L’histoire entre Michelin et le Japon ne date pas d’hier. C’est d’ailleurs un Français qui préside aux activités de Michelin Japon-Corée. Après une interruption de quelques années, le pneumaticien clermontois a fait un retour pour le moins remarqué en SUPER GT en raflant deux titres consécutifs dans la catégorie reine, qui plus est avec une équipe privée. En arrivant à Motegi pour l’ultime round, deux équipes roulant en Michelin pouvaient être titrées en GT500 et le seul team roulant Bibendum en GT300 pouvait aussi l’emporter. Si les gommes roulant en SUPER GT sont conçues par la manufacture basée à Clermont-Ferrand, le staff présent sur le terrain est bien japonais, à l’instar de Hiroaki Odashima, Motorsports Manager de Michelin Compétition Japon.
Quelles sont les activités de Michelin Compétition au Japon ?
« Le programme SUPER GT constitue le plus gros de nos activités même si nous sommes présents en Porsche Cup Japan. De deux personnes au tout début de la présence de Michelin au Japon avec le Superbike japonais, nous sommes maintenant neuf. Au fil des années, nous avons changé de stratégie. Au milieu des années 90, nous équipions deux Toyota en Supertourisme, dont une pour un certain Tom Kristensen. En huit ans, nous avons remporté le championnat à cinq reprises, soit de 1994 à 1998. C’est la première fois que nous avons battu Bridgestone sur ses terres. »
Il y a ensuite eu les débuts en GT. C’était une volonté du groupe ?
« Oui car nous avons vite compris l’importance de ce qui s’appelait le JGTC. Nous avons équipé les trois Toyota du Team Tom’s en remportant le titre Equipes. Il y a eu ensuite une période de disette où Bridgestone était très fort. Nous avons mis un terme à notre implication car nous étions présents sur beaucoup de championnats à cette époque. Il a fallu faire des choix. Puis nous sommes revenus en 2009 en équipant la Nissan/Hasemi. Dès notre retour, nous avons remporté deux courses. Il a fallu nous adapter à une multitude de paramètres, dont une température de piste en constante évolution. On se doit de couvrir toutes les conditions. Il y a cinq manufacturiers différents, ce qui représente une remise en question permanente. »
Le SUPER GT est un vrai laboratoire pour Michelin ?
« Lorsque l’on est revenu, Bridgestone a vraiment mis beaucoup de moyens. Pour eux, notre présence a représenté un challenge et le notre était de les battre. Nous avons dû nous adapter à des pneus qui ont changé de dimension. C’est ce que l’on retrouve en FIA WEC sur les GTE. On aime ce genre de challenge. Le SUPER GT est pour nous un vrai défi technologique. Les équipes peuvent passer deux trains en une heure et cette règle nous satisfait. Cela limite le coût. Même avec cela, on peut avoir cette guerre entre les différents manufacturiers. Durant la saison, il y a quatre séances d’essais officiels plus deux réservées aux tests de pneumatiques. »
