En passant du LM P2 à une LM P1 de sa conception, le Strakka Racing relève le plus gros défi depuis sa création en 2007. Après avoir fait rouler différents châssis en LMP, le team britannique a développé la Strakka-Dome S103 en collaboration avec le constructeur nippon. Pour 2017, Strakka Racing va concevoir en interne une LM P1 non hybride. En attendant, une Gibson 015S va être alignée en FIA WEC. (In English)
« Lorsque l’ACO nous a informés que le nombre de constructeurs LM P2 serait limité, cela ne correspondait pas à notre modèle d’affaires » a indiqué Dan Walmsley, team principal, à Sportscar365. « Voilà ce qui a conduit à repenser notre stratégie sur le long terme. Nous avons mis en place des entités en interne dans la fabrication additive et les techniques de pointe, ce qui fait que nous avions besoin d’une plate-forme pour développer ce business mais aussi de poursuivre en tant qu’équipe de course. Nous voulons aller dans une arène où nous pouvons démontrer nos capacités. Nous pensons qu’il y a une bonne chance que cela se produise en LM P1 non hybride. »
Dan Walmsley a confié que l’équipe était maintenant au stade de la finalisation de ses partenaires techniques clés, tels que les fournisseurs du moteur et de la boîte de vitesses. Une série d’annonces devrait se faire d’ici la fin du mois prochain. Les essais sur la piste sont attendus pour l’après Le Mans 2016 avant des débuts en FIA WEC la saison suivante. Strakka Racing ne veut pas répéter les erreurs du passé avec le retard pris dans le programme Dome.
« Je pense que l’une des grandes leçons apprises sur le projet LM P2 est que le feu vert a été donné en octobre, soit l’année précédant la livraison de l’auto » a déclaré Walmsley. « Nous avons manqué la date de livraison pour une question de semaines, mais ces semaines ont fait qu’il y a eu un vrai rush. Pour finir, il nous a fallu 12 mois supplémentaires pour terminer le tout. Au cours de l’hiver 2013/2014, lorsque les règlements LM P1 et Formule 1 ont changé, l’impact a été important sur la capacité de fabrication pour contrôler le prix et la livraison de la Dome S103. Nous essayons donc de nous donner une meilleure amplitude au niveau de la fabrication à travers des périodes plus calmes en Angleterre, mais aussi de développer notre capacité en interne afin de contrôler la production de l’auto. » Strakka Racing travaillera avec des fournisseurs pour la partie composite mais la LM P1 sera conçue en interne avec l’utilisation de la nouvelle impression 3D. La Strakka-Dome S103 va servir de mulet.
Bien que le programme 2017 ne soit prévu qu’avec une seule auto dont le nom reste à être annoncé, Dan Walsmley n’exclut un effort plus important à l’avenir : « Je pense que le projet en lui-même est ambitieux. Par conséquent, nous voulons vraiment mettre l’accent sur le fait de produire quelque chose de correct. Est-ce que nous pourrions envisager de faire rouler une deuxième auto ? Absolument. Nous avons eu des discussions avec des gens qui pourraient être intéressés par cela, soit pour que l’on fasse rouler une voiture pour eux ou bien en acheter une. L’objectif pour moi au cours des prochains mois est de nous assurer que tout sera prêt pour que ce projet devienne réalité. »
Malgré un vrai manque de concurrents en LM P1 non hybride, Dan Walmsley se veut confiant sur l’avenir : « Je pense qu’avec les changements LM P2 en 2017, quelques équipes pourraient changer de direction. C’est une bonne place pour nous. Nous avons également senti qu’il y avait un avantage à faire l’annonce maintenant afin de signaler à tout le monde quelles sont nos intentions. Il ne reste plus qu’à espérer que d’autres personnes puissent venir avec nous afin d’avoir un bon plateau de LM P1 privées. »
Dan Walmsley espère bien voir six autos contre trois cette saison : « Nous voyons cela sur le long terme. Après avoir parlé à l’ACO, ils sont très respectueux des équipes privées qui ont toujours été là dans les périodes plus sombres. C’est probablement l’occasion de faire un peu d’architecture fondamentale entre les équipes. Par exemple, la monocoque pourrait être partagée, de même que la boîte de vitesses. Cela amènerait des coûts plus bas, ce qui rendrait le tout plus accessible à d’autres équipes. Nous devons attendre et voir. Nous pensons que la catégorie LM P1 non hybride est l’avenir et qu’elle va croître. Nous sommes vraiment enthousiastes à l’idée d’y aller. »


