Une nouvelle série GT vient d’être annoncée au Japon pour 2014 : la Super Car Race Series. Il s’agit d’une série de douze courses d’une heure sur six week-ends sur les circuits japonais, réservée aux GT en trois catégories : GT3, GT4 et voitures de coupes monomarques.
L’initiative vient d’Hironori Takeuchi, personnalité bien connue du sport auto japonais et pilier du SUPER GT. Longtemps pilote du team CERUMO avec lequel il a couru en GT500, devenant champion en 2001, puis en GT300, il s’est ensuite consacré à partir de 2007 à la création de son écurie, le team Shift, avant de revenir au volant depuis la saison dernière en Super GT au volant d’une Mercedes SLS AMG GT3. En parallèle il a également participé durant de nombreuses années à la série Super Taikyu qui accueille également des GT3. Pierre-Laurent Ribault, connu au sein des paddocks du SUPER GT, a questionné Hironori Takeuchi pour Endurance-Info.
Il y a déjà plusieurs séries au Japon qui acceptent les GT : le SUPER GT en catégorie GT300, le Super Taikyu, alors pourquoi une nouvelle série ?
« Les séries existantes ne sont pas 100% idéales pour les GT. Le SUPER GT est principalement axé sur le GT500 pour les constructeurs japonais, et même en GT300, les constructeurs locaux avec le règlement JAF GT dominent le plus souvent. En Super Taikyu, il y a cinq classes différentes avec un différentiel de vitesse considérable entre les GT et les petites classes, qui peut aller jusqu’à 110 km/h. C’est difficile, voire dangereux. L’idée de la Supercar Race Series est de proposer une série homogène, réservée aux GT, sur le modèle de ce qui existe en Europe. Il y a pas mal de ces autos et d’amateurs au Japon, et au-delà en Asie. On peut imaginer proposer une série pour eux. Les GT3 sont idéales pour les gentlemen drivers, spectaculaires, puissantes, et sécurisantes avec les aides au pilotage. »
Votre calendrier est uniquement japonais, visez-vous seulement les teams locaux ?
« Pas seulement ! Nous sommes ouverts à tous ceux qui veulent venir participer. L’Europe et les Etats-Unis sont un peu loin sans doute, mais les écuries d’Asie sont les bienvenues. Nous voulons en particulier développer une bonne relation avec le GT Asia, qui aura deux dates au Japon en 2014. Nous serons très contents si leurs concurrents viennent dans notre série, et inversement. »
Vous courez en SUPER GT avec une GT3, comme pas mal d’autres écuries privées majeures au Japon. Jusqu’à présent, GT Association a été très stricte sur la limitation des essais privés. Est-ce que ça pose un problème pour la participation à cette nouvelle série ?
« GTA a effectivement des règles strictes en la matière. Même si les évolutions que l’on peut faire sur une GT3 sont très limitées, la raison principale de cette limitation est de contrôler l’escalade entre les manufacturiers de pneumatiques. Nous estimons être hors de cette problématique. La Supercar Race Series a un manufacturier unique (ndlr : Yokohama). De même, on peut imaginer également d’avoir des pilotes différents de ceux qui sont engagés sur la voiture en GT300. Nous avons soutenu ces arguments auprès de GTA pour leur demander de nous accorder une exemption. GTA devrait prendre sa décision sur ce point début janvier. »
Vous adressez-vous uniquement aux gentlemen drivers, ou acceptez vous les professionnels?
« La série se veut Pro Am. Il peut y avoir des équipages avec un amateur et un professionnel, mais pas deux professionnels ensemble. On peut également avoir un seul pilote amateur. Il y a un arrêt obligatoire par course dans tous les cas. »
Le calendrier prévisionnel n’a pas de date commune avec le SUPER GT ou le Super Taikyu, et comporte des courses d’une heure. C’est pour se démarquer ?
« Etant donné que nous pensons avoir des concurrents qui sont en parallèle en SUPER GT ou Super Taikyu, il est préférable d’avoir des dates séparées pour limiter leur charge de travail durant les week-ends de course. Pour la longueur des courses, la limitation à une heure correspond à une distance sans ravitaillement, ce qui permet une structure plus légère pour les écuries. Dans l’avenir on peut imaginer, en fonction de la volonté des concurrents, des courses plus longues. »
Vous venez d’annoncer la mise en place de la série, et les inscriptions commencent en janvier. Avez-vous déjà des participations fermes et des prévisions de participation ?
« A l’heure qu’il est nous avons déjà quatre voitures confirmées, et pas mal de contacts de concurrents intéressés. Nous espérons une vingtaine d’autos pour la première course le 13 avril à Motegi. »