Si les départs de Peugeot et Audi avaient été un coup dur pour les Le Mans Series, la liste des engagés avait été de nature à rassurer. La première manche du championnat, à Barcelone, a confirmé cette impression avec une course intéressante, faite de belle bagarre, de rebondissements et de surprises. Qui s’en plaindra ? Surtout pas nous !
Une Ginetta-Zytek en pole position à la surprise générale, une Aston Martin LMP1 qui confirme son statut de favorite non sans difficulté, Pescarolo et Oreca qui confirment qu’il faudra bien compter sur eux : les 1000km de Catalunya nous ont ravis ! Après les qualifications, il était bien compliqué de pronostiquer le vainqueur de la course. La diversité du plateau, la qualité mais aussi les interrogations qui n’étaient pas encore levées étaient telles que le coup d’envoi des Le Mans Series s’annonçait passionnant. Il l’a été sans aucun doute. Et si l’édition 2008 avait été un excellent cru, avec un duel Audi vs Peugeot à couper le souffle, il faut bien avouer que voir dix protos se tenir en quelques secondes est également captivant. Non pas que nous serions contre une présence des R15 et des 908 bien au contraire. Mais disons qu’avec des Diesels moins « hors de portée », la bataille pourrait être tout simplement extraordinaire ! Revenons en à la course, qui a vu la première victoire d’Aston Martin Racing dès la première apparition de la Lola-Aston Martin LMP1.
Aston Martin : Une victoire en trompe l’œil ?
En 2008, la Lola B08/60 avait été la meilleure ennemie des diéselistes. Sous la bannière du Charouz Racing, Stefan Mücke et Jan Charouz s’étaient régulièrement illustrés. C’est donc en toute logique qu’Aston Martin Racing faisait figure de grand favori en arrivant sur le circuit de Catalunya. Les hommes de David Richards ont confirmé leur rang, mais avec moins de marge que prévue sur une meute de teams ambitieux.
Après des débuts timides lors des Essais Officiels, la Lola-Aston Martin LMP1 était attendue au tournant. Les deux protos britanniques étaient également attendus en première ligne. Finalement, ils seront privés de la pole par une Ginetta-Zytek époustouflante. Comme cette dernière n’a pas profité de son bien très longtemps, AMR a rapidement pointé aux commandes. Mais ce n’était pas encore l’heure du cavalier seul, Speedy/Sebah, également propulsé par le V12 Aston Martin, jouant les trouble-fêtes. Plus tard dans la course, AMR abdique devant la nouvelle Pescarolo, et même un temps devant une Oreca. Voilà qui a le mérite d’être clair : les voitures aux couleurs Gulf ne sont pas encore au dessus du lot.
Leur performance pure n’est pas en cause, en témoigne le meilleur tour réalisé par Stefan Mücke. Le comportement de l’auto, lui, n’était pas encore tout à fait sain. Les pilotes ne cessent de se débattre avec leur monture, ce qui les conduit parfois à partir à la faute. Enge ou Ramos en ont fait l’expérience. La Lola-Aston Martin LMP1 est instable et souffre d’un sur-virage chronique. Plus inquiétant peut être pour AMR est le fait que la Lola B08/60 semble plus équilibrée. Les modifications effectuées en partie pour soigner le look de la bête auraient-elles quelques incidences fâcheuses ? La présence de l’aileron avec la fixation par le haut, absent au HTTT, serait-il lui aussi à l’origine du problème ? Toujours est-il qu’Aston Martin Racing n’est pas encore parvenu à obtenir une balance aéro exemplaire. Autre point négatif à signaler : la consommation des pneus. AMR a mangé de la gomme et n’a pas pu doubler les relais. De quoi perdre plus d’une minute sur Pescarolo Sport dans les stands.
Outre la victoire, AMR peut tout de même se satisfaire d’une chose : la fiabilité de ses bolides. Certes la 009 a abandonné suite à un ennui mécanique, probablement transmission, mais la 007 n’a pas connu de contre-temps. Pour une première apparition en compétition, voilà qui est plus que positif pour des autos dont le programme d’essais avait jusque là été réduit. Avec des séances prévues à Monza ou encore en Algarve, AMR va avoir la possibilité de peaufiner la fiabilité et les réglages. La marge de progression est grande, et comme le V12 a toujours de la puissance à revendre, il faudra compter sur cette voiture lors des prochaines courses, notamment sur les circuits rapides comme Le Mans.
Quoi qu’il en soit, si Aston Martin sort vainqueur avec la 007, il le doit certainement à deux paramètres. Le safety-car tout d’abord : entré en piste suite au tête à queue de la 009 (tiens, tiens), il a permis à la 007 de fondre sur la Pescarolo. Stefan Mücke ensuite : le Berlinois, qui a largement dominé ses coéquipiers, s’affirme de course en course comme l’un des meilleurs pilotes actuels. Dommage que ses partenaires ne soient pas à son niveau. Les équipages n’ont pas été des plus homogènes ce week-end et cela pourrait avoir son importance par la suite.
Pescarolo : Des débuts réussis !
Maudite neutralisation doit se dire Henri Pescarolo. Sans la dernière intervention de la voiture de sécurité, la nouvelle Pescarolo filait vers la victoire. Pour une première, cela aurait été un coup de maître. Mais la course est ainsi faite : Christophe Tinseau a dû s’incliner devant Stefan Mücker et les Verts devront patienter un peu avant de retrouver la plus haute marche du podium. Ils se consoleront avec les impressions laissées par la Pescarolo 2009.
Finie d’être assemblée quelques jours avant l’épreuve, arrivée à Barcelone avec seulement quelques kilomètres effectués à Brétigny, la dernière arme de Pescarolo Sport s’est montrée performante dès ses premiers tours. Une voiture bien née : parfois utilisée à tord et à travers, l’expression est cette fois utilisée à bon escient. La nouvelle Pescarolo a rapidement amélioré le chrono 2008 et, sans un drapeau rouge, elle pouvait largement prétendre à la première ligne.
Bien que gêné au départ, Jean-Christophe Boullion a confirmé cette sentiment au départ, remontant sur les voitures de tête. La n°16 s’est d’ailleurs emparée des commandes avant la fin de la première heure. Une position occupée durant la majorité de la course. C’est toutefois durant la première partie que la nouvelle Pescarolo a laissé la meilleure impression : elle était clairement plus rapide que les Lola-Aston Martin. Par la suite, elle a semblé marquer le pas. Logique dans la mesure où elle effectuait ses débuts et que l’équipe est encore en phase de découverte de sa nouvelle voiture.
Au niveau pneumatiques, cela n’a pas été sans conséquence. Le team a opté pour un train différent lors du second relais de Jean-Christophe Boullion et ce dernier confiait que les derniers tours n’avaient pas été simples. Pescarolo Sport a d’ailleurs souvent doublé les relais, grignotant ainsi de précieuses secondes dans les stands, quitte à en perdre quelques unes en fin de stint. A noter que la n°16 est la seule LMP1 à avoir passé moins de huit minutes dans les pits, malgré un problème de vérin. Voilà qui est intéressant.
La voiture sœur a vécu une course plus difficile. Après avoir été à la bagarre avec les Audi et les Courage-Oreca durant la première heure, la n°17 a rapidement perdu tout espoir. Après être sortie de la pitlane malgré le feu rouge, elle a en effet écopé de trois minutes de pénalité. Tout bonnement rédhibitoire. Par la suite, Joao Barbosa et Bruce Jouanny ont fait le travail, avec une bonne prestation pour leur première chez les Verts. De quoi se classer au sixième rang et offrir à la Pescarolo « ancienne génération » trois petits points pour son ultime apparition en compétition. A Spa, les deux autos seront équipées de la nouvelle aéro. De quoi afficher de grandes ambitions.
ORECA : Une histoire de contrastes…
Le Team ORECA-Matmut-AIM a vécu un week-end contrasté. Par sagesse, il avait décidé de ne pas se présenter avec sa nouvelle aéro à Barcelone, et ce afin de mieux l’exploiter à Spa. Mais les ambitions étaient tout de même élevées. De ce point de vue, les essais n’ont pas été à la hauteur des attentes, les pilotes n’étant pas complètement satisfaits de l’équilibre de la voiture. La qualification s’est inscrite dans la continuité, avec les septième et huitième chronos. Pour leur dernière sortie, les deux Courage-Oreca étaient certainement attendues un peu plus haut sur la grille.
Après ce début de meeting mitigé, l’équipe a nettement inversé la tendance pour la course. Certes, le début a été difficile, la n°11 se faisant bloquer par une Audi, tandis que la n°10 se retrouvait en bataille avec l’autre R10. ORECA est en fait monté en puissance au fur et à mesure que les heures passaient. Ainsi, Olivier Panis et Nicolas Lapierre ont effectué une solide remontée au classement, passant de la douzième place après le premier tour à la deuxième position juste avant le cap de la mi-course. La LC70E avait semble-t-il retrouvé son comportement hivernal. Durant la troisième heure, Panis a ainsi repris plus de trente secondes à l’Aston Martin 007 et à la Pescarolo n°16. Il dépassait même Enge, avant de pointer à quelques encablures de Tinseau. Las, la mécanique le trahissait, la n°11 étant contrainte à l’abandon suite à un problème de transmission.
La n°10 n’a pas eu une course facile, mais c’est elle qui ramène les points à la maison. Le tandem Senna/Ortelli a perdu un tour sous safety-car, puis un deuxième après un problème de pistolet pneumatique lors d’un ravitaillement. Dommage pour le duo qui est parvenu à se dédoubler à plusieurs reprises par rapport au leader. Auteurs d’une course régulière, les deux hommes ont profité des ennuis de leurs adversaires pour grimper sur le podium. Podium qui devrait leur donner une bonne dose de confiance.
Alors quel bilan pour ORECA ? La satisfaction de la troisième place ou la déception d’avoir manqué une chance de faire encore mieux ? Un peu des deux certainement. Si l’on occulte le tour le plus rapide, les Courage-Oreca ont été parmi les voitures les plus compétitives en course. Le rythme était bon, voire meilleur que celui d’autos plus récentes. Plutôt prometteur pour un proto qui doit recevoir sa nouvelle aéro d’ici peu.
Du côté des autres enseignements positifs, on notera de la prestation des pilotes. Hugues de Chaunac n’avait pas tari d’éloges sur ses protégés. Ils n’ont pas déçu. Nicolas Lapierre et Olivier Panis ont confirmé les performances effectuées en 2008. Stéphane Ortelli est toujours l’une des références de la catégorie, son expérience ayant certainement été d’une grande utilité pour Bruno Senna. Le Brésilien a montré qu’il n’était pas seulement un nom. Déjà performant lors des qualifications, le Pauliste a étonné par sa maîtrise dans le trafic, quoi que parfois un peu chaud sur les vibreurs !
La timide mise en route et le problème de transmission sont les seules ombres au tableau. Dans le premier cas, l’équipe, qui paye certainement ses nombreux roulages au HTTT, a su redresser la barre. Pour le second point, le Team ORECA sait que la fiabilité devra être sans faille s’il veut atteindre son objectif. Dans cette optique, Spa sera vraisemblablement une étape importante, d’autant que la nouvelle aéro y sera dévoilée.
Signature : Au pied du podium !
« Quelque chose nous dit que Signature-Plus pourrait bien surprendre ». Tels sont les mots que nous avions utilisé au moment de conclure notre présentation des 1000km de Catalunya. Le team basé à Bourges a parfaitement rempli sa mission au cours de son week-end espagnol. Il a réussit son entrée en matière dans les Le Mans Series, et plus généralement dans une discipline qu’il découvrait. Si les premiers pas de certaines équipes ont été difficile, cela n’a pas été le cas de Signature-Plus. Avec une Courage-Oreca en configuration 2008, hormis l’aileron, Pierre Ragues et Franck Mailleux ont su tirer leur épingle du jeu. Déjà lors des qualifications, le premier nommé s’était position juste derrière les deux LC70E officielles, à cinq dixièmes d’Olivier Panis. En course, il poursuivait sur cette lancée, étant à la bagarre avec les deux voitures du Team ORECA, une Pescarolo et les Audi. Tout cela, à la régulière.
C’est à la fin d’une première heure animée qu’est intervenu le premier petit ennui : un contact avec une R10 qui a contraint la n°12 a passé par le stand pour un changement de capot. Une intervention qui coûtera finalement le podium. Car si le tandem Ragues/Mailleux était retombé au treizième rang du général, il a grappillé des places au fur et à mesure que la course avançait jusqu’à se hisser dans le quinté de tête. Le podium était même envisageable, avant que Stéphane Ortelli ne mette les bouchées doubles pour que la Courage-Oreca n°10 ne prenne définitivement l’ascendant. Qui l’eut cru ?
L’équipage est homogène, certes jeune mais déjà dans le bon rythme et relativement sage dans le trafic. Quant à l’équipe, elle s’est rapidement adaptée à son nouveau terrain de jeu, même si la marge de progression existe : les arrêts au stand n’ont pas été les meilleurs du paddock. Logique pour un team qui débute dans la discipline. La voiture, elle, n’a pas connu le moindre problème mécanique. Un élément qui comptera cette saison. La lutte sera farouche en tête et se tenir en embuscade pourrait rapporter gros.
Strakka : Watts est si seul…
Un coup d’éclat et puis plus rien… ou presque. Voilà comment nous pourrions résumer le parcours du Strakka Racing ce week-end. Samedi, Danny Watts a créé LA surprise en hissant la Ginetta-Zytek en pole. Certes, les qualités du châssis étaient connues. Mais de là à se placer devant les Lola-Aston Martin ou la nouvelle Pescarolo, c’est tout de même une sacrée performance que Danny Watts a réalisé. Le Britannique a prouvé, si besoin en est, qu’il mérite mieux qu’une place en Porsche Cup comme c’était le cas en 2008. Comme avec sa version LMP2, Ginetta-Zytek semble s’être bien accommodé du règlement 2009. La 09S marche bien, mécaniquement et aérodynamiquement parlant. Elle mérite désormais un trio de pilotes capable de la faire briller sur la durée d’une course.
La course justement, elle a pris une tournure inattendue. Avouons-le, il y a parfois des choses que nous avons du mal à comprendre. Avec la pole, nous imaginions Strakka Racing confié le départ à Danny Watts, histoire de briller devant les caméras. La Ginetta-Zytek a bien été sous les feux des projecteurs, mais pour d’autres raisons : Peter Hardmann ratait totalement son envol et semait la zizanie dans le peloton. La 09S aura profité de sa pole position durant… une fraction de secondes.
Les premiers relais étant assurés par Hardmann/Leventis, la n°23 a rapidement perdu plusieurs rangs, avant de se retrouver dans un profond anonymat. C’est seulement une fois Danny Watts de retour au volant que la voiture a repris des couleurs, ce dernier signant le… deuxième meilleur tour en course. Il y a des performances qui valent mieux que de trop long discours. Strakka repart avec le point de la pole et les quatre unités de la cinquième place. Pour sûr, l’équipe aurait signé avant de prendre la direction de l’Espagne. Mais on se permet d’insister, cette Ginetta-Zytek mérite mieux. Souhaitons simplement que le Team LNT aligne un trio professionnel à Spa…
Speedy/Sebah : De belles promesses !
Septième en LMP1,le Speedy Racing/Team Sebah peut nourrir de sérieux regrets à l’issue des 1000km de Catalunya. L’équipe suisse s’annonçait comme un sérieux outsider, elle n’a pas déçu. La n°13 avait d’ores et déjà montré de belles dispositions lors des qualifications, avec le cinquième chrono d’Andrea Bellicchi. Le départ sera encore meilleur, le pilote italien se hissant au second rang, entre les deux Lola-Aston Martin officielles. Le rêve se poursuivra encore un peu : le team optait pour une stratégie décalée qui lui permettait de pointer en tête. Un choix payant… sur le court terme. Car en ne s’arrêtant pas sous safety car, la Lola B08/60 a dû le faire sous régime de drapeau vert, opération qui lui a fait perdre un voir deux tours.
Malgré cela, le podium était encore à la portée de Bellicchi/Fässler/Prost au moment d’aborder la cinquième heure. Malheureusement, à 90 minutes du terme une alarme se déclarait au niveau de la température moteur et les deux arrêts successifs, qui ont coûté plus d’une demi-heure, ont eu raison des espoirs de la Lola-Aston Martin argentée. Par rapport au niveau de compétitivité affiché, les deux points sont donc une maigre récompense.
L’impression laissée, elle, est plus que positive. Malgré des essais hivernaux limités à deux séances, Speedy/Sebah a été dans le coup dès le début. Compte tenu du niveau de la catégorie, cela n’est pas chose aisée. Comme déjà dit un peu plus tôt, la B08/60 a également semblé mieux équilibrée que l’Aston Martin LMP1, avec qui la comparaison directe est plus aisée, les deux autos ayant la même base. Face à des voitures qui ont davantage évolué durant l’hiver, le kit-aéro 2009 a semblé porter ses fruits. Les pilotes ont aussi répondu à l’appel, particulièrement Andrea Bellicchi, qui, on a tendance à l’oublier, faisait ses premiers pas dans la catégorie reine.
Si la fiabilité est au rendez-vous, Speedy/Sebah devrait donc pouvoir tirer son épingle du jeu. Dans la course à la première position en Essence, il y aura AMR, Pescarolo et ORECA… mais aussi Speedy-Sebah !
Kolles : La bérézina…
Audi n’a pas toujours été présent officiellement en Le Mans Series, mais en 2004 et 2005, les structures privées avaient brillamment assuré la relève. On ne pourra pas en dire autant du Team Kolles, tant la prestation des R10 TDI aura été catastrophique en Espagne. Les essais avaient laissé un sentiment mitigé, mais des chronos moyens et irréguliers. Quant au comportement des pilotes, il n’avait pas été de nature à rassurer.
Il est clair que la course n’a été qu’une confirmation de tout ce qui avait été vu durant les tests. L’Endurance n’est pas une discipline facile, le Team Kolles l’a appris à ses dépends. L’équipe a encore un sacré bout de chemin à faire avant de pointer en haut de la hiérarchie et cela pour plusieurs raisons. Les pilotes tout d’abord. Seul Christijan Albers a surnagé, logique puisqu’il avait déjà une expérience de la R10. Michael Krumm a réalisé quelques bons chronos, mais il a été trop inconstant. Quant aux autres, ils n’ont pas été exempts de tout reproche. Le bilan peut paraître dur au premier abord, mais il est un fait que les cinq hommes n’ont pas marqué la première manche de leur empreinte. Les erreurs ont coûté chères puisqu’elles ont occasionné des casses mécaniques et donc des arrêts au stand, dont un définitif.
Le team, lui aussi, est encore loin de la perfection. Les ravitaillements n’ont pas été des plus rapides. Surprenant pour une structure qui est habituée à faire des pit-stop ultra rapide en DTM. L’exploitation, elle, devrait s’améliorer au fil des manches : Kolles découvre et le matériel et la discipline. A la décharge de l’écurie, un programme réduit à une seule séance durant l’intersaison ne lui permettait pas d’aborder cette course dans les meilleures conditions.
Reste le matériel. Déjà l’an dernier, la R10 avait montré quelques signes de fatigue. On l’a dit et répété, il fallait bien le talent d’Audi Sport pour la faire gagner. Avec des brides plus petites et aucune évolution apportée durant l’hiver, la R10 commence à souffrir de la comparaison avec des privés qui ont aiguisé leurs armes durant l’hiver. Le règlement 2009 n’a pas dû aider, le proto allemand reprenant un aileron initialement dessiné pour la R15. Il ne restait à la n°14 et à la n°15 que la puissance comme atout. Et de ce point de vue, le Diesel conserve un avantage sur la concurrence. Ce n’est pas sans poser problème : les Essence, P1 ou P2, sont plus rapides en courbe, voire plus rapides tout court, mais elles ne peuvent rivaliser en ligne droite. Cela a conduit à quelques situations délicates, qui auraient pu mal se terminer.
Alors quel avenir pour le Team Kolles ? Au Mans, la rapidité du tracé devrait permettre aux R10 de tirer leur épingle du jeu. En Le Mans Series, mystère. Une certitude : l’image donnée en Catalogne n’est pas à la hauteur du standing affiché habituellement par Audi. Tiens, c’est bizarre, on commence à parler d’une R15 à Spa. Alors, simple bluff ou envie de la part de la firme aux quatre anneaux de donner le change aux Peugeot 908 ?
Réponse d’ici peu, mais quelque chose nous dit que les 1000km de Spa devraient valoir le coup d’œil. Nous en saurons plus sur l’équivalence Essence-Diesel puisque Peugeot sera présent. Le Lion devra affronter un clan « Essence » qui se cherche un leader. Aston Martin voudra affirmer sa (très) légère suprématie, Pescarolo confirmer le potentiel de sa nouvelle voiture et ORECA dévoiler celui de sa nouvelle arme. Sans oublier Ginetta-Zytek. En Bref, nous allons nous amuser dans les Ardennes belges !
Anthony Megevand











