Le Championnat de France GT fait neuve cette année suite à l’arrivée des LM P3 au sein des meetings GT Tour. On ne parlera plus uniquement de GT mais bien en complément d’un Championnat de France Prototypes. Si les courses seront communes, les classements seront bien distincts sur les six étapes GT Tour qui passeront par Nogaro, Lédenon, Magny-Cours, Le Mans, Imola et Paul Ricard où Marrakech ne fait finalement pas partie du calendrier. Le format des meetings évolue aussi en conséquence. Exit les deux manches d’1h30 vues en 2015 pour laisser place à trois meetings comprenant une course de 2h45 le samedi et une d’1h30 le dimanche à Lédenon, Magny-Cours et Paul Ricard. Nogaro, Le Mans et Imola auront droit à une course de 2h et une d’1h30.
Les meetings se dérouleront sur 2 jours et demi. La série fait dans la stabilité sur le prix de l’engagement à l’année avec en prime un train de pneus offert et des primes de 50 000 euros à distribuer en fin d’année. Du côté des équipages, la FFSA a ajusté la catégorisation FIA des pilotes. Sont autorisés : Gold/Silver/Bronze, Gold/Bronze/Bronze, Silver/Silver/Bronze, Bronze/Bronze/Bronze, Gold/Bronze, Bronze/Bronze. A deux mois du coup d’envoi d’une saison 2016 primordiale, Olivier Loisy (manager général du championnat), fait le point sur les changements hivernaux.
Pourquoi avoir opéré ce changement de format après seulement un an ?
« Ce nouveau format fait suite aux différentes remarques des teams et des pilotes. Le format sprint ne fonctionnait pas de manière optimale. Son épanouissement était moins facile que les courses longues. Les pilotes, qui sont nos clients, ont émis des réserves sur les courses sprint et nous avons décidé de changer notre fusil d’épaule. Le GT Tour passe à une nouvelle étape qui comprend une course d’endurance le samedi et sprint le dimanche. Le coût de la saison ne sera pas plus élevé du fait d’un retour à six meetings au lieu de sept. L’impact sera bénéfique pour les équipes. »
Pourquoi 2h45 et pas 3h ?
« On ne peut pas nier que ce format est assez inhabituel. Il a fait les beaux jours de l’American Le Mans Series avec des courses très animées. Nous étions partis sur trois courses d’une heure, mais ce format a finalement été décidé. Je tiens d’ailleurs à remercier le travail fourni par la FFSA sous la direction de Dominique Roger (président de la Commission Championnat de France des Circuits). »
Le fait de séparer GT et LM P3 sur les classements reste d’actualité ?
« Il n’y aura pas de classement scratch ou combiné. Les deux championnats seront traités d’une façon équitable avec un podium spécifique pour les deux. La volonté est que chaque championnat puisse vivre sa vie. Des pilotes n’envisagent pas de rouler en GT et d’autres ne veulent pas entendre parler de prototype. »
Marrakech n’est plus au programme ?
« Les équipes ont souhaité avoir plus de temps de roulage sur les meetings classiques. Il fallait aussi surveiller que les budgets n’augmentent pas et aller à Marrakech aurait forcément demander une rallonge budgétaire. De plus, la date prévue était proche de la Blancpain Endurance Series à Silverstone et l’European Le Mans Series à Imola. On a bien conscience que le Championnat de France doit rester au maximum en France même si par tradition on n’hésite pas à aller à l’étranger et on ne se refuse rien pour le futur. »
La surprise du calendrier reste l’absence du Val de Vienne…
« C’est le même syndrome que les Coupes de Pâques de Nogaro où nous revenons cette année. Les deux font partie des tracés majeurs en France. Nous avons échangé avec le circuit et alerté sur certains sujets. Je tiens à préciser que ce n’est pas contre le circuit, mais plus une demande des teams. Jack Leconte a fait beaucoup pour que le circuit soit bon. Cependant, les teams et pilotes n’éprouvent pas l’envie d’y aller d’une façon spontanée. Rien n’est exclu pour l’avenir et je le rappelle, ce n’est pas le procès du Val de Vienne. »
L’intérêt pour le GT3 est toujours là ?
« Beaucoup de GT3 sont dans les garages et la volonté de rouler est bien présente même si à ce jour, je ne peux pas donner le nombre d’autos qui rouleront. Il faut bien dissocier l’engouement du prototype et la matérialisation des programmes. Nous proposons bien deux alternatives complémentaires pour faire du sport automobile. Cela reste assez compliqué pour les équipes possédant d’anciennes GT de rouler sur la scène internationale. Le championnat national est essentiellement fait pour les anciennes GT3. Les faits montrent que les nouvelles autos ne seront pas nombreuses en France cette année. »
Une Balance de Performance sera mise en place ?
« Le règlement stipule bien qu’il y aura une fenêtre de performance afin d’avoir le meilleur équilibre possible. Il faut permettre à ceux qui n’ont pas de nouvelles autos de pouvoir s’illustrer. Nous utiliserons la BOP FIA adaptée par la FFSA. Il ne faut pas désavantager des autos qui seront majoritaires dans le championnat et sauvegarder l’intérêt de ces teams. »
N’était-ce pas le bon moment pour mettre un terme à la présence des GT3 et se concentrer sur un vrai Championnat de France Prototypes réunissant LM P3 et CN ?
« Il subsiste une incompatibilité technique et ce n’est pas simple de les mettre en opposition. En revanche, il y a une vraie cohérence à faire cohabiter GT3/LM P3. Pour ce qui est de l’avenir, c’est le marché qui décidera quelle orientation il faudra prendre. Dans le passé, on a bien eu des GT1 qui venaient des 24 Heures du Mans. »
Il y avait une logique à mettre en place une passerelle avec l’ELMS ?
« C’est un atout supplémentaire car l’ELMS est avant tout un championnat mis en place par l’ACO, donc une organisation française. C’était donc logique et naturel d’être adossé à ce championnat. Nous avons eu des réflexions communes pour que les deux championnats puissent se développer d’une façon autonome. Pour les teams, c’est un vrai plus. C’est aussi une façon de capter une clientèle GT3 avec la possibilité de rouler en ouverture des 24 Heures du Mans. »
La Renault Sport R.S.01 reste homologuée en France ?
« Nous avons tenté une approche lors de la finale 2015 au Paul Ricard et les débuts ont été concluants. L’intérêt pour la R.S.01 est bien là. Renault Sport compte mettre en place un classement spécifique en interne avec la distribution de primes. C’est aussi une belle opportunité pour nous d’accueillir une auto typée GT. Quant à l’Open Challenge, il reste lui aussi d’actualité avec les Ferrari Challenge, Porsche Cup, Lamborghini Gallardo Super Trofeo et Huracan Super Trofeo. »
On peut voir des équipes étrangères sur la saison complète ?
« Ce sera certainement plus le cas pour les LM P3 que pour les GT3. Les solutions pour faire rouler des LM P3 sont moins nombreuses mais c’est un peu tôt pour annoncer quoi que ce soit. »
L’arrivée des primes est aussi un plus ?
« C’est un début. On aimerait toujours que ce soit plus. C’est un premier effort et quelque chose de nouveau au sein du Championnat de France GT. C’est une petite bouffée d’oxygène et un facteur intéressant à la recherche de performance. »
Pourquoi ne pas avoir conservé la catégorisation de pilotes mise en place par la FIA ?
« Ce n’est pas un problème de classer un pilote mais la particularité d’un championnat national n’est pas que de faire rouler des pilotes qui ont un statut international. En France, les besoins ne sont pas les mêmes que sur une série internationale. Bien sûr, il reste toujours quelques cas épineux. Il y a une volonté de suivre la liste FIA avec tout de même quelques exceptions mais c’est une nécessité pour nous de ne pas suivre à la lettre la liste FIA afin de ne pas être trop restrictif. A titre d’exemple, Olivier Panis est Platinum pour la FIA et Gold en FFSA. On ne détient pas la vérité mais on met en place quelque chose de cohérent par rapport aux besoins du Championnat de France. »
On peut s’attendre à voir combien de concurrents ?
« Avoir entre 20 et 25 autos me semble quelque chose de cohérent et on espère y arriver. Les premiers indicateurs nous disent que l’on peut réussir. Arriver au moins à 20 fait partie des objectifs. »
Maintenir les coûts a été au centre des discussions ?
« Le Championnat de France reste la solution la plus accessible pour faire du GT et du prototype. Le prix de l’engagement à l’année reste stable et même inférieur à ce qu’il a été. Rouler à deux reste possible car on a des pilotes qui souhaitent rouler le plus possible. »





