Andrea Piccini fait partie des pilotes GT1 les plus doués de sa génération. On l’a vu successivement dans des Ferrari 550, Lister Storm, Saleen S7-R, Lamborghini Murcielago, Ferrari F575 Maranello, Maserati MC12, Corvette C6.R et Aston Martin DBR9. Cette saison, le sympathique italien a roulé en Blancpain Endurance Series sur une Audi R8 LMS (Belgian Audi Club Team WRT) avec en prime quelques piges chez Phoenix Racing (Nürburgring et Spa), ainsi qu’en Championnat du Monde GT1 sur une Aston Martin DBR9 alignée par HEXIS AMR. Le tandem Piccini/Hohenadel s’est imposé au Sachsenring, avant de terminer la saison au 3ème rang Pilotes, mais avec le titre Equipes dans la poche pour HEXIS AMR. Après une course folle à San Luis où la DBR9 #4 a fait une partie de la course sans son capot avant, c’est un Andrea exténué qui nous a raconté son relais : « Je ne pouvais plus respirer et il faisait très chaud dans l’habitacle. Je n’avais pas d’air et heureusement que le relais n’a pas duré une heure. L’auto n’était pas parfaite car elle avait du mal sur les freinages à haute vitesse. Cependant, nous étions les plus vites sur tout le week-end, et ce dès les essais libres. Malheureusement, nous avons connu une crevaison dans la Course Qualificative, ce qui nous a fait perdre des points. »
C’est donc du fond de grille que Christian Hohenadel s’est élancé : « On peut dire que nous avons eu de la chance de partir en queue de peloton, ce qui nous a certainement fait éviter l’accident du départ. Nous savions que le titre Equipes était encore jouable, même si la tâche n’était pas facile. Il a fallu tout donner et espérer un coup du destin. J’ai encore en mémoire ma sortie de piste à Beijing, même si je peux me consoler en disant que tout pilote peut faire des erreurs. La victoire était au bout. L’équipe HEXIS a fait un travail remarquable durant toute la saison. Ils ont été les plus forts dans tous les domaines et je dois leur tirer un grand coup de chapeau. Ils n’ont pas le plus gros budget du plateau, mais cela fonctionne bien. C’est pour moi l’une de mes plus belles saisons, après avoir terminé vice-champion en 2006 en compagnie de Jean-Denis Deletraz, déjà au volant d’une DBR9. Ce championnat est vraiment relevé et je dois dire que l’époque du FIA-GT n’a plus rien à voir. Si tu lâches le moindre mètre, tu perds cinq places. Tous les meilleurs pilotes de GT1 dans le monde sont là, et c’est bien de terminer le championnat à cette troisième place. Cette saison 2011 a été encore plus relevée que 2010. Nissan a mis les moyens avec des pilotes professionnels. »
Même si Andrea connaît l’Aston Martin DBR9 sur le bout des doigts, elle n’a plus grand-chose à voir avec « l’ancien » modèle : « C’est sûr que le modèle 2011 n’est pas le même que celui de 2006. Cette année-là, c’était la VRAIE DBR9, où j’ai terminé deuxième aux 24 Heures du Mans (Aston Martin Racing) et à Spa (Phoenix Racing). Le poids n’est plus le même, la puissance n’est plus la même, tout comme la hauteur de caisse. Cependant, elle reste une très bonne auto. C’est très dommageable que sa carrière se termine. Les GT3 sont de belles autos, mais ce n’est pas la même chose, même si j’adore piloter l’Audi R8 LMS. La DBR9 est l’auto la plus belle que je n’ai jamais piloté, mais c’est fini et bien fini. » Pour 2012, rien n’est encore confirmé pour l’Italien : « J’espère poursuivre à nouveau avec WRT, tout comme avec HEXIS. Ces deux équipes sont de vraies familles où l’on se sent très bien. »
Propos recueillis par Laurent Mercier