Outre son rôle de pilote officiel Porsche, Patrick Pilet aura le rôle de parrain du trophée Jeunes Pilotes Matmut dans le cadre de la Porsche Matmut Carrera Cup, en supervisant les jeunes pilotes dans l’approche de la série, le travail avec les ingénieurs ou encore les relations avec les médias. Son rôle ne s’arrêtera donc pas à la piste. « C’est pour moi un nouveau challenge » nous confie Patrick. « Ce rôle de parrain vient au bon moment, puisque Porsche fait la même chose en Allemagne avec Sascha Maassen. Cela fait maintenant cinq ans que je roule chez Porsche et je suis ravi de faire partager mon expérience. Je serai sur les meetings en fonction de mon emploi du temps en observant les pilotes et en leur donnant des conseils : comment se préparer à travailler avec un constructeur, être à 100% de son potentiel, les relations avec les partenaires, les ingénieurs ou les médias. »
L’arrivée du Gersois au sein de la marque allemande était voulu : « Pour moi c’était un tournant dans ma carrière, en sortant de la World Series by Renault et en passant à la Porsche Cup. C’est quelque chose que je n’ai pas subi car je le voulais. C’était soit la monoplace où tout semblait bouché, ou me réorienter. Je voulais être professionnel et vivre de ma passion. J’ai suivi la filière Renault et le Graff Racing m’a alors contacté. La Cup était un nouveau défi que j’étais prêt à relever. Je m’étais donné une année pour apprendre et une pour gagner. L’élément déclencheur a été mon titre dès la première saison. A cette époque, c’était encore les belles années avec beaucoup de pilotes A de référence. »
Tous les pilotes qui passent par la Porsche Matmut Carrera Cup ont le même avis en disant que lorsque l’on est doué en Cup, on l’est dans les autres séries : « La Porsche Cup est une auto bien spécifique à piloter. Elle demande une approche différente du pilotage. Avec une autre auto, c’est plus facile. Le poids est centré sur l’arrière. Il faut accélérer tôt et fort, ce qui n’est pas naturel. En venant de la monoplace, je n’avais pas un style de pilotage assez agressif. Cependant, je n’ai pas trop modifié mon pilotage, mais je l’ai juste adapté. »
A l’issue du titre décroché en 2007, l’objectif était l’étape supérieure : « Je souhaitais passer dans la foulée en Porsche Mobil 1 Supercup et j’ai donc pris contact avec Porsche. Ils m’ont invité à Sebring pour un test avec des pilots affûtés. Tout s’est bien déroulé et deux semaines plus tard, Marc Lieb a eu un problème dentaire, ce qui l’a obligé à manquer une course. J’ai donc été appelé au pied lever et j’ai signé mon contrat dans la foulée. Je suis arrivé à Sebring sans la moindre pression et je savais au fond de moi que j’avais tout donné et que je ne pouvais pas avoir le moindre regret. Je compte transmettre la même chose aux juniors avec mon rôle de parrain. Porsche France et ORECA souhaitent promouvoir les pilotes français chez Porsche et la démarche est un cheminement naturel. De plus le coaching m’a toujours plu. Je suis satisfait qu’ORECA m’ait choisi pour cela. »
Avec l’arrivée de Porsche en prototype en 2014, certains pilotes de la maison mère pourraient bien passer du GT au LMP1 : « Je souhaite rester chez Porsche le plus longtemps possible et je suis pleinement concentré sur mon travail actuel. Avoir des objectifs c’est bien, mais il faut se concentrer sur le moment présent. Il faut y aller étape par étape. » En attendant de prendre ses fonctions de parrain, Patrick fait son retour aux 12 Heures de Sebring où il épaule Marc Lieb et Richard Lietz sur la Porsche 911 GT3-RSR du Team Felbermayr-Proton.
Propos recueillis par Laurent Mercier