Comme vous le savez, à Endurance-Info nous sommes toujours prêts à enfiler un casque pour un tour de piste, et ce peu importe l’engin. Nous sommes allés rendre une visite à l’ami Christophe Contre, qui dirige le FormulaKart Speedway (site) situé à Champniers, dans la banlieue proche de Angoulême. Nous reviendrons ultérieurement sur son complexe de karting, digne des plus grandes pistes. Le but du week-end était de rouler dans différents karts, du simple engin de loisir au 270 cm3 au 125 cm3 à boîte. Pour être totalement franc, notre dernière expérience en karting remontait à 2008 où sur la piste de Dijon, nous avions roulé en compagnie du Team Luc Alphand Aventures, course remportée d’ailleurs par Endurance-Info. On passera sur le fait que nous étions en route pour un doublé lorsque votre serviteur a voulu faire l’intérieur à son collègue et ami Anthony, intérieur qui s’est terminé dans un bac à graviers. Dans ce cas, les consignes d’équipe auraient été utiles. Bref passons sur ce fâcheux contretemps pour en revenir à notre week-end karting, interrompu malheureusement par une météo capricieuse qui nous a empêché de rouler le second jour. Ce n’est que partie remise pour tester le vrai kart de compétition.
Le FormulaKart Speedway a la particularité d’avoir un tracé sinueux avec une piste en dévers. Pour débuter et se familiariser avec la piste, Christophe nous propose de rouler avec un kart loisir histoire d’apprendre la piste et de découvrir les bonnes trajectoires. Nous nous équipons avec un casque siglé Nico Rosberg, alors que notre karting d’un jour s’appelle Toro Rosso F1 GP. De quoi se mettre dans le bain… Comme les professionnels, il nous faut prendre des repères. Les premiers tours se font à allure plutôt tranquille car compte tenu du dévers de la piste, toute sortie est à proscrire. On tutoie petit à petit les vibreurs pour hausser le rythme au fil des tours. Bon c’est bien gentil Christophe, mais le kart loisir, c’est un peu lent… Place donc à un peu plus de puissance où la vitesse de pointe avoisine les 80/90 km/h. Là on commence à causer pilotage. Nous suivons les deux collègue du maître des lieux sur les premières boucles afin d’apprivoiser l’engin. Le karting étant équipé d’un transpondeur, il est donc facile d’avoir connaissance de ses chronos à l’issue du roulage. Nous effectuons une seconde séance de roulage non chronométrée histoire d’approfondir les trajectoires et de ne pas se mettre la pression. On appellera ça essais libres. Nous prenons maintenant la partie du bas à fond, en venant lécher le vibreur à la sortie. Malheureusement, il y a toujours une épingle qui pose problème, avec la bonne trajectoire compliquée à trouver, sans faire le moindre travers.
Place ensuite au chrono avec dix tours au programme. La première boucle s’effectue en 36.698 et les tours suivants quasiment dans le même dixième. Le 8ème tour a été le plus rapide en 36.342s. Vu que nous n’avions pas le moindre repère, il n’est pas facile de savoir où nous en sommes. Après un moment de réflexion pour savoir où il était possible de grapiller du temps, nous sommes repartis au charbon, avec la gnak d’un pilote professionnel Au fil des tours, les trajectoires se font plus fines, avec plus aucune dérobade à la sortie de l’épingle. Les vibreurs font maintenant partie de notre quotidien et à chaque tour, on se prend à aller plus vite, jusqu’au 7ème tour que nous sentions au top. Tout y était, la rapidité, les trajectoires, le freinage. Chaque point de freinage était respecté , tout comme le point de corde et le point de sortie. De quoi décrocher la pole sans aucun problème avec une amélioration à la louche d’au moins 1.5s. Au tour suivant, retour dans la pitlane pour prendre connaissance du chrono. Résultat : 36.062, soit une amélioration de…280 millièmes. Tout ça pour ça ????? Pourtant, à notre humble avis c’était le tour qualif’ idéal, sans le moindre trafic avec un pilotage au cordeau.
Les vrais pilotes vous le diront, ce sont les derniers millièmes les plus compliqués à aller chercher et on s’en est bien rendu bien compte. Nous nous sommes battus contre nous-mêmes et non contre une multitude de concurrents. Imaginez une dizaine de pilotes qui peuvent tourner dans la même seconde sur un tracé long de 5 km, sachant qu’en plus les autos sont différentes. Comment peuvent faire les Romain Dumas ou Simon Pagenaud pour repartir en piste dans les dernières minutes d’une séance qualificative et faire claquer un chrono. Mystère ! Ah si on sait comment ils font… Ils sont tout bonnement pilotes et nous simples journalistes. Pourtant Pierre Dieudonné ou Stéphane Lémeret s’accommodent très bien du stylo et du volant. Tout ça pour dire qu’un pilote qui est à 1,5s d’un autre, c’est énorme, alors que nous pensions avoir fait mieux de 1,5s d’un seul coup en toute modestie. Eux se battent pour quelques millièmes et nous pour une seconde pleine. Dans la “vraie compétition”, on peut partir 10ème d’une course à moins d’une seconde. Quand on y pense, une seconde c’est rien mais pour eux c’est énorme ! Respect… Pour la petite histoire, il est tout même possible que nous fassions quelques vraies courses en 2012, dans un vrai peloton et avec de vraies autos, notamment à Spa-Francorchamps. A suivre…
Laurent Mercier (journaliste et non pilote)
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