Depuis la fin de la Formula Superleague, Franck Perera a rongé son frein en attendant un éventuel retour à la compétition automobile. Pilote soutenu par Toyota depuis l’époque du karting, le Montpelliérain a tutoyé les hautes sphères de la monoplace jusqu’à la Formule 1 où il a limé le bitume en essais privés. Après une expérience infructueuse en GP2 en 2006, il s’exile aux Etats-Unis en Champ Car Atlantic où il décroche trois victoires et le titre de rookie de l’année 2007. Place ensuite à l’IndyCar Series chez Conquest Racing avec de belles performances à la clé. Faute de budget, l’aventure américaine se termine plus tôt que prévu.
Après un break d’un an, son salut vient de son ami Philippe Alméras qui le fait débuter en GT. Même s’il ne s’est pas fait un nom en Formule 1 alors qu’il s’est battu contre les Hamilton et Vettel, Franck Perera n’a pas mis longtemps à trouver ses marques en GT chez Pro GT by Alméras. Discret, rapide, Franck Perera est ravi de rebondir en GT. On le verra cette saison en Blancpain Endurance Series et European Le Mans Series, à chaque fois avec son compère Eric Dermont. Une belle complicité est née entre les deux coéquipiers, avec un objectif commun qui se nomme Le Mans. Entretien avec un trentenaire qui a tout l’avenir devant lui…
Après un mix Sprint/Endurance, tu vas t’atteler à deux programmes typés endurance cette saison. Une discipline que tu apprécies ?
« Les deux programmes du Pro GT by Alméras sont importants. Le championnat Blancpain Endurance Series est la continuité du travail débuté en 2013 : même auto, même team, même coéquipier. Tout est en place pour bien figurer dans une série qui s’annonce relevée. Il faudra rester en dehors des soucis techniques et faire un maximum de Top 5. Pour le team, l’ELMS est un nouveau challenge où nous allons retrouver les gommes Michelin. Ce projet a pour but d’aller au Mans. Ce championnat est nouveau pour toute l’équipe.
Pour être franc, je n’étais pas attiré par l’Endurance. J’ai un cursus monoplace et comme tout le monde, j’ai longtemps rêvé de Formule 1. La page monoplace est tournée. J’ai appris et découvert l’Endurance et le GT. J’ai appris à avoir envie d’aller au Mans. Je me suis vraiment bien éclaté aux 24 Heures de Spa. C’est une vraie course à faire, qui est totalement différente du sprint. »
Les 24 Heures du Mans restent le prochain objectif ?
« C’est le projet du Pro GT by Alméras et d’Eric Dermont avec qui je me sens très bien. Je suis conscient de la chance que j’ai. C’est un vrai projet commun de faire Le Mans tous ensemble. Tout prend forme petit à petit. Il va falloir rouler parmi les prototypes en ELMS, ce qui va être nouveau. Le plateau s’annonce relevé et rien n’est gagné d’avance. »
Pour toi, rouler en GT n’est pas un plan B ?
« Absolument pas ! Je suis ravi de disputer ces deux programmes. Je roule contre des Giorgio Pantano ou Alvaro Parente, avec qui j’ai croisé le fer en GP2. L’Endurance et le monde du GT offrent beaucoup de possibilités. Le Pro-Am est très intéressant. Il faut être conscient de la chance que l’on a. J’espère que la Porsche ne sera pas trop pénalisée sachant que les 911 GT3-R ne seront pas très nombreuses cette saison. La confiance est de mise sur les deux championnats. L’année passée, nous étions bien là en termes de performance pure. »
Avec Eric Dermont, vous formez un tandem Pro-Am parfait. Sa marge de progression est encore importante ?
« Nous sommes ensemble depuis un an. Ses projets ont pris forme petit à petit. Nous nous sommes de suite compris et l’entente est parfaite. Eric a encore une belle marge de progression. Aller au Mans est tout à fait réalisable pour lui. Les GT deviennent de plus en plus physiques pour les gentlemen qui ont un métier la semaine. Nous pilotes professionnels, c’est notre quotidien. »