Repris fin 2012 par Le Mans Endurance Management, l’European Le Mans Series entame sa troisième saison du renouveau avec une trentaine de concurrents. Si le calendrier 2015 fait dans la stabilité avec des manches de quatre heures, deux grosses nouveautés sont programmées avec l’arrivée des LM P3 et Dunlop en tant que manufacturier unique en GT. Avant le coup d’envoi du championnat dans quelques semaines à Silverstone, Gérard Neveu a fait le point avec nous sur le championnat européen tout en évoquant le futur du LM P2, sujet de bien des discussions actuellement au sein du paddock.
Le promoteur de l’European Le Mans Series est un homme heureux ?
« Nous avons stabilisé le plateau 2014. Avoir 34 autos est un bon chiffre sachant qu’il y a moins de GT mais plus de LM P2. Il faut que le GT trouve sa place. La BOP a été sujette à polémique l’an dernier mais je suis persuadé qu’il y a un vrai avenir pour le GTC. Il faut que les deux catégories GT trouvent un vrai épanouissement. Tout doit s’inscrire dans le temps. On constate qu’il y a plus de diversité cette année en GTC. La catégorie LM P2 est toujours en plein essor et on ne peut que s’en féliciter. »
La nouveauté est l’arrivée des LM P3. La confiance est de mise ?
« Ginetta-Juno est prêt avant les autres. Cela relève du miracle de voir la voiture ici moins d’un an après le lancement de la catégorie. Au Paul Ricard, le roulage s’apparente plus à un déverminage. D’autres constructeurs doivent arriver en cours de saison. 2015 est une année d’installation de la catégorie. Les ventes des Ginetta-Juno sont au-delà des espérances du constructeur. La catégorie LM P3 est le parfait compromis pour entrer en prototype. L’auto est belle et elle rentre dans les critères économiques. Il y a un vrai business plan. C’est vraiment la porte d’entrée vers le LM P2. Il faut aussi trouver l’équilibre entre les différentes catégories. Le LM P3 est promis à un bel avenir comme l’est le LM P2 qui ne s’est jamais aussi bien porté. »
Justement, la nouvelle réglementation LM P2 fait beaucoup parler…
« Notre travail est de fournir la meilleure plate-forme possible. Les « régulateurs » travaillent en ce sens. Les craintes vont faire pschitt. Il y a juste un mauvais timing entre les discussions et la communication. Le groupe de travail a été mis en place il y a un an et les différentes parties se sont mises autour d’une table pour donner le meilleur avenir possible à la catégorie. Les discussions arrivent quasiment au bout. Le calendrier du Conseil Mondial de la FIA a fait que l’annonce du moteur unique a été rendu public. Est-ce que vous pensez que nous sommes assez stupide pour aller à l’encontre de quelque chose qui fonctionne ? On se doit de veiller au bien être des constructeurs et des équipes. Il va y avoir une réunion dans les prochains jours et il ne faut pas compter sur moi pour anticiper la communication. Chaque chose en son temps mais il n’y a aucun sujet de panique. Il faut juste une vraie harmonisation des championnats. Une présentation détaillée sera faite en temps voulu. Le jour où les gens sauront, ils comprendront. Pour ce qui est du moteur unique, on dénombrait combien de moteurs à Estoril l’an passé lors de la finale ELMS ? Tout ce qui est mis en place l’est dans l’intérêt des différentes parties. Quatre équipes ont bataillé jusqu’à la dernière course en 2014 et cela n’a pas ôté un magnifique spectacle. Il y a un temps pour la réflexion, un pour la discussion et un pour la communication. »
2016 est déjà en préparation ?
« Il faut tenir compte du contexte économique qui est encore fragile. Beaucoup de facteurs entrent en compte. On commence déjà à préparer 2016. Il faut être attentif à ce que la majorité des teams souhaitent. Lorsque chaque série continentale aura un lien avec le règlement, les choses pourront peut-être évoluer. Plusieurs équipes présentes en ELMS sont passées en FIA WEC, aussi bien en P2 qu’en GTE. C’était la vision de départ. »
Vous étiez présent à Miami pour le meeting de Formula E. A quand une course d’endurance en ville ?
« L’idée est géniale mais il faut rester réaliste. On se verrait bien aller dans certaines villes. Cependant, il y a ce qui est génial et ce qui est possible. A ce jour, il n’y a rien de sérieux. La Formula E est un vrai show d’entertainement. Le concept est innovant. Nous travaillons avec l’organisateur pour éviter tout clash de date. Ce n’est pas pour rien que plusieurs pilotes roulant en FIA WEC sont aussi présents en Formula E. »
La prolongation des relations avec l’IMSA est une bonne chose ?
« Les deux premières années ont permis aux deux parties de prendre ses marques. Les bases sont maintenant solides. Le calendrier est cohérent avec des règles techniques identiques. C’est une vraie satisfaction. Les gens ne voient que la face apparente de l’iceberg avec la poignée de main avec Scott Atherton. Il faut que les différents constructeurs puissent se retrouver dans les différents championnats. La passerelle existait déjà dans le passé mais elle est maintenant renforcée. J’étais à Sebring le week-end dernier. Cet endroit est magique. Ce serait génial d’y retourner mais ce n’est pas possible pour le moment. Le circuit ne peut y accueillir qu’une seule série continentale. »