait, mais maintenant il ne faut pas en avoir un seul.”



