La lutte a été beaucoup moins serrée en GT qu’en DP lors des 24 Heures de Daytona 2012. Alors que la Riley Ford Michael Shank n°60 a franchi la ligne d’arrivée avec une petite marge infime de 5”198, la Porsche GT3 Cup n°44 du Magnus Racing a devancé la Porsche GT3 Cup TRG n°67 avec une avance énorme de 9”412 !!! Nous plaisantons, bien sûr….
Cette Rolex 24 a été, comme en protos, d’une intensité incroyable, avec des changements de leader incessants. En GT, il y a eu ce week-end 66 changements de leader, 24 pilotes diffférents ayant occupé momentanément la première place !!
C’est donc le Magnus Racing qui l’a emporté, avec le quatuor John Potter, le propriétaire du team, Richard Lietz, officiel Porsche, Andy Lally, un des top pilotes de la Rolex Series, et René Rast qui pour sa première participation s’offre déjà la Rolex tant convoitée.
La Porsche n°44 a été sans cesse à l’avant de la course et Richard Lietz a fait un brillant relais de deux heures et demie à la fin de l’épreuve -le money time- pour devancer Wolf Henzler, à la grande joie de John Potter.
John Potter : «Les mécaniciens travaillent très dur, et nous avons été près de la plus haute marche du podium en Grand-Am par le passé, mais gagner pour la première fois, et cette course-ci, c’est quelque chose de spécial. René et Andy sont des gars fantastiques, et Richard nous a vraiment amenés à l’arrivée de manière superbe. »
Richard Lietz : «J’ai été très honoré de porter les couleurs du team jusqu’à la ligne d’arrivée, et nous avons devancé un plateau de pilotes de classe mondiale. »
Andy Lally, un des pilotes emblématiques de TRG, a été bien inspiré de délaisser le team de Kevin Buckler pour celui de John Potter.
Andy Lally : « C’est une grande victoire pour John Potter et pour Magnus, mais c’est seulement la première étape dans notre quête du Championnat Grand-Am GT et du North American Endurance Championship GT. »
Le Magnus Racing est également en tête de ce dernier championnat avec 16 points, mais les positions sont très serrées, le Brumos Racing comptant 15 points et TRG 13.
Le team a su surmonter un stop and go de une minute, pour une infraction commise lors d’un ravitaillement, un mécanicien ayant travaillé sous la voiture pendant que la Porsche refaisait du carburant, afin d’empêcher des éléments de carrosserie de se détacher.
Ce dernier classement reflète d’ailleurs bien la domination des Porsche GT3 Cup dans cette Rolex 24. Lors de notre présentation, nous avions écrit que Porsche avait un net avantage du nombre et que le constructeur allemand s’appuyait sur de nombreux teams de qualité, avec le renfort de nombreux pilotes officiels Porsche. Cela s’est vérifié en course, les GT3 Cup ayant monopolisé le tiercé de tête pendant la quasi-totalité de la coure, la Camaro GT.R n°57 du Stevenson Motorsports étant la pratiquement la seule à avoir bouleversé ce bel ordonnancement, la voiture ayant été récompensée par la quatrième place à l’arrivée, la première des « non-Porsche. »
La victoire du Magnus Racing ne doit pas éclipser la course de deux autres GT3 Cup, la n°67 TRG et la n°59 du Brumos Racing.
La Porsche TRG, à la suite d’ennuis lors des qualifications, était partie en fond de grille, mais était remontée très vite à l’avant et a figuré longtemps en première position. En fin de course, Wolf Henzler, avec un embrayage fatigué, ne put s’opposer à Richard Lietz mais reconnaît sans discussion la victoire de la Porsche du Magnus Racing.
Wolf Henzler : « Mon collègue Porsche Richard Lietz est très rapide, et nous pas pu reprendre de temps à la voiture du Magnus Racing en fin de course. Cependant, nous sommes heureux de notre deuxième place, et les mécaniciens de TRG ont préparé une voiture qui a fait une course fantastique. »
On peut en dire autant de la Porsche du Brumos Racing. Celle-ci a pointé en tête des GT 281 tours au total et a longtemps fait figure de favorite, avec pour équipage les champions GT 2011, Andrew Davis et Leh Keen, un pilote officiel Porsche, Marc Lieb, et Hurley Haywood, le recordman des victoires à Daytona. Hurley Haywood participait à ses quarantièmes 24 Heures de Daytona !! Il avait dit que cette Rolex 24 serait sa dernière course, et il a donc conclu sa carrière -s’il ne revient pas l’an prochain- sur un podium ! Jolie manière de boucler la boucle, d’autant que ce n’est pas encore cette année que Scott Pruett égalera son record…
Hurley Haywood (qui assure également les fonctions de Team Manager chez Brumos) : »Nous avons fait toute la course à fond, et nous avons passé des heures et des heures en tête, mais nous avons eu des petits dégâts sur la carrosserie à l’avant, ce qui a perturbé notre aérodynamique, et un pitstop de trop en fin de course nous amis un petit courts. Néanmoins, nous sommes fiers de nos pilotes et mécaniciens Brumos. L’année dernière, nous avons remporté le championnat après avoir terminé cinquièmes à Daytona, aussi nous allons nous attaquer à cette mission de nouveau. »
Chez les autres Porschistes, deux autres GT3 Cup avaient été très en vue en début de course, la Porsche Alex Job Racing n°23 et la Porsche n°45 du Flying Lizard Motorsports. La Porsche AJR fut heurtée par un prototype, ce qui engendra des dégâts importants sur la suspension et sur d’autres pièces, Marco Holzer réalisant le meilleur chrono en course de toutes les GT, plus vite qu’en qualifs ! La Porsche Lizards perdit tout d’abord sa direction assistée avant d’avoir un accident dans la nuit.
On espérait beaucoup des Ferrari, même si les essais nous avaient un peu laissé sur notre faim. En course, elles ne furent vraiment jamais en mesure de jouer un rôle décisif en course. Une des Ferrari Risi était très vite contrainte à l’abandon, et Olivier Beretta réussit un beau rapproché en fin de course qui lui octroya la cinquième place avec la deuxième Ferrari Risi, la n°63, à un tour seulement du vainqueur. La Ferrari AIM Autosport n°69 a terminé huitième en GT, mais a montré également un beau potentiel.
Avec un peu plus de mise au point, les Ferrari 458 Grand-Am paraissent en mesure cette année de pouvoir lutter avec les Porsche et les Camaro.
On n’en dira peut-être pas autant des Mazda RX-8 qui ont été quelque peu dépassées en performance, même si la Mazda SpeedSource n°70 limite les dégâts avec la sixième place, mais à 15 tours du vainqueur quand même. Pour la petite histoire, la Mazda n°40 de Patrick Dempsey a terminé 10ème sur 44 GT engagées, ce qui n’est pas si mal…
Claude Foubert