Le maigre plateau GT/LM P3 présent aux Coupes de Pâques de Nogaro suscite bien des interrogations. Avec neuf autos sur la liste des engagés, le coup d’envoi de la saison 2016 a mis en concurrence cinq Ferrari 458 Italia GT3 en Championnat de France GT et quatre Ligier JS P3 en Championnat de France Prototypes. Alors que la Fédération Française du Sport Automobile est bien muette sur le sujet avec un président sans grande surprise absent dans le Gers, Hugues de Chaunac, promoteur du GT Tour, nous a reçu pour faire un état des lieux…
Les critiques fusent sur le plateau GT/LM P3. Quel est votre sentiment sur ce que l’on peut lire ici et là ?
“La critique est toujours facile surtout quand personne n’a rien à proposer en face. On ne s’est pas posé la question d’annuler le meeting. On ne peut pas tout maîtriser sur le nombre d’autos au départ. Nous ne sommes pas les premiers à être dans un creux. Il faut maintenant bien analyser les choses, voir ce qui dépend de nous et pas de nous.”
Le mix GT/LM P3 est un problème ?
“Je ne pense pas que ce soit un quelconque problème. Cela peut donner des courses très spectaculaires et en aucun cas, la course n’est abimée. Je vais même plus loin en disant qu’il aurait été idiot de ne pas le faire. Certes, il faut que l’on se remette en question sur ce qui n’a pas fonctionné et on se doit de faire notre propre auto-critique. On reste à l’écoute.”
Il faut s’attendre à une refonte du format cette année ?
“Il faut rester prudent sur le sujet. On va maintenant analyser les choses. Je ne suis pas certain que le changement de format fasse venir plus de concurrents. Il n’y a pas de miracle, on ne va pas passer de 9 à 18 autos en un claquement de doigt dès le prochain meeting. Il y a le GT d’un côté, et l’évènement GT Tour de l’autre. Il faut faire en sorte que le GT Tour dans son ensemble garde son aura par tout ce qui peut être fait. Comme je l’ai dit, la critique est facile. Il y a des équipes qui jouent le jeu et on ne peut que les féliciter.”
Les championnats nationaux à travers la planète ont un format de 2×1 heure avec des grilles garnies. Ce n’est pas le cas en France. Pourquoi ne pas avoir gardé ce format standard ?
“Les équipes et les pilotes ont demandé à avoir plus de temps de roulage. Passer trois jours sur un circuit pour rouler 3x25mn n’a pas été la direction prise. Nous étions partis sur du sprint. Rien que pour la diffusion télévisée, c’est bien plus facile. Les mêmes teams qui ont milité pour le format actuel sont partis ou ne sont pas venus. Rien n’est exclu pour 2017 même s’il faut faire attention.”
ORECA et Onroak se battent sur la piste en LMP2, mais la présence de deux Ligier JS P3 alignées par OAK Racing fait que le constructeur soutient le championnat national.
“Je travaille en bonne intelligence avec Jacques Nicolet. Nous sommes tous les deux des compétiteurs. Jacques soutient le championnat car il connaît l’importance du développement du sport automobile en France. Selon moi, il y a un avenir pour le sport auto en France. Cependant, il faut certainement revoir quelques fondamentaux. Actuellement, la France est intéressée par les roulages clubs et moins par les compétitions sur circuit.”
Le Hugues de Chaunac promoteur va donc reprendre son bâton de pèlerin pour faire évoluer les choses ?
“Je suis à la fois motivé et volontariste, mais ce n’est pas facile d’avancer. Si nous avions 9 autos ici à Nogaro, on peut espérer en avoir plus à Lédenon pour le deuxième meeting. La pause doit permettre de laisser plus de temps aux équipes pour travailler et nous rejoindre.”