Lauréat de la GT Academy 2010, Jordan Tresson a débuté par la Coupe d’Europe GT4, pour passer ensuite en Blancpain Endurance Series sur une Nissan 370Z alignée par le team britannique RJN. Avant d’aborder le dernier round de l’année à Silverstone où le jeune pilote joue le titre en compagnie de Alex Buncombe et Christopher Ward, Jordan fait le bilan de sa première saison en endurance, avant souhaitons-lui de marcher sur les traces de Lucas Ordoñez avec un passage en LMP2. Rappelons qu’on l’a aussi vu en Le Mans Series, comme ingénieur au sein du team IMSA Performance-Matmut.
Laurent Mercier : Avant ce dernier meeting, quel bilan tires-tu de ta saison ?
Jordan Tresson : « Pour moi il est positif car nous avons terminé toutes les courses, avec en prime une belle victoire de catégorie aux 24 Heures de Spa. Nous comptons bien clôturer cette saison avec le titre. Pour cela il nous manque seulement 7 points. Si Lotus remporte la course, il nous faut juste terminer et si Lotus ne gagne pas, nous sommes champions. »
Tu préfères maintenant l’Endurance au sprint ?
« C’est sûr qu’avec des courses de trois heures, cela n’a plus grand-chose à voir avec le sprint que j’ai connu en Coupe d’Europe GT4 et ses manches de 40 minutes. J’en avais déjà eu un aperçu l’an passé à Portimao où j’avais roulé seul. Je préfère l’Endurance et je compte bien poursuivre dans cette voie. Bien sûr, cela demande plus de travail et il faut partager un maximum d’informations avec son coéquipier. De plus, rouler la nuit sur une course de 24 heures, c’est carrément magique ! Voir le petit matin à Spa est quelque chose d’inoubliable. C’était pour moi un grand moment. L’auto n’a pas rencontré le moindre souci durant la seconde partie de la course, sachant que l’auto était neuve. »
La catégorie GT4 manque tout de même un peu de concurrents en Blancpain Endurance Series ?
« Il est clair que cela manque de concurrence et on ne peut que le regretter. Toutefois, les luttes avec la Lotus sont intenses et rien n’est jamais joué d’avance. A Magny-Cours, ils terminent 8 secondes derrière nous après trois heures de course. Nous avons l’avantage d’avoir une auto très fiable avec un équipage homogène. »
La cohabitation avec les GT3 est bonne ?
« J’ai l’habitude de faire du karting avec beaucoup de concurrents en piste. Il suffit de bien appréhender ce que veulent faire les pilotes GT3 et cela ne pose pas de problème. De toute façon, c’est un peu la même chose entre les LMP et les GT. »
Quelle est la prochaine étape pour toi ? Marcher sur les traces de Lucas ?
« Bien entendu et je vais tout faire pour cela. Si Lucas l’a fait, pourquoi pas moi… C’est encore un peu tôt mais je vais faire mon possible pour arriver en LMP2. J’aimerai aussi prendre part aux 24 Heures du Nürburgring, avec les deux manches VLN préparatrices obligatoires. Je vais déjà disputer les 24 Heures de Dubai sur une des deux Nissan 370Z/RJN avec les trois autres lauréats de la GT Academy. Ce sera une belle expérience. Pourquoi pas faire un double programme avec une présence sur une Nissan GT-R GT3 dans la série Blancpain. »
Ta préparation pour le Marathon de New-York avance ?
« Pour le moment, j’ai couru durant 21 km. Je fais quatre ou cinq sorties par semaine et d’ailleurs en arrivant à Silverstone, je suis allé faire deux tours de circuit. C’est sympa de courir sur la piste car cela te donne aussi des repères et tu vois les choses un peu différemment. L’objectif sera de terminer le Marathon en moins de quatre heures et premier des lauréats de la GT Academy. Seul Lucas ne sera pas de la partie, compte tenu du clash avec l’ILMC de Zhuhai. En étant réaliste, j’espère bien faire dans les 3h45 et en étant optimiste moins de 3h30. Je pars dans une semaine afin de repérer les lieux. »
Propos recueillis par Laurent Mercier