Après une saison 2008 très réussie, Dominik Farnbacher a entamé l’année pied au plancher. Aux Etats-Unis, il a effectué un excellent début de championnat avec la Panoz Esperant, qui lui permet d’occuper le troisième rang du classement pilote. Mais le pilote allemand sera présent sur d’autres fronts, en Le Mans Series et aux 24 Heures du Mans, avec une Ferrari. De quoi afficher de grandes ambitions.
Dominik, nous avons l’habitude de te voir avec la Panoz du Team PTG en ALMS. Que nous vaut ta présence ce week-end sur la Ferrari Hankook-Farnbacher ?
« En fait, c’est très simple : je vais piloter cette voiture aux 24 Heures du Mans. Je serai notamment avec Allan Simonsen sur la Ferrari du team Hankook-Farnbacher. Il s’agit pour nous de faire uniquement des tests pneumatiques. Nous avons des nouvelles gommes et nous devons voir comment elles se comportent sur l’asphalte du Mans. Il nous faut valider à la fois le type de construction et les matériaux qui les composent. »
Tu es également sur la liste des engagés de Spa. Mais sur une autre Ferrari ?
« Oui, il s’agit d’une des deux F430 GTC FBR, que je partagerai avec Pierre Ehret et Anthony Beltoise. J’ai deux excellents coéquipiers ; la voiture est pour moi la meilleure du GT2 ; pour une fois, j’ai les Michelin, qui sont les meilleurs pneus ; et je suis dans le team de mon père. Tout est réuni pour gagner ! Et en plus, je vais faire le reste de la saison…»
Heureux de recourir en Europe ?
« Oui très content car cela fait un petit moment que je n’ai pas couru en Europe. La dernière fois, ce devait être aux 24 Heures de Spa en FIA-GT, avec AF Corse. Et encore, nous avions eu plusieurs problèmes. Revenir ici, au Mans, c’est vraiment sympa. J’adore être ici. »
Avec quel objectif aborderas-tu ta deuxième participation aux 24 Heures du Mans ?
« Je n’espère pas gagner… mais je ferai tout pour gagner ! Je pense que les pneus Hankook sont bien en performance pure. Sur un tour, ils nous permettent d’être un peu plus vites que les Michelin. Sur la durée, c’est plus compliqué. Cela étant, même s’ils sont un peu inférieurs aux Michelin, il reste assez constant. Et le tracé du Mans est si particulier qu’il peut y avoir des surprises. En 2006, avec les Yokohama, nous avions été mieux ici que nul part ailleurs. Qui plus est, les lignes droites devraient bien convenir aux Hankook. J’ai déjà fait deuxième : un podium serait bien, mais je préfère une place sur une des deux premières marches… »
En ce début de saison, tu as surtout couru aux Etats-Unis, avec la Panoz. Comment se sont passées les premières manches ?
« St-Petersburg et Long Beach ont été des épreuves difficiles. Dans les virages serrés, la Panoz est vraiment délicate à piloter. Elle n’est pas très maniable. L’Esperante est bien meilleure dans les courbes très rapides et en ligne droite. Cela explique que nous étions beaucoup mieux à Sebring. A St-Petersburg, je pense que nous avons été chanceux de décrocher un podium : il y a eu beaucoup d’accidents et quelques neutralisations. Quant à Long Beach, nous sommes partis en fond de grille et c’était difficile de remonter dans le peloton, notamment face à des voitures très puissantes comme la Corvette/LG et la Viper/Primetime. »
Finir deux fois sur le podium lors des trois premières manches, c’était assez inespéré non ?
« C’est clair que nous n’en espérions pas tant. Et quand on y réfléchit, c’est comme si une équipe décrochait un podium avec une Porsche 996 puisque la Panoz a cinq ans ! On ne peut pas la comparer aux voitures actuelles. Mais PTG a fait un très bon développement sur cette auto et il faut signaler la bonne tenue des pneus Yokohama. Au niveau aéro, la voiture est excellent : à Sebring, nous avions la meilleure Vmax, mais aussi la vitesse la plus élevée dans le Turn One. C’est pas mal non ? »
A Sebring justement, il y a eu une rude bataille avec la Porsche du Flying Lizard. Comment as-tu vécu cette lutte ?
« J’étais très nerveux car la troisième place était en jeu et je voyais la Porsche revenir fort sur nous. Mais avec Ian (James), c’était « notre podium ». Nous ne voulions pas le lâcher et Ian a bien défendu sa position. Nous nous sommes battus avec nos armes. »
Avant le début de saison, tu m’avais confié que tu serais heureux de décrocher un podium. Tu en as déjà deux à ton actif. Par conséquent, tes ambitions sont-elles plus élevées ?
« Oui parce que nous avons vu que nous pouvions de jouer le podium régulièrement. Nous avons montré de que quoi nous sommes capables ! Désormais, nous savons que nous avons le potentiel pour être dans les trois premiers et c’est mon objectif : top 3, top 3 et uniquement des top 3 ! Si je suis plus loin que le troisième rang, je serai déçu. Nous voulons finir sur le podium du championnat. Obtenir ces résultats, c’est formidable. Pour l’équipe bien évidemment, mais pour Don Panoz aussi. Je crois, du moins j’espère, que ça peut lui donner envie de construire une nouvelle voiture quand il voit les prestations de la vénérable Esperante. »
Et dans le coin de l’oreille, on croit entendre que les rumeurs de Panoz LMP1 sont belles et biens fondées. La voiture n’est pas construite, mais les dessins, eux, existent bien…
Propos recueillis par Anthony Megevand