Les infos concernant le Championnat du Monde GT n’abondent pas en cette période hivernale, mais HEXIS Racing est déjà en plein travail afin de préparer la saison à venir, et l’engagement de deux McLaren MP4-12C, l’une confiée à Makowiecki/Dusseldorp, l’autre à Demoustier/Parente. Il faut attendre encore quelques jours pour en savoir un peu plus sur la réglementation, mais le team dirigé par Philippe Dumas a déjà procédé à une grosse séance de déverminage dans le froid de sa base de Lédenon, pourtant situé dans le Sud de la France. A cette occasion, seuls Fred Mako et Stef Dusseldorp étaient à pied d’œuvre pour ces journées « découverte ». Philippe Dumas dresse le bilan de ces premiers tests.
Laurent Mercier : Philippe, comment s’est passé ce premier roulage avec les McLaren ?
Philippe Dumas : « Cela faisait longtemps que nous n’avions pas eu en mains une nouvelle auto. Il nous a fallu composer avec le froid sibérien venu s’échouer à Lédenon. C’était assez incroyable comme météo. La base de l’auto est saine et nous savons qu’il reste encore beaucoup de travail à faire. Il nous faut adapter la voiture à notre manière de faire, sachant que pour le moment elle est plutôt typée Endurance et non Sprint. Toute l’équipe est en confiance et le retour des deux pilotes est bon. Cette séance était pour nous l’occasion de faire un bon déverminage et de commencer à travailler sur le setup, malgré le froid. La relation avec McLaren se passe pour le mieux et tout se met en place petit à petit. Un ingénieur en provenance de l’Usine était à nos côtés. L’équipe avait déjà bien dégrossi le fonctionnement de la voiture en Angleterre dans les ateliers McLaren. Il nous maintenant bien apprivoiser l’électronique. »
C’est un peu un retour en arrière pour HEXIS Racing, comme du temps de la découverte des Aston Martin ?
« La meilleure réponse nous vient de Fred (Mako) qui m’a dit il y a peu que c’était exactement comme si nous nous retrouvions début 2007, mais avec deux fois plus d’expérience et de confiance. Sans prétention aucune, rien ne nous fait peur et tout le monde est serein. On ne se repose pas sur nos acquis et le package est vraiment bon. L’équipe est la même à l’identique, même si nous avons perdu Antoine, notre ingénieur, pour des raisons professionnelles. Nous avons renforcé l’équipe avec l’arrivée d’un ingénieur système pour ce qui est de l’ABS ou du traction control. Nous serons dix pour les deux autos. »
Le téléphone a beaucoup sonné cet hiver concernant l’arrivée de pilotes ?
« Oui nous avons eu plus de contacts que par le passé, que ce soit des pilotes avec ou sans budget. On a la chance d’avoir HEXIS comme partenaire principal, sans oublier Motul qui s’implique de plus en plus à nos côtés. Nous avons eu beaucoup de demandes d’ingénieurs, de pilotes ou de mécanos. HEXIS Racing n’est plus n’importe qui. Une fois de plus, il a fallu trouver le bon compromis en prenant en considération les côtés sportifs et financiers. Il a fallu faire des choix pour allier vitesse, expérience, qualité humaine. L’équipage ultime est celui composé de Fred et Stef. C’est le tandem idéal et même si nous avions des millions d’euros, ce serait celui-là. La deuxième MP4-12C alliera expérience et jeunesse, avec un jeune pilote que l’on va faire progresser. On a prouvé que bon nombre de pilotes avaient progressé chez HEXIS Racing. Greg (Demoustier) va découvrir l’auto lors de nos prochains essais. A nous de bien le mettre en confiance ! Il n’y a aucune pression ni aucune prétention et nous allons y aller étape par étape. Quant à Alvaro Parente, il a toutes les qualités requises : vitesse, expérience, qualité humaine. Il a la tête sur les épaules et il colle parfaitement à notre philosophie. Il connaît bien la McLaren et c’est un gros atout. »
As-tu des doutes sur la viabilité du championnat, à l’heure où les annonces se font rares ?
« En étant les premiers à nous engager, j’y crois et je fais tout pour aider SRO à ce que ce championnat soit le plus beau possible et l’un des meilleurs au monde. Il faut que ça le fasse. L’arrivée de Ferrari va donner un bon coup de boost et je suis confiant pour le reste, avec de bonnes surprises à venir. S’il y a 18 autos représentant 9 marques, ce sera sacrément beau et gagné. Ce championnat avec ce concept où les constructeurs sont impliqués est bon. On en reparlera dans quelques années ! C’est compliqué de réunir un plateau GT professionnel en ces temps de crise, et qui peut le faire, excepté le V8 Supercars… En DTM il y a peu d’autos et ce sont les constructeurs qui paient. En WEC, combien de voitures ? Je crois dur comme fer à ce schéma sprint. Nous avons bien sûr eu des doutes, mais que peux-t-on faire à part travailler. Avec 18 autos, on a de quoi faire un championnat unique. »
Avant le coup d’envoi lors des Coupes de Pâques à Nogaro, HEXIS Racing va poursuivre ses essais avec de nouvelles journées d’essais.
Propos recueillis par Laurent Mercier