C’est désormais une tradition depuis maintenant 8 ans, la pause déjeuner du premier jour des Essais Officiels European Le Mans Series donne lieu à une conférence de presse. Exit les cadres luxueux du Grand Prix Hall ou du Mistral Hall pour revenir à un point presse plus convivial dans le média center. Patrick Peter, Promoteur de la série, s’attend à une nouvelle année de transition : « Nous avons débuté ici en 2004 et la série a grandi au fur et à mesure. Le championnat connaît un nouvel envol cette année, avec l’absence des LMP1. Pour nous, 2012 est à nouveau une année de transition. L’European Le Mans Series est un peu comme est la Ligue 2 en Football. C’est la filière idéale pour aller en Championnat du Monde d’Endurance. Il y a une série américaine et une européenne. Pour nous, l’Europe est notre terrain de jeu. Nous allons tout faire avoir le plus de passerelles possibles entre le Championnat du Monde d’Endurance et l’European Le Mans Series. »
La collaboration avec l’Automobile Club de l’Ouest reste intacte : « Nous aurons le même directeur de course qu’en WEC et nous travaillons en étroite collaboration avec le collège des commissaires. Chaque sujet est traité de la même manière. C’est nettement plus pratique pour l’interprétation du règlement. Les règlements techniques sont totalement identiques, avec seulement les stickers à changer sur les autos. Nous allons fouler de nouveaux circuits comme Zolder et Brno. Nous nous sommes donnés comme règle de ne pas suivre le WEC. Zolder est au menu vu que Spa est au programme du Championnat du Monde, et la République Tchèque a failli se faire à plusieurs reprises. C’était une volonté que d’aller à Brno et les équipes sont satisfaites de ce choix. Le format sportif ne change pas avec 6 heures de course et non 1000 km, ce qui est préférable sur le plan télévisuel. »
C’est d’ailleurs du côté de la télévision que Peter Auto a fourni un effort important : « La télévision fait partie des points incontournables pour progresser. C’est un investissement pour 2013 et plus. C’est très important pour que les teams puissent vendre le programme. Il y aura une production en live sur l’intégralité du championnat sur Motors TV, avec en parallèle un live streaming sur Dailymotion. Nous sommes en 2012 et il faut avoir une certaine dose d’inconscience pour un tel pari. C’est difficile aujourd’hui pour tous les organisateurs, les pilotes ou les équipes. C’est aussi compliqué d’avoir des courses de support. On y croit et on fait l’effort. Le WEC est un aboutissement, mais un seul championnat n’est pas suffisant. On le voit bien avec 30 autos alors qu’au Mans il y en aura 55. Il faut aller chercher les autres. Nous nous sommes interrogés en 2011 sur le fait d’accepter les LMP1 ou pas, et je pense que la bonne décision a été prise. Le WEC ne donnera pas accès au scratch pour les LMP2. Nous sommes juste un peu déçus pour les GTE où les concurrents ne sont pas assez nombreux. La crise est sensible en France, tout comme dans les autres pays. On espère faire venir des autos course/course. Les calendriers sont arrivés assez tard et il est prévu de donner un calendrier 2013 plus tôt dans l’année. 2012 est une année de positionnement et la confiance est de mise pour l’avenir, même si c’est compliqué. » Concernant les entrées d’office aux 24 Heures du Mans 2013, le promoteur est clair : « Il est prévu qu’au minimum les deux premiers de chaque catégorie éligible soient invités au Mans, ce qui fait six places garanties avec pour le reste une priorité absolue aux concurrents de l’ALMS et de l’ELMS. »
Vincent Beaumesnil, Directeur des Sports de l’ACO, rappelle pour sa part le total soutien de l’Automobile Club de l’Ouest à la série Le Mans : « L’implication de l’ACO est totale. C’est pour nous une série extrêmement importante et c’est la filière défendue par l’ACO, avant les sommets que sont le WEC et Le Mans. L’European Le Mans Series est le passage incontournable pour arriver à l’échelon supérieur. C’est aussi fait pour des teams en devenir. La qualité du plateau LMP2 est bien là, et il faut pérenniser la série. »
Propos recueillis par Laurent Mercier