Cette Rolex 24 2012 étant placée sous le signe du cinquantième anniversaire, il nous a semblé bon de revenir sur la première édition, en 1962 donc, en reprenant un article de Louis Galanos avec son aimable autorisation.
Cette première course d’endurance sur le Daytona International Speedway ouvert par Bill France en 1959, un circuit de 3,81 miles combinant le tri-ovale avec banking NASCAR avec l’infield, le circuit routier.
Jaloux du succès des 12 Heures de Sebring, Bill France obtint l’autorisation de la FIA d’organiser une course d’endurance en janvier 1963 à Daytona. Cette course, de trois heures donc, la Daytona 3-Hour Continental, était incluse dans le WSC (World Sportscar Championship), le Championnat du Monde des sports-protos.
Cette première épreuve rassemblait les grands noms du sport automobile de l’époque : Dan Gurney (Lotus 19B), Phil Hill et Ricardo Rodriguez (Ferrari 246 SP), Jim Hall (Chaparral 1), Stirling Moss et Olivier Gendebien, tous deux sur des Ferrari 2050GT, Roger Penske (Cooper-Climax), Jim Clark (Lotus Elite), et bien d’autres.
Le départ était le traditionnel départ type Le Mans, les pilotes état alignés face à leur voiture, de l’autre côté de la piste. Pour éviter un empilage des voitures dans le premier virage, le départ de la course fut donné à l’entrée du tri-ovale, les concurrents ne s’engageant donc dans l’infield qu’au deuxième tour.
C’est A.J. Foyt qui passait en tête au premier tour au volant d’une grosse Pontiac Tempest mais il était rapidement passé dans l’infield par Roger Penske, lui-même débordé par la Ferrari Dino de Phil Hill. Foyt avait peut-être trop sollicité son moteur car il devait abandonner dès le tour suivant.
Hill était dominateur mais était victime d’un incident de course rarissime puisqu’il percutait…une mouette et devait repasser par les stands pour débarrasser le radiateur des restes de l’animal.. ur une course de 24 Heures, l’incident n’aurait pas été forcément grave, mais dans une course de trois heures, il en allait évidemment autrement, d’autant plus qu’il perdait son bouchon de réservoir un peu plus tard, puis faisait par la suite un petit hors piste sans conséquences fâcheuses si ce n’est une perte de temps supplémentaire.
Ces incidents avaient fait le bonheur de la Lotus 19B-Climax 2,5l de Dan Gurney qui se retrouvait au commandement, la deuxième place opposant la Ferrari de Hill/Rodriguez et la Chaparral de Jim Hall.
A deux tours de l’arrivée, Gurney avait près de deux minutes d’avance et la victoire semblait acquise mais peu après le moteur Climax lâchait dans l’ultime tour. Gurney ne baissait pas les bras pour autant. Sur l’élan, il grimpait sur le haut du banking pour plonger vers l’arrivée. La voiture continuait sur sa lancée mais stoppait à quelques mètres de la ligne d’arrivée. Gurney sortait de la voiture. Le starter lui précisait qu’il allait bientôt abaisser le drapeau à damiers. Rodriguez et Hall, dans le même tour, la victoire semblait échapper à la Lotus. Juste avant le baisser du drapeau, Gurney remontait à bord et la voiture réussissait à franchir la ligne d’arrivée victorieusement.
Victorieusement ? Pas tout de suite, car le speaker du circuit annonçait rapidement qu’une réclamation avait été portée, des doutes existant aux yeux de certains sur le franchissement de la ligne d’arrivée par la voiture par l’effet de sa propre puissance, et non par une aide extérieure illicite.
La voiture fut emmenée immédiatement pour inspection. Ni Dan Gurney ni son mécanicien Jerry Eisert ne savaient exactement ce qui était arrivé au moteur. En fait, c’était un piston qui s’était désintégré et le bloc moteur avait été percé.
La réclamation ne reçut pas de suite, les commissaires ayant pu vérifier que la voiture avait été capable d’avancer à coups de starter.
Cinquante ans après la victoire de son père, il ne reste plus à Dan Gurney que de franchir à son tour victorieusement la ligne d’arrivée avec la Corvette n°99, mais ceci est une autre histoire.
Nous remercions Louis Galanos pour son aide. Vous pouvez lire l’intégralité du récit de Louis ici
Claude Foubert