Finaliste du Volant Elf Winfield en 1986, Christophe Lapierre a pourtant fait ses gammes sur l’asphalte des spéciales de rallye en décrochant un titre de Champion de France des Rallyes Nationaux 1992 au volant d’une BMW M3 GrA. Son destin s’est vite lié à la marque Porsche depuis qu’il dirige le Centre Porsche Montélimar. Après des débuts en Porsche Club Motorsport, Christophe Lapierre passe en Cayman Cup (titre en 2008) puis en Carrea Cup France. Vice-champion « B » 2011, il décroche le titre l’année suivante avant de récidiver en 2013. On le retrouve depuis deux saisons au sein du Sébastien Loeb Racing et c’est d’ailleurs avec un certain Sébastien Loeb qu’on l’a vu prendre part à l’ultime meeting du Championnat de France GT 2013 sur une McLaren MP4-12C. Entretien avec un pilote atypique dont la monture porte le numéro 911…
Le deuxième titre a été plus compliqué à décrocher ?
« En début de saison, l’objectif était de conserver le titre. Avec le décompte des points vu en 2013, il fallait être performant sur toute la saison. Sur le papier, mon principal adversaire était Oleksander Gaidai. Le meeting du Mugello a bien failli me coûter le titre, sans compter la touchette à Magny-Cours. Le niveau est encore monté d’un cran en 2013. J’ai remporté moins de courses. Il a fallu prendre moins de risques afin d’être le plus souvent possible à l’arrivée. Cependant, l’équipe m’a permis d’être serein.
Le niveau se resserre pour les positions de tête. Le championnat 2012 s’est dessiné plus vite qu’en 2013 où même en gagnant c’était plus compliqué. La pression était bien présente sur tous les meetings même s’il n’y a eu aucun souci sur le plan de la performance pure. »
Poursuivre avec le Sébastien Loeb Racing a été un avantage ?
« Le Sébastien Loeb Racing est un très bon team où l’ambiance y est exceptionnelle. Les rapports avec Seb, Dominique et les ingénieurs sont très bons. De plus, Jean-Pierre Béchu compte une solide expérience en Cup. Jean-Pierre est la valeur ajoutée de l’équipe. Toutes les dispositions sont réunies pour te concentrer sur le pilotage. On ne se pose pas de questions car nous avons les armes pour nous battre. »
Rouler au Paul Ricard avec un nonuple Champion du Monde WRC a été la cerise sur le gâteau ?
« On aurait pu faire le jackpot sans cette disqualification. Dans la course 1, nous pouvions aller chercher le podium. Je suis rentré P6 avant que Seb ne ressorte que P12. J’ai perdu du temps à le sangler. Dans la course 2, Seb m’a laissé le volant P3 et je suis parti en piste aux commandes mais en seulement deux ou trois tours, l’auto s’est dégradée, notamment dans le secteur 2. Je pensais avoir une crevaison mais ce n’était pas le cas. C’est tout de même frustrant car Henry Hassid est vite remonté sur moi. Malgré tout, cela reste une très belle expérience. »
Il est prévu de rééditer ce roulage en GT cette année ?
« L’idée est de refaire quelque chose avec Seb en fonction de son planning. Si le team avait fait le choix d’une Porsche en 2013, il était prévu que je roule en GT. C’est vraiment incroyable que d’avoir partagé mon volant avec Seb. Nous avons passé un très bon week-end même si on ne jouait pas le championnat. Il n’a pas manqué grand-chose pour que l’on gagne. »
La McLaren est difficile à prendre en mains ?
« Elle n’est pas si compliquée que cela. En sortant d’une Porsche 911 GT3 Cup, tout semble plus facile. J’ai la chance d’avoir roulé dans plusieurs disciplines et cela m’a bien aidé. En seulement dix tours à Navarra lors d’une séance d’essais, je n’étais pas très loin de Mike Parisy et d’Andi Zuber. Au Paul Ricard, j’étais à 0.1s de Laurent Pasquali en essais libres. La McLaren est très agréable à piloter sachant qu’elle a plus d’aéro que la Cup. L’ABS est tout bonnement une merveille. Il ne faut pas brusquer la MP4-12C. »
Quels sont tes plans pour cette saison 2014 ?
« L’objectif est de réaliser le triplé de rang en Porsche Carrera Cup France dans le championnat B, ce qui n’a jamais été fait. Je veux faire la passe de trois en 2014. C’est pour moi un beau challenge surtout que nous aurons tous une nouvelle auto. L’idée est de poursuivre avec le Sébastien Loeb Racing et il y a 99% de chance que cela se fasse. L’équipe est partie pour aligner quatre autos en Cup. Disputer une course en GT serait un plus. J’ai un parcours un peu atypique car j’ai été pilote professionnel en rallye à l’âge de 26 ans avant d’arrêter toute compétition durant 13 ans. Ce qui m’intéresse, c’est d’être performant dans une catégorie. Si je décroche un troisième en titre en Cup en fin d’année, pourquoi pas me tourner vers le GT avec le Sébastien Loeb Racing. J’ai à mon actif plusieurs courses de 24 heures, que ce soit à Daytona, Dubai ou Spa. Le Mans est un objectif mais rien n’est planifié pour le moment. Chaque année, la Porsche Carrera Cup France monte en volume et je vais me concentrer pleinement sur cet objectif. Il y a beaucoup de jeunes pilotes qui arrivent. Je vais aussi avoir la chance de rouler sur le grand circuit du Mans en ouverture des 24 Heures. J’avais déjà eu l’occasion de le faire en 2010 où j’avais connu un pépin dans le dernier tour. Il n’y aura pas de décompte pour le championnat, ce qui fait que tout le monde pourra pleinement s’exprimer. On va y aller pour gagner. »
Avec l’arrivée d’une nouvelle auto, tu t’attends à de gros changements sur le plan du pilotage ?
« Je pense qu’elle sera un peu moins brusque. A titre personnel, cela devrait me convenir. Le plus gros changement reste la boîte de vitesse. La nouvelle auto est plus large et plus longue. Elle sera un peu plus « molle » dans les serrés. Pour aller chercher les derniers dixièmes, il faudra être le plus coulé possible. »
