Après une saison passée en Blancpain Endurance Series au volant d’une Lamborghini Gallardo/Gulf Racing et un Championnat GT UAE en passe d’être gagné, Frédéric Fatien débutera cette année dans le baquet d’un prototype LMP2, avec une participation au Championnat du Monde d’Endurance sur une Lola, toujours alignée par le Gulf Racing. Avant cela, Fred roulait aux 24 Heures de Dubai, toujours sur la Gallardo partagée avec Fabien Giroix. C’est donc à deux que le tandem avait décidé de rouler sur le double tour d’horloge, afin d’être fin prêt pour le WEC. SI l’idée pouvait paraître saugrenue, elle était en fait plus logique qu’il n’y paraissait. Fabien voulait faire rouler son poulain un maximum dans le but d’être fin prêt pour attaquer le défi LMP2. « Je suis satisfait de l’avoir fait, même si nous avons dû abandonner » nous confie Frédéric après une nuit salvatrice. « Fabien m’avait bien briefé. Après les relais, je partais me faire masser pour dormir un peu. Compte tenu de la chaleur, les deux premiers relais étaient durs physiquement, notamment au niveau des pieds. Le pied gauche est bien calé et avec les vibrations, j’avais des fourmis. Nous étions partis sur une stratégie misant sur la régularité. Nous avons joué la constance et cela a payé. Au fil de la course, nous avons pointé dans les dix premiers au scratch. Actuellement, les courses de 24 heures sont de vrais sprints et les voitures ne tiennent pas spécialement le rythme. Notre idée était de ne pas prendre de poids aux essais et de pouvoir disposer d’un maximum de carburant dans l’auto. Le règlement des 24 Heures de Dubai est particulie qu’il convient de l’étudier à la lettre. Fabien était obligé de lever le pied à certains moments pour ne pas griller les jokers.”
« C’est un bon entraînement pour le LMP2 » poursuit avec le sourire le gentleman driver. « J’ai été surpris de mes temps et de ma régularité. L’équipe nous avait installé un système spécial nous permettant de savoir où nous en étions sur le tour. Je savais où je devais me situer à un temps donné. La configuration du circuit pour les 24 Heures n’est pas la même que celle utilisée en Championnat GT UAE, ce qui fait que je connaissais plus certaines portions que d’autres. Par rapport au Championnat GT UAE, nous avions modifié certaines trajectoires, notamment au Turn 3. Il fallait économiser à tout prix les pneumatiques. Ce challenge m’a gonflé à bloc et j’ai pris beaucoup de plaisir dans le trafic et je suis certain que cela va m’aider pour le WEC. »
En roulant à deux, la récupération était plus courte : « Il fallait gérer au mieux les temps de récupération. J’ai l’habitude de prendre l’avion, ce qui fait que je suis habitué à dormir un peu n’importe où. Le micro sommeil ne me pose pas de problème. L’auto c’est un peu comme le vélo où tu débutes avec un tricycle, avant de passer au vrai vélo sans les petites roues. J’ai un super coach avec Fabien. Il a passé beaucoup de temps à m’apprendre ce qu’il fallait faire. J’ai également des personnes au top autour de moi, comme Florent et Yann. Tout le monde prend du temps pour m’expliquer comment il faut gérer les courses. Le corps de l’équipe est très compétent. Lorsque j’ai débuté aux 24 Heures de Dubai, je roulais dans une Renault Clio et là je me suis rappelé ce que cela faisait de se faire dépasser par des GT. »
Il va maintenant falloir relever le défi du Championnat du Monde d’Endurance : « Le choix du LMP2 est le bon et nous avons choisi la nouvelle Lola LMP2 avec un moteur Nissan. Nous allons recevoir les deux autos sous peu et nous allons débuter le programme d’essais dans la foulée. Je vais travailler pour être au top physiquement et débuter dans les meilleures conditions possibles. »
Propos recueillis par Laurent Mercier