Arrivé sur le tard en sport automobile, François Perrodo n’en finit plus de progresser au fil des saisons. Entre VdeV Endurance Series, meetings historiques, Blancpain Endurance Series, European Le Mans Series et Championnat du Monde d’Endurance de la FIA, le Breton a été de toutes les campagnes en très peu de temps. Sa saison 2015 s’est terminée par une place de Vice-Champion du Monde d’Endurance GTE-Am (Trophée Endurance FIA des Pilotes GT AM) en compagnie de son pote et mentor Manu Collard sur une Ferrari alignée par AF Corse (Rui Aguas était absent à Bahrain). Sacré Gentleman Driver de l’année 2015 en FIA WEC, François Perrodo fait partie de ces gentleman qui ont su cumuler un emploi professionnel chargé et un rôle de pilote à part entière. Retour sur une saison 2015 bien animée avec aucun abandon pour la #83…
Que retenir de cette deuxième année en FIA WEC ?
“Tout simplement qu’elle a été exceptionnelle. La dernière course à Bahrain a tout de même été un peu décevante car je n’étais dans le bon rythme. Nous avons sécurisé la place de vice-champion, ce qui était l’objectif avant cette finale. Notre retard avec la Ferrari/SMP Racing était trop important et toutes les cartes n’étaient pas entre nos mains. Si on m’avait proposé ce résultat en début de saison, j’aurais signé de suite. Manquer le podium au Mans nous a fait perdre de gros points dans l’optique du championnat. C’est cela aussi le sport automobile.”
Pourtant, le début d’année a été compliqué…
“J’ai vécu des 24 Heures de Daytona cauchemardesques avec une sortie de piste. J’ai voulu bien faire en ne roulant qu’avec des professionnels. Je me suis demandé ce que je faisais là car la pression était importante. Manu a une fois de plus été top en m’aidant à passer à autre chose, ce qui m’a permis d’attaquer le FIA WEC à Silverstone d’une façon plus sereine.”
Recevoir la récompense de Gentleman de l’Année est une surprise ?
“C’était pour moi une grosse surprise. Je succède à Julien Canal qui un an plus tard s’est offert la couronne mondiale en LM P2. Ce n’est pas un petit prix. Je suis vraiment honoré et surpris de cette récompense. Le FIA WEC est le championnat phare et je sais bien que sur la piste je peux encore faire mieux pour jouer à armes égales avec les Paul Dalla Lana ou Alexey Basov.”
Disputer un programme unique était la bonne solution ?
“J’ai juste rajouté les 24 Heures du Paul Ricard où nous avons terminé sur le podium de la catégorie. Disputer dix courses est suffisant surtout que la deuxième partie de saison est compliquée sur le plan des déplacements car cela prend beaucoup de temps. J’ai découvert le FIA WEC l’an passé et je suis bien calé.”
L’objectif est de revenir en 2016 pour décrocher le titre ?
“C’est ce à quoi je m’emploie. J’espère bien pouvoir rouler à nouveau avec Manu sur une Ferrari. AF Corse est à l’image du championnat avec une équipe ultra professionnelle dans une ambiance familiale. C’est surprenant de voir une telle usine à échelle humaine. La Ferrari 458 GTE est une très bonne auto mais je peux encore progresser à son volant. C’est un gros avantage de rouler avec Manu qui est devenu un ami mais qui n’hésite pas à être dur quand il le faut. Les discussions sont formatrices. Je travaille à finaliser le programme 2016 et faire des essais durant l’hiver.”
Tu sens que tu peux encore progresser ?
“J’ai encore des progrès à faire sur la gestion de la dégradation des pneumatiques et être encore mieux en pneus neufs durant les qualifications. Je suis de mieux en mieux sur la façon de faire un bon tour qualif’. Cependant, je mets encore du temps à me mettre dans le bon rythme car je suis trop précautionneux. Je n’ai pas fait le moindre tête à queue en FIA WEC cette saison.”
A quand un roulage en prototype ?
“Pour 2016, l’objectif est bien de poursuivre en GT pour en tirer le maximum. Ensuite, pourquoi pas faire un test en LM P2 ou LM P3. Je ne suis pas pressé mais je regarde…”


