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Médiatisation des séries, l’état des lieux…

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Il y a tout juste un an, nous montrions du doigt une médiatisation des différentes séries quasiment inexistante. Comme nous l’avons dit, le WEC devrait donner un nouvel élan à l’Endurance. De là à ce que le Championnat passe sur une grande chaîne nationale, la marche est grande. A une époque où la Formule 1 fait de moins en moins recette, il faudrait peut-être saisir la balle au vol, surtout avec l’arrivée prochaine des nouvelles technologies. Pour le moment, ce n’est qu’un match Essence/Diesel mais cela devrait changer à l’avenir. Hope Racing a le courage de vouloir développer une hybride et d’autres vont emboîter le pas à moyen terme. Au risque de nous répéter, la médiatisation doit et devra passer par Internet, et on peut dire sans se tromper que le Web a joué un rôle favorable à l’essor des séries : plus facile d’avoir des infos et de les relayer, un réseau ouvert au monde entier, une confrérie d’internautes inépuisable reliant des milliards de personnes, etc… Oui mais à priori cela ne suffit pas. Stéphane Ratel Organisation a dégainé le premier avec une diffusion des courses sur la toile, que ce soit le Championnat du Monde GT1, Championnat d’Europe GT3 et Blancpain Endurance Series. On l’a déjà écrit dans ces colonnes, il n’y a rien à redire sur le sujet. Tout est au top, de la diffusion aux commentaires. C’est la même chose en Grand-Am ou ALMS où l’on peut voir toutes les courses en streaming. Souhaitons que le WEC s’en inspire pour 2012, tout comme les Le Mans Series. Bien entendu, cela coûte de l’argent, mais la médiatisation passe aussi par là. Attention toutefois à ce que les commentaires suivent, car c’est loin d’être le cas partout. On entend parfois de ces inepties…

 

Faire revenir le public…

C’est bien beau tout ça, mais il faut aussi faire revenir les gens sur les circuits. Sur certains meetings, il y a plus de monde sur la grille de départ que dans toutes les tribunes réunies. Pourtant les prix sont souvent attractifs, mais les spectateurs boudent, sauf à quelques exceptions. Les paddocks sont généralement accessibles et tout est mis en œuvre pour que les personnes présentes puissent approcher les pilotes avec des séances d’autographes. Maintenant on peut se poser la question de savoir à quel moment on considère que la course a réuni du monde : 10 000 ? 20 000 ? 50 000 ? C’est sûr que pour les partenaires, il est préférable de voir des tribunes garnies et de l’animation. Philippe Dumas (HEXIS AMR) regrettait à l’issue de la manche Blancpain Endurance Series de Magny-Cours qu’aucune promotion n’ait été faite et qu’il fallait penser à la promotion et aux médias. On ne peut qu’abonder dans son sens. Aucune affiche présente dans les environs, pas de programme, pas de courses de support de renom. Pas mieux pour les médias avec une connexion payante de 50€. A l’heure où le moindre établissement de restauration rapide propose une connexion wifi gratuite, il est inconcevable de faire payer Internet. La plupart des circuits l’ont compris, mais certains résistent. On mettra un bonnet d’âne à Magny-Cours, Monza, Barcelone et Le Mans. On peut clairement dire que c’est du racket. Les médias sont présents pour parler de l’événement et on les fait payer. C’est le monde à l’envers. Notons que les équipes connaissent la même situation à ce sujet. Sachez que pour couronner le tout, une série a eu l’idée saugrenue de faire payer les médias pour pouvoir couvrir un meeting. Là c’est le pire du pire… Il n’est pas normal non plus qu’il faille attendre le début d’un meeting pour avoir une entry list à jour sur bon nombre de séries. On sait que les temps sont durs, mais TBA est le plus connu des pilotes.

 

Du show en plus du sport auto…

Ne l’oublions pas, il y a peu de chance d’intéresser les spectateurs sur un long format. Il faut donc de l’animation autour. Renault l’a bien compris avec les World Series by Renault où tout le monde y trouve son compte, les plus grands comme les plus petits. Le Mans, Spa et le Nürburgring sont des cas à part, ces trois courses étant des monuments du sport automobile. Outre une course automobile, on vient voir du show, comme ce qui se fait notamment en GT Tour. Des animations dans le paddock, une activité intense en piste avec différentes séries, et…David Hallyday. On se demande pourquoi aucune série n’a encore eu l’idée de relancer une série monotype où des stars seraient derrière le volant. On se souvient encore du carton du Speedy Star Mobil avec les Fiat Punto. Tout le monde était ravi d’en découdre sur la piste. Les spectateurs viennent aussi pour ça. Vous mettez des sportifs, des chanteurs, des acteurs, des présentateurs et le tour est joué. Si ce genre de série est valable dans l’Hexagone, c’est aussi le cas à l’étranger. Audi est bien capable de mettre une A1 bodybuildée sur la piste. Peugeot peut en faire de même avec une RCZ. Dans chaque pays, il suffirait d’inviter les stars nationales ou locales. Pourquoi pas aussi y adjoindre d’anciens pilotes. Renault l’a fait dans les années 80 avec sa Coupe R5 Turbo. Ce n’est que notre idée, mais c’est un bon moyen de faire venir le public. La quasi-totalité des sportifs, chanteurs ou acteurs aiment l’automobile et la vitesse en général. Combien sont venus aux 24 Heures de Spa pour voir Bob Sinclar avec en première partie une course automobile… La compétition oui, mais pas que ! Des milliers de personnes se pressent bien chaque vendredi de la semaine des 24 Heures du Mans pour la Parade des Pilotes.

 

Les fans de GT ont encore en mémoire le fameux BPR des années 90. Croyez-le ou non, mais ce BPR (Barth/Peter/Ratel) peut être remis au goût du jour. Jürgen Barth s’occupe de l’ADAC GT Masters, Patrick Peter des Le Mans Series et Stéphane Ratel de plusieurs championnats GT européens. Imaginez trois plateaux réunis sur un même meeting en Allemagne. Bien sûr, le timing serait un peu court pour faire rouler tout le monde, mais l’idée a de quoi séduire. C’est un peu comme en politique, avec différents courants qui au final veulent une seule et unique chose : que le pays aille mieux ! Le principe est le même en sport automobile car tous les promoteurs veulent réunir le plus de monde et que tout le monde soit content. Les Le Mans Series roulent en Europe tout comme le Championnat d’Europe GT3 ou la Blancpain Endurance Series. Pourquoi ne pas les réunir sur un meeting, avec en alternance la série Blancpain et le FIA-GT3. Les pilotes y trouveraient leur compte, tout comme les médias et les équipes. L’International GT Open pourrait aussi en être ainsi que certains championnats GT nationaux. Certes, l’ACO et SRO ont pris des chemins différents, mais chacun veut au final la même chose…

 

Laurent Mercier

 

 

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