Blancpain Endurance Series

Patrice Goueslard : "Quand ça ne veut pas, ça ne veut pas…"

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Après un bon paquet de saisons passées en GT1, Patrice Goueslard a fait le choix du GT3, avec une saison Blancpain Endurance Series au volant d’une des deux Ferrari F458 du Team SOFREV-ASP de Jérôme Policand. Point de 24 Heures du Mans au programme du Normand, mais un retour aux 24 Heures de Spa. A l’issue d’une année 2011 ponctuée de hauts et de bas, Patrice revient avec nous sur sa découverte du GT3, la Blancpain Endurance Series, l’Endurance, le tout sans langue de bois. Entretien…

Laurent Mercier : Patrice, quel bilan tires-tu de ta saison ?

Patrice Goueslard : « Nous avons été rapides sans commettre de fautes, même si je culpabilise encore sur la course de Magny-Cours où je me fais sortir par une GT4. Après coup, peut-être aurais-je pu faire autrement. Nous avons manqué de réussite et le bilan est quelque peu frustrant. Nous avons toujours été dans le coup sur chaque course en pointant régulièrement dans le tiercé de tête, avant de subir des problèmes. L’équipe de Jérôme a fait un super travail et tous mes coéquipiers ont été irréprochables, que ce soit Jérôme, Julien et Olivier. C’est dur d’avoir la voiture, le team et les coéquipiers pour gagner et ne jamais pouvoir concrétiser une seule fois de la saison. Quand ça ne veut pas, ça ne veut pas… »

 

Comment as-tu trouvé le niveau en Blancpain Endurance Series ?

« Le niveau est vraiment élevé. L’ambiance dans le paddock est bonne et aussi bien les teams que les pilotes sont de grande valeur. Pour une première année, l’examen de passage est réussi, même s’il y a des choses à améliorer. »

 

Quelles sont les améliorations à apporter selon toi ?

« Je pense qu’il faut une course supplémentaire, ce qui sera le cas l’année prochaine. De plus, lorsque l’on roule à trois pilotes, une heure d’essais libres par pilote c’est le minimum, surtout pour les gentlemen. Il y a également quelque chose à redire sur les 24 Heures de Spa. Tout au long de la saison on se bat contre les engagés à l’année qui ont choisi cette série et qui veulent gagner le championnat : Team SOFREV-ASP, Marc VDS Racing Team, Vita4One, AF Corse, WRT etc… Les 24 Heures de Spa arrivent et d’autres équipes peuvent marquer des points au championnat. C’est un championnat pour équipes privées sachant que des teams comme AF Corse ou WRT sont proches de Ferrari et de Audi. Voir dans le paddock spadois les infrastructures Audi, cela n’a plus rien à voir avec un championnat pour équipes privées. C’est un peu comme si on demandait à Henri Pescarolo s’il avait une chance de se battre contre Audi ou Peugeot pour s’imposer aux 24 Heures du Mans. Avant le départ de l’épreuve, on savait déjà qui allait gagner. Je félicite mon ami Vincent Vosse pour sa victoire, mais les Audi ont tourné deux secondes plus vite que tout le monde en comparaison des autres courses du Blancpain où on pouvait les suivre voire même les dépasser ! »

 

Que retiens-tu des 24 Heures de Spa ?

« L’arrivée de Bob Sinclar en hélicoptère ou le staff Audi « Usine » en action. On se serait cru au Mans en juin (rires). Pour redevenir sérieux, en ce qui nous concerne être troisième sur 60 engagés à 6 heures de l’arrivée fut une belle surprise et le résultat du travail de toute une équipe. Malheureusement, nous avons vite déchanté en fin de course, d’abord avec un échappement cassé, puis un faisceau électrique brûlé qui a engendré des problèmes de freins et de commande de boîte de vitesses, avec un abandon pas mérité. On avait tout pour bien faire. J’ai été ravi de faire équipe avec deux jeunes pilotes français très rapides, avec Julien (Jousse) et Olivier (Pla). Ils frappent tous les deux à la porte des constructeurs, tout comme Guillaume Moreau. »

 

Es-tu satisfait d’avoir fait le choix du GT3 ?

« Oui car selon moi le Championnat du Monde GT1 a manqué de consistance avec moins d’engagés. De toute façon, le World GT1 est du sprint et pas de l’endurance, ce qui fait que ce n’était pas ma priorité. Je félicite au passage HEXIS Racing pour leur titre, car c’est une équipe qui donne envie de rouler avec eux. Le GTE en Intercontinental Le Mans Cup ne me séduit pas, car dans la classe Pro il faut être pilote d’Usine, sinon il n’y a aucune chance de faire un résultat. Il suffit de regarder le classement : 108 points pour AF Corse, 101 pour BMW Motorsport et… 38 pour Luxury Racing. Pour ce qui est du GTE-Am, je félicite Larbre Compétition et Jack Leconte, ainsi que Julien (Canal), Patrick (Bornhauser) et Gabriele (Gardel). Pour moi c’est un championnat de « riches » car le budget est énorme pour aller rouler en Chine, au Japon ou aux USA, et tout ça pour un titre “Am”. De plus, il n’y a pas beaucoup d’engagés. Autant je serai partant pour aller rouler aux 24 Heures du Mans en GTE-Am, autant cela décourage mon annonceur de mettre 300 ou 400 000 euros pour un titre « amateur » ILMC.” 

 

“Par contre, en 2012, il va y avoir un Championnat du Monde et cela change la donne. Pour le moment, il n’y a quand même que 5 autos en GTE-Am. Personnellement, j’en ai un peu marre d’être premier ou deuxième de ma catégorie, alors que je suis 20ème ou 25ème au général. Toute la médiatisation est articulée autour de Peugeot et Audi, et il n’y a quasiment rien sur le GT. C’est aussi un peu la même chose en Le Mans Series. Il faut aussi penser à la casse, car la cohabitation GT/protos devient difficile. Les protos sont de vrais « tanks ». Ils vous mettent un coup de roue, et vous terminez dans les graviers avec la casse a payer. On ne fait pas de constat amiable avec les LMP1 ou LMP2. »

 

As-tu déjà des contacts pour 2012 ?

« Oui et pour rester en GT3. Poursuivre en Blancpain Endurance Series ou aller rouler en GT Tour, car mon annonceur est demandeur pour sa clientèle française. J’ai plusieurs discussions en cours pour piloter une Ferrari F458, une McLaren MP4-12C ou encore une Porsche. J’avais prévu de prendre part aux 24 Heures de Dubai, mais les budgets 2012 sont en nette progression et il y a une 6ème manche à financer en Blancpain, donc priorité au championnat choisi en 2012. Cependant, si on m’invite ou si on me demande une participation symbolique, je suis partant. Il suffit de me contacter. »


Comment vois-tu l’avenir de l’Endurance avec l’arrivée d’un Championnat du Monde ? Etait-ce le bon moment compte tenu de la conjoncture économique ? N’est-ce pas trop compliqué de trouver des budgets pour un pilote non-professionnel ?

« Oui c’est tout à fait vrai. Moi qui suit un inconditionnel du GT, je pense que l’avenir du GT, c’est le GT3. En GTE, il n’y a que trois ou quatre marques et je suis d’accord avec Stéphane Ratel lorsqu’il dit que la BMW M3 est plus assimilée à une voiture de tourisme qu’une pure GT. En Blancpain, tu as 15 marques en comptant les GT4. Il va falloir un jour que l’ACO accepte ces 15 marques pour Le Mans. Ça aurait de la gueule non ? Je pense que le WEC est fait pour les Usines. Comment vont faire des teams comme OAK ou Pescarolo pour toutes ces courses à travers le monde. C’est la même chose pour Larbre Compétiton et d’autres. A moins d’avoir un chef d’entreprise qui prend en charge la grosse majorité du budget. Je pense que l’European Le Mans Series est promis à un bel avenir, compte tenu du problème de budget en WEC. De plus, il y a la possibilité de gagner au général car les Usines ne seront pas là. »


Y a t-il trop de championnats et de séries ?

« Oui et non ! Il faudrait selon moi des catégories pour les championnats : usine et privé. Le WEC avec un Championnat du Monde d’Endurance pour les équipes « Usine » pour proto et GT, l’European Le Mans Series pour les teams privés pour proto et GT, Le World GT comme championnat de vitesse pour les équipes d’Usine, le FIA-GT3 pour les privés et la Blancpain un championnat d’endurance pour les teams privés. Il ne faut pas oublier les championnats nationaux. On s’aperçoit que l’International GT Open concurrence le FIA-GT3 avec deux manches d’une heure à deux pilotes. La Blancpain est un peu en concurrence avec les Le Mans Series, même si les formats ne sont pas les mêmes. Oui il y a trop de championnats. Certains devraient fusionner, à l’instar des banques après la crise bancaire de 2008 (rires). »

 

Propos recueillis par Laurent Mercier

 

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