Si Porsche a connu une belle première partie de saison FIA WEC en LM P1 avec une victoire aux 24 Heures du Mans, le bilan à mi-saison est un peu plus contrasté en GTE-Pro avec aucun succès au compteur des deux 911 RSR du Porsche Team Manthey et des autos en souffrance dans la Sarthe. Le petit réajustement de 10 kg en moins devrait permettre de renouer avec le haut de tableau face à Ferrari et Aston Martin. Par chance, aucune des trois marques en lice n’a pris la poudre d’escampette au championnat si bien que tout reste ouvert.
A l’heure d’aborder la rentrée sur le Nürburgring, Fred Mako compte bien retrouver le podium sur la #92 qu’il partage avec Patrick Pilet. Avec un handicap de 37 points à combler sur Bruni/Vilander, le néo-Montpelliérain a conscience de l’importance du meeting allemand sur les terres de Porsche et d’Olaf Manthey.
Quel est l’état d’esprit avant d’aborder la seconde partie de saison ?
“Tout est prêt pour attaquer la rentrée après un début de saison pas évident. Il faudra être fort sur les manches restantes. L’avantage est que personne n’a vraiment creusé l’écart au championnat à cinq manches de la fin. Tout est encore ouvert contrairement à l’année passée où Ferrari avait fait le trou après Le Mans. Le Nürburgring va permettre de voir où nous en sommes pour la suite du championnat. Pour toute l’équipe, c’est important de briller ce week-end car Porsche et Manthey jouent à domicile. C’est la deuxième course la plus importante de l’année après Le Mans.”
Le réajustement avec 10 kg en moins va jouer un rôle important ?
“Tout coup de boost est bon à prendre et on espère que cela va nous permettre d’être au même niveau que la concurrence. Le danger principal vient de Ferrari car ils ont toujours été de redoutables adversaires. Cependant, 10 kg en moins ne va pas changer radicalement les choses. Cela va modifier quelque peu la répartition des masses.”
Le Nürburgring est un tracé que tu apprécies ?
“Je n’y ai plus roulé depuis 2012 et l’époque du World GT1 avec les GT3. C’est un endroit chargé d’histoire et pas seulement sur la Nordschleife. Tout respire le sport automobile, même sur la partie GP. Il suffit de faire un tour dans les environs du circuit pour comprendre que le sport auto y tient une place de choix. Le tracé n’est pas évident car il y a beaucoup de compromis à faire avec des parties lentes mais aussi rapides. De plus, la météo joue souvent un rôle crucial. Les conditions y sont rarement stables. Peu importe la météo, il faudra être en mesure de bien faire fonctionner les pneumatiques.”
Travailler avec Olaf Manthey représente quelque chose de particulier ?
“Olaf est un personnage fantastique. J’avais déjà beaucoup de respect pour lui quand je me battais contre son équipe. Il a une grosse expérience et c’est quelqu’un qui veut toujours gagner. Comme chez Porsche, il sait garder un côté familial et protecteur tout en étant difficile et rigoureux quand il le faut.”
Si jusqu’à présent la Porsche peine en FIA WEC, elle est à la fête de l’autre côté de l’Atlantique. Les autos sont identiques ?
“La 911 RSR “version américaine” est un peu plus légère avec des brides plus avantageuses. La version FIA WEC a moins d’aéro.”
Selon toi, la nouvelle réglementation GTE va dans le bon sens. On va voir des GTE plus typées GT1 de la grande époque ?
“En termes de châssis et de pneumatiques, on va s’en rapprocher. La charge aéro devrait être quasiment similaire. Intrinsèquement, on va s’en rapprocher mais les GTE n’ont pas de freins carbone, elles sont plus lourdes avec moins de puissance. Les nouvelles règles ont été pensées de façon intelligente avec une fenêtre de performance qui doit permettre d’avoir des autos plus proches au niveau performance. Jusqu’à présent, développer une GTE demandait beaucoup de moyens. Ce nouveau règlement doit permettre l’arrivée de nouveaux constructeurs.”
Porsche met beaucoup de moyens pour revenir au premier plan en GT3 ?
“Les essais de la 991 GT3-R ont débuté il y a plusieurs mois. Porsche veut revenir en GT3 et faire les choses du mieux possible. Il y a beaucoup d’attente du côté des clients. La nouvelle auto sera un grand pas en avant.”
Un mot sur la disparition de Guy Ligier dont tu étais très proche ?
“Son décès est une grande perte pour le sport automobile et pour moi. Guy a toujours cru en moi avec la Ligier CN. A 85 ans, il était toujours très actif dans la région de Magny-Cours. Je garde le souvenir de nombreuses soirées à passer à refaire le monde. Sa disparition est un gros manque. Il faisait partie de ma famille. Lorsqu’il a repris le CN après la Formule 1, il est reparti au combat avec la même hargne et la même envie de gagner. C’était comme un recommencement en sport automobile. J’ai disputé une course sur une Ligier avec le team Griffith’s. J’ai décroché la pole avant d’être convié pour une séance d’essais à Magny-Cours pour Ligier. Finalement, j’ai roulé pour Guy de 2006 à 2012 avec beaucoup de développement et de kilomètres bouclés chaque année. Je garde un grand souvenir de cette époque. Le plus important pour Guy, c’était la performance…”



