Pour Hugues de Chaunac, la semaine écoulée a été pour le moins chargée. Entre Essais Officiels de l’European Le Mans Series et Prologue FIA WEC, le patron du Groupe ORECA a eu des journées bien remplies. L’année 2015 est importante pour le constructeur varois qui fait débuter sa ORECA 05. L’antenne ouverte à Charlotte doit aussi permettre de s’implanter sur le continent américain.
Que retenir des débuts de la ORECA 05 ?
« Avant d’arriver aux essais, la 05 n’avait pris part qu’à une grosse journée de déverminage avec Stéphane Sarrazin. C’est toujours important d’avoir les premières impressions du pilote quand on fait rouler une nouvelle auto. Thiriet by TDS Racing a très bien roulé lors des deux journées réservées à l’ELMS avant que KCMG ne prenne le relais pour le FIA WEC. Les pilotes ont tous souligné le côté « facile » de l’auto. La ORECA 05 est bien équilibrée et efficace. Il reste maintenant à la mettre au point pour qu’elle puisse se battre pour la plus haute marche du podium. ORECA Technology a pu mettre dans la 05 toute son expertise de constructeur LMP. On a une vraie expertise dans ce domaine. »
L’intérêt pour la ORECA 05 est bien là ?
« Il y a un vrai intérêt pour la ORECA 05 mais il faut rester prudent. La qualité est importante à nos yeux. Pour 2016, des discussions sont en cours des deux côtés de l’Atlantique. »
Quel est votre avis sur l’arrivée d’un moteur unique en LMP2 à l’horizon 2017 ?
« Il convient de préciser que le moteur unique n’est pas prévu aux Etats-Unis. Il y a les « pour » et les « contre ». Tout est une question de coût. Le moteur unique est le propre d’une catégorie monotype et il y a ceux qui veulent garder une certaine diversité. Je respecte les deux avis. La FIA et l’ACO se sont posées la question de savoir comment réduire les coûts. Cette réflexion est une bonne chose et très louable. Il faut que le business plan soit économiquement viable pour les constructeurs. Un moteur pourrait faire 12 000 km sans problème. S’il n’y a pas de compétition, on sait le faire. Il y aussi une formule leasing à étudier. C’est l’un des arguments de réflexion. Il faut absolument éviter à faire une LM P2 sans contrôle des coûts. On a vu des constructeurs venir deux ans et repartir. Si demain ORECA décide d’aligner directement une LM P2, on peut venir, tout gagner et repartir. On pourrait trouver un partenaire pour cet engagement mais il faut éviter qu’un team usine vienne rouler. On pourrait tout gagner car on maîtrise la discipline. »
L’avenir de la catégorie Prototype Challenge est connu ?
« Les autos actuelles sont éligibles jusqu’à fin 2016. La catégorie a fonctionné aux Etats-Unis car les ORECA-FLM09 peuvent disputer les 24 Heures de Daytona, les 12 Heures de Sebring et le Petit Le Mans. En Europe, il n’était pas question de prendre part aux 24 Heures du Mans. Si tel avait été le cas, on aurait eu dix autos au départ. »
La course montre est engagée pour modifier les Rebellion R-One…
« Le timing joue en notre défaveur. Les R-One seront prêtes avant Le Mans. La décision du changement de motoriste s’est prise assez tardivement. Il y a eu une grosse étude en amont. Mettre un moteur turbo demande beaucoup de modifications car cela pose des problèmes de refroidissement. »
On pourrait voir d’autres R-One à l’avenir ?
« Il faut attendre de voir ce que va donner la catégorie LM P1 réservées aux équipes privées. »
Est-ce possible de voir un team privé faire rouler une LM P1 hybride ?
« Faire rouler une LM P1 hybride demande beaucoup trop de moyens pour une équipe privée. Je pense que c’était encore possible d’exploiter une LM P1 du temps de Peugeot mais je ne crois pas que ce soit encore possible de nos jours. Si quelqu’un signe le chèque, nous en serions capables car nous avons déjà exploité une telle auto. Dans le cas contraire, je ne pense pas que ce soit du domaine du réalisable. »