35000 spectateurs étaient présents à Suzuka sous le soleil pour la seconde manche du SUPER GT 2009. La Lexus SC430 2009 a remporté son premier succès, mettant ainsi fin à une série de cinq victoires consécutives des Nissan R-GT.
C’est pourtant une Nissan qui a dominé la course pendant longtemps. Satoshi Motoyama, co-champion 2008 avec Benoît Tréluyer, avait réalisé la pole position avec la GT-R NISMO n°1. Grâce à un excellent départ, il conservait la première place. Derrière lui, Richard Lyons (Lexus Zent Cerumo n°38) s’accrochait et guettait l’ouverture, tandis que la Lexus SC430 Tom’s de Andre Lotterer naviguait en troisième position. Motoyama maintenait une cadence élevée, alors que Lyons était lâché petit à petit, et s’arrêtait ensuite pour ravitailler et céder le volant de la Nissan à Benoît Tréluyer avec une dizaine de secondes d’avance. Le français était ainsi placé en condition plus que favorable d’autant que le passage de relais au 27ème tour entre Richard Lyons et Yuji Tachikawa s’éternisait, la Lexus Zent Cerumo ne repartant qu’en cinquième position derrière Tréluyer, leader, Juichi Wakisaka qui avait relayé Andre Lotterer à bord de la Lexus Tom’s, Sébastien Philippe (Nissan R-GT n°12), troisième après un bon début de course de son coéquipier Tsugio Matsuda, et Shiya Hosokawa (Honda NSX n°100), le meilleur des Honda.
Hélas, c’était un week-end à oublier pour Tréluyer qui, alors qu’il pouvait envisager sereinement une première victoire 2009 après avoir creusé encore plus l’écart sur les poursuivants. Il était victime d’une crevaison lente et le rythme de la Nissan chutait lourdement à 10 tours seulement de l’arrivée. Benoît était piégé et devait laisser passer ses adversaires, comme il le raconte : “Je n’ai même pas cherché à contenir la Lexus Tom’s, commente le pilote Nissan. J’ai même relâché un peu les gaz pour lui permettre de se rabattre avant le virage du « 130 R ». Hélas, je n’avais pas vu qu’il y en avait celle du team Cerumo qui en profitait pour s’intercaler entre moi et l’herbe. Elle mettait deux roues dehors, et j’étais accusé de manœuvre dangereuse!”
En effet, Tréluyer était jugé responsable de cet incident de course, les officiels ayant estimé qu’il avait gêné la Lexus n°38. Celle-ci n’était cependant affectée en rien par la manoeuvre et Tachikawa qui était déjà venu à bout facilement de Hosokawa puis de Philippe reprenait sa marche en avant et partait à la poursuite de la Lexus de Wakisaka, nouveau leader de la course. Il remontait rapidement sur la Lexus n°36 et à quatre tours de l’arrivée, il portait une attaque décisive qui lui permettait de filer vers le drapeau à damiers sans être inquiété davantage.Peu après, une collision impliquait trois voitures qui luttaient pour la cinquième place: la NSX de Hosokawa, la Nissan de Yasuda, en Michelin et la Honda n°8 de Izawa. Cet accrochage entraînait l’entrée en piste du safety car, les voitures terminant la course derrière la voiture de sécurité.
La victoire de Tachikawale porte avec Richard Lyons en tête du classement pilotes et Tachikawa peut désormais s’enrgueillir d’être seul détenteur du plus grand nombre de succès en JGTC/SUPER GT, avec 11 courses gagnées contre 10 à Satoshi Mooyama. La Lexus Tom’s de Wakisaka/Lotterer, les champions 2006, assure le doublé à Lexus tandis que Philippe et Matsuda complètent le podium, premiers du clan Nissan.
Benoît Tréluyer parvient à conserver la quatrième place, mais ses malheurs du week-end ne s’arrêtaient pas là. Il écopait de deux points personnels de pénalité (points sans rapports avec le classement pilotes, mais correspondant plutôt à un code de bonne conduite) et la Nissan recevait une pénalité de 27 secondes, qui la faisait chuter à la 11ème place, en dehors des points une nouvelle fois cette saison. Le total des points de pénalité de Tréluyer s’élève désormais à sept (trois en essais hivernaux à la suite d’une altercation avec un autre pilote, deux à Okayama en raison d’un contact avec un autre concurrent, et donc deux à Suzuka), et ceci a des incidences importantes : ainsi il n’aura pas le droit de disputer les qualifications lors de la prochaine manche à Fuji et aurait une course de suspension s’il recevait deux points supplémentaires. Pour Tréluyer et Motoyama, 2009 est pour l’instant le négatif de 2008 où ils avaient remporté les deux premières manches. Seule consolation pour Tréluyer et Motoyama : comme 2 kg de lest sont imposés par point marqué au championnat, avec leur score vierge, ils seront avantagés à Fuji où ils pourraient bien être favoris.
Le troisième français, notre chroniqueur Benoît Duval, associé au rookie Yuki Nakayama, a dû se contenter de la neuvième place, avec une Honda NSX qui commence à accuser le poids des ans et avec des pneus Dunlop peu performants en course.
Yuji Tachikawa : “Beaucoup de choses se sont passées pendant la course et je ne me souviens pas de toutes. pendant notre ravitaillement le moteur n’a pas voulu redémarrer tout de suite et en conséquence nous avons perdu du terrain. Mais la voiture était très bien hier et aujourd’hui. Je ne voulais pas trop tirer sur les pneus, aussi ça m’a pris du temps pour doubler la Nissan n°12. Mais il y avait beaucoup d’écart à remonter sur la voiture de tête; aussi j’ai attaqué dans les derniers tours. Il n’y avait pas de problème avec les pneus et j’ai pris du plaisir. Quant à la bataille avec Wakisaka, nous ne voulons pas qu’il y ait de victimes entre teams Lexus SC430 amis, et comme nous nous connaissons bien, j’ai pensé qu’une seule attaque suffirait pour le passer. Je pense que Wakisaka également ne voulait pas prendre trop de risques.”
Richard Lyons : “Je pense que cela a été une course excitante, pour nous et pour les fans. Ce fut une fantastique journée de course. En début de course j’ai essayé de mettre la pression sur Motoyama, mais c’était difficile. Et comme je ne voulais pas attaquer au-delà d’une limite raisonnable, je m’efforçais de rester au contact et de conserver ma deuxième place durant mon relais. Nous avons malheureusement perdu du temps pendant notre pitstop, mais Tachikawa l’a repris en pilotant remarquablement. C’était exceptionnel.”
Les résultats de la course sont ici.
Le cassement provisoire en GT500 : 1 Tachikaw/Lyons 25 – 2 Ara/de Oliveira (Nissan) 23 – 3 Michigami/Kogure (Honda) 21 – 4 Philippe/Matsuda 19 – 5 Wakisaka/Lotterer 15 . Duval/Nakayama sont neuvièmes, avec 6 points
Claude Foubert




