En seulement deux ans d’existence, Belgian Audi Club Team WRT est à placer parmi les équipes de pointe du GT. Depuis la création de l’équipe par René Verbist, Yves Weerts et Vincent Vosse, le mot d’ordre est professionnalisme et rigueur, mais aussi un bon état d’esprit. Si René Verbist a amené ses qualités techniques, Vincent Vosse a apporté toute son expérience de la course et Yves Weerts son sens des affaires. Quant à Pierre Dieudonné, il a rejoint l’aventure WRT à l’intersaison au poste de Directeur Sportif. A eux quatre, ils ont su développer une équipe où il fait bon vivre avec des résultats qui suivent. Dès sa première année (2010), WRT est reparti avec le titre Beclar, avant de rafler cette saison les couronnes Pilotes et Equipes en Blancpain Endurance Series, avec comme cerise sur le gâteau une magnifique victoire aux 24 Heures de Spa. L’équipe technique n’a pas chômé avec plusieurs programmes à la clé et des Audi R8 LMS quasiment chaque week-end sur les circuits : Belcar, BTCS, Blancpain Endurance Series, Championnat d’Europe GT3, GT Tour, 12 Heures de Sepang. Au final, Belgian Audi Club Team WRT aura disputé 34 meetings, en faisant rouler la bagatelle de 35 pilotes et pas des moindres. Citons Albuquerque, Ortelli, Franchi, Longin, Biela, Makowiecki, Piccini, Haase, Ekström, Scheider, Jousse, Werner, Maassen, Fässler, etc… Avant un repos bien mérité, Vincent Vosse, Team Manager, revient sur cette belle saison…
Laurent Mercier : Vincent, quel bilan tires-tu de cette belle saison en Blancpain Endurance Series ?
Vincent Vosse : « Le bilan ne peut être que positif, avec une victoire aux 24 Heures de Spa et les deux titres Pilotes et Equipes. Ce serait dur d’être mécontent. Malheureusement, la #32 (Ortelli/Albuquerque/Longin) a connu son lot de malchance avec un manque de réussite, même si l’équipage a été très compétitif. Notre regret est de ne pas avoir remporté une seule course courte. Nous avons commis quelques petites erreurs et nous sommes passés de peu à côté. L’Audi R8 LMS a rarement été la plus performante, mais elle a été très fiable sur toutes les courses. Tout le monde en est bien conscient. »
Les 24 Heures de Spa resteront comme le grand moment de la saison ?
« C’est sûr que pour une équipe belge, c’est incroyable d’avoir remporté cette grande classique. C’est un tracé qui convient bien à l’Audi. Tout mis bout à bout, nous avons été compétitifs. Nous avons connu d’autres grands moments, comme la pole de Filipe (Albuquerque) à Navarra ou la fin de course de Stéphane (Ortelli) à Silverstone. Nous n’avons gagné qu’une course, mais sur chaque meeting nous sommes montés sur le podium. Les pilotes ont toujours répondu présent et c’est passé tout près de la victoire à plusieurs reprises. Audi nous a fourni une auto fiable. »
Le team a encore progressé cette année ?
« Il y a encore beaucoup de choses à apprendre. WRT n’en est qu’à sa deuxième année de compétition. Il y a eu beaucoup de week-ends à enchaîner et c’était assez compliqué de pouvoir régler les choses en cas de problèmes. L’équipe a beaucoup appris et va encore apprendre. L’état d’esprit dans le team est très bon avec une ambiance familiale et beaucoup de professionnalisme. Pour avoir la clé du succès, il faut mettre un tas de choses bout à bout. »
L’équipe a joué le titre jusqu’à l’ultime meeting en Championnat d’Europe GT3. La saison a été un peu plus compliquée ?
« Il y a un peu de frustration car le titre s’est envolé pour seulement 11 points, Enzo (Ide) terminant finalement troisième. On est passé très proche et cela s’est joué à pas grand-chose. Nous avons quelques regrets quant à la pénalité donnée à Portimao, et aucun point marqué à Silverstone puis au Slovakia Ring. Pour le reste, nous avons marqué de gros points, sans toutefois être réguliers. Enzo (Ide) reste l’une des révélations de l’année. Il a été magique. Greg (Franchi) a été tout aussi magique avec un titre en 2010 (Belcar), puis un nouveau en 2011 (Blancpain Endurance Series). »
Un peu plus de frustration en GT Tour ?
« Oui car l’équipage a été compétitif toute l’année. Stéphane (Ortelli) et David (Hallyday) ont été un tandem somptueux. Ils n’ont pas commis d’erreurs et ils se sont battus jusqu’au bout avec énormément de sérieux. On peut dire qu’ils ont été les plus méritants, même si Anthony (Beltoise) et Laurent (Pasquali) font de beaux champions. Stef et David ont manqué de réussite. Je suis déçu pour toute l’équipe, Audi Team France et surtout les pilotes. »
WRT a manqué de peu la victoire aux 12 Heures de Sepang…
« Nous sommes passés à côté, même si nous nous sommes retrouvés assez vite en tête. Malheureusement, une crevaison a anéanti tout espoir de victoire. Cette course restera comme l’une des grandes déceptions de l’année. C’est un peu la même déception que nous avons connu en GT Tour à Albi. Pour les 12 Heures de Sepang, nous avions des pilotes ultra expérimentés, tels Frank Biela ou Marco Werner. C’est incroyable de travailler avec des légendes du sport automobile comme eux. Avec un palmarès au Mans éloquent, Frank et Marco valent un Tom Kristensen (rires). »
Quelques anecdotes sur cette saison bien remplie ?
« Des anecdotes il y en a beaucoup. Tous les pilotes ont beaucoup donné. Avec chaque pilote il y a eu des anecdotes. Je dirai comme ça au hasard, les messages radios de Filipe et Stéphane ou la présence de Mattias (Ekström) et Timo (Scheider) à Spa. Timo avait un léger souci à un œil. Avec le Dr Ullrich, on se demandait si nous allions le remettre dans l’auto. On lui a passé un message radio à la moitié de son relais pour savoir comment ça allait. Sa réponse était claire : « Mon nom est Scheider et lorsque je commence quelque chose je termine toujours ce que j’ai commencé. » Il a bien entendu dit cela sur le ton de la blague, mais cela prouve l’implication des pilotes. Le dernier relais de Filipe restera aussi comme un grand moment. Il enchaînait record du tour sur record du tour pour remonter sur la Mercedes qui était troisième, mais nous savions qu’il devrait faire un splash pour terminer la course. Filipe nous disait à la radio : « Je vois la Mercedes devant moi, je pousse, je pousse… » Il a réussi à passer, mais il a dû repasser par le stand pour ravitailler. Il a donné tout ce qu’il pouvait. »
Quels sont les projets pour 2012 ?
« Notre ambition est d’être en Championnat du Monde GT. SRO veut partir sur de nouvelles bases et nous aimerions en faire partie. C’est une série qui va débuter, comme a débuté cette année la Blancpain Endurance Series. Nous devons attendre les derniers détails qui devraient arriver sous peu. Nous n’avons pas encore la certitude de participer à la Blancpain Endurance Series pour remettre en jeu nos titres, mais c’est dans nos plans d’être de la partie avec deux autos. Ce championnat est un peu notre bébé. »
« Il est prévu de limiter les programmes pour réagir aux éventuels problèmes. Une chose est acquise, le championnat belge ne fera partie de nos programmes. Nous avons vendu nos Volkswagen Scirocco. Le GT Tour n’est pas à exclure, car le Championnat de France est d’un très haut niveau, même si la saison a été difficile sur plusieurs points. Je pense que la situation a été un peu trop exagérée. Les équipes sont compétitives et le championnat est serré où le spectacle est toujours très beau. Avant d’avoir de bons pilotes, il faut mettre en place les programmes. Tout le monde prépare 2012 à fond. Nous sommes bien conscients que nous avons connu une certaine réussite et nous allons travailler encore plus. Nous avons encore du travail pour faire partie des équipes de référence comme Phoenix Racing, Vita4one ou HEXIS Racing. »
Propos recueillis par Laurent Mercier