Le Mans Series…
Comme sa cousine américaine ALMS, l’exposition médiatique de la Le Mans Series a souffert de sa juxtaposition avec l’Intercontinental Le Mans Cup.
Seules deux manches de la LMS n’étaient pas jumelées avec l’ILMC, la première sur le HTTT Paul-Ricard et la dernière à Estoril. Dans ces conditions, les victoires de la Pescarolo-Judd LMP1 à Spa et celles des Lola-Toyota Rebellion à Imola et Silverstone sont presque passées inaperçues, éclipsées par les victoires des Peugeot 908. Ce fut d’autant plus vrai que les vainqueurs du classement LMS n’ont pas eu droit à un podium spécifique, ni à Spa, ni Imola, avec cependant un petit coin de podium pour Boullion/Belicchi à Silverstone. Difficile dans ces conditions d’attirer des partenaires…
LMP1
La Le Mans Series avait pourtant été sous les feux de la rampe en début de saison et même avant, en raison de la renaissance, de la résurrection de l’équipe de Henri Pescarolo. Nous ne reviendrons pas en détails sur le rachat des actifs de Pescarolo Sport par Jacques Nicolet qui remirent aussitôt les clés de l’atelier à Henri Pescarolo.
Pescarolo Sport devenait rapidement Pescarolo Team Autovision et la Pescarolo Judd prenait la piste dès les essais d’avant-saison sur le HTTT Paul-Ricard, ces essais étant une très bonne idée à la fois pour les teams et pour les fans de l’endurance.
Pescarolo et Christophe Tinseau restaient sur une victoire -en 2009, 2010 ayant été une année blanche- acquise en Asian Le Mans Series sur le circuit d’Okayama, et l’équipe a enchaîné d’entrée par un nouveau succès, Tinseau étant associé à Emmanuel Collard et Julien Jousse. Le miracle continuait : la Pescarolo avait été reléguée en fond de grille, son chrono de qualification ayant été annulé après les vérifications techniques -hauteur du sabot arrière insuffisante- et Christophe Tinseau avait un mur de voitures devant lui. Le chaos du départ fut en fait profitable à la Pescarolo qui se trouva éloignée du champ de bataille et qui put prendre le second départ intacte. Avant le terme de la première heure de course la Pescarolo n°16 avait pris la tête de la course et n’allait plus la lâcher, signant ainsi un retour retentissant pour l’équipe sarthoise.
A Spa, face aux trois Peugeot 908 et aux trois Audi R18 TDI, la marche était trop haute, mais une nouvelle fois Collard/Jousse/Tinseau, 6èmes au scratch, assuraient l’essentiel en devançant les deux Lola-Toyota Rebellion, confortant l’avance au Championnat.
Rebellion réagissait à Imola où les deux Lola-Toyota, cinquième et sixième de l’épreuve, à sept tours des diesel, prenaient le meilleur sur la Pescarolo Judd et revenaient dans la course au titre.
Rebellion confirmait lors de la manche suivante à Silverstone, ratant même de peu le podium au scratch, Boullion/Belicchi étant devancés par la OAK Pescarolo de Olivier Pla et Alexandre Prémat. Rebellion et Pescarolo Team étaient désormais à égalité quasi parfaite au classement, que ce soit pour le titre pilotes ou le titre teams.
Ce dernier titre allait être en partie acquis par Rebellion à l’issue des qualifications, Neel Jani ayant décroché le précieux point attribué à la pole position. Le Rebellion Racing avait bien exploité son avantage numérique, avec deux LMP1 contre une seule à Pescarolo. Par contre, rien n’était joué pour le titre pilotes entre les pilotes de la Lola-Toyota, Jean-Christophe Boullion et Aandrea Belicchi, et ceux de la Pescarolo Judd, Emmanuel Collard , Julien Jousse et Christophe Tinseau. Dès le départ, la lutte s’engageait et les deux voitures ne se quittaient pas. Au bout de deux heures de course, Manu Collard avait dix secondes d’avance sur JC Boullion. Les deux voitures échangeaient leurs positions durant les deux heures suivantes. Le suspense va durer pratiquement jusqu’au bout. Cette lutte acharnée va faire une victime collatérale : afin de ne pas perdre de temps lors d’un changement de pilote, Julien Jousse reste au volant de la Pescarolo, ce qui privera Christophe Tinseau des points. Jousse résiste jusqu’au bout à Boullion et remporte la victoire et le titre pilotes LMP1 conjointement avec Emmanuel Collard, mais Christophe Tinseau doit évidemment être associé à ce titre.
LMP2
Cette année, il fallait, pour s’imposer, avoir le moteur Nissan, victorieux des cinq manches : trois pour la Zytek Z11SN du Greaves Motorsport et deux pour l’Oreca 03 du TDS Racing. Karim Ojjeh et Tom Kimber-Smith remportent le titre pilotes devant leur équipier Olivier Lombard et les pilotes de la HPD ARX-01d Nick Leventis/Danny Watts/Jonny Kane qu’on aurait vu un peu plus haut, mais le Greaves Motorsport a été impressionnant, Karim Ojjeh s’offrant un joli départ en retraite. Pour sa première saison, l’Oreca 03 a été très performante et pour ses débuts également le TDS Racing a remporté deux victoires, alors que Norma et le Team extrême Limite réalisaient un premier podium à Estoril avec une LMP2 à moteur Judd. Oreca, pour sa première année en tant que constructeur en LMP2, remporte le titre (Oreca-Nissan) devant Zytek et HPD.
FLM
Après une année de LMP2 en 2010, le Pegasus Racing est descendu en FLM et bien en a pris au team strasbourgeois qui n’a pas fait de détails, remportant quatre victoires contre une au JMB Racing, remportant ainsi les titres teams et pilotes pour Julien Schell, Mirco Schultis et Patrick Simon. Ce succès vaut au Pegasus Racing un précieux sésame, une invitation d’office pour les 24 Heures du Mans en LMP2, invitation que le team compte bien honorer.
GTE Pro
Les Ferrari 458 Italia ont dominé la catégorie, remportant les cinq manches -trois pour AF Corse, deux pour JMW Motorsport- et AF Corse était titré, tant pour le classement teams que pour le classement pilotes -Gianmaria Bruni et Giancarlo Fisichella- dès Silverstone et donc avant la dernière manche de Estoril. Bruni et Fisichella ont été brillants tout au long de la saison, et la Ferrari AF Corse a été plus régulière que la Ferrari JMW, très bien pilotée par Rob Bell, égal à lui-même, et James Walker, convaincant pour sa première année en GT. Ferrari ainsi conservé aisément le titre constructeurs, largement devant Porsche et Aston-Martin dont la Vantage a été quelque peu décevante. Le Team Felbermayr-Proton a été le meilleur représentant de Porsche, mais Marc Lieb et Richard Lietz n’ont pu rivaliser avec les Ferrari.
GTE Am
Porsche a en revanche brillé dans cette catégorie, avec une domination incontestée de la 997 RSR du Team IMSA Performance Matmut de Nicolas Armindo et Raymond Narac, quatre fois victorieuse et qui aurait peut-être réussi le grand chelem si elle n’avait pas été prise dans le chaos du départ lors des Six Heures du Castellet. Narac et Armindo n’ont laissé que des miettes à la concurrence, Porsche ayant par ailleurs réussi le grand chelem dans la catégorie grâce à la victoire de la Porsche Felbermayr-Proton lors de la manche d’ouverture.
Classement Pilotes LMP1
1 E.Collard/J.Jousse (Pescarolo-Judd) 50
2 JC Boullion/A.Belicchi (Lola-Toyota) 47
3 N.Prost/N.Jani (Lola-Toyota 37
Classement Pilotes LMP2
1 K.Ojjeh/T.Kimber-Smith (Zytek-Nissan) 64
2 O.Lombard (Zytek-Nissan) 44
3 D.Watts/J.Kane/N.Leventis (HPD) 43
Classement Pilotes FLM
1 J.Schell/M.Schultis/P.Simon 73
2 N.Hartshorne 45
3 J.Petersen/C.Zugel/Elton Julian 35
Classement Pilotes GTE Pro
1 G.Fisichella/G.Bruni (Ferrari 458 Italia) 60
2 R.Bell/J.Walker (Ferrari 458 Italia) 46
3 M.Lieb/R.Lietz (Porsche 997 RSR) 44
Classement Pilotes GTE Am
1 R.Narac/N.Armindo (Porsche 997 RSR) 75
2 M.Cioci/G.Perazzini/S.Lémeret 58
3 H.Felbermayr Jr (Porsche 997 RSR) 44
Classement Teams LMP1
1 Rebellion Racing 51
2 Pescarolo Team 50
3 QUIFEL-ASM 9
Classement Teams LMP2
1 Greaves Motorsport 64
2 Strakka Racing 44
3 TDS Racing 38
Exit donc désormais la Le Mans Series, et bienvenue en 2012 à l’European Le Mans Series où les LMP1 ne seront plus admises, avec un calendrier bien distinct du Championnat du Monde d’Endurance. Les teams LMP2 devraient être nombreux à s’y engager, avec la perspective alléchante de la victoire au classement général.
La suite et la fin de cette “Galerie des Champions”, avec l’ILMC et les 24 Heures du Mans, pour commencer comme il se doit l’année 2012, sera publiée la semaine prochaine.
Nous vous souhaitons une bonne fin d’année 2011 et attention aux excès….
La Rédaction