Suite de notre rencontre avec les pilotes du Team SOFREV-ASP. Après « Guillaume Moreau face à l’actu sportive », place à « Olivier Pla face à l’actu Endurance ». Champion Le Mans Series LMP2 2009, le Toulousain est présent cette saison en Le Mans Series au volant de la Zytek 09SC alignée par le Quifel ASM Team. En parallèle, Olivier fait ses grands débuts en GT, avec une participation au GT Tour sur une Ferrari F458 Italia GT3 du Team SOFREV-ASP dirigé par Jérôme Policand. On l’a retrouvé également aux 24 Heures de Spa, toujours au sein de l’équipe gersoise, où il est venu épauler Patrice Goueslard et Julien Jousse. L’auto était engagée en Pro Cup, avec une belle possibilité de podium. Malheureusement, la n°10 a abdiqué dimanche matin après un souci d’embrayage. Avant de relever de nouveaux défis, Olivier nous parle de l’interdiction des LMP1 en Le Mans Series, des gentlemen drivers en piste, mais aussi un bilan de sa classique spadoise.
Laurent Mercier : Olivier, comment juges-tu l’interdiction des LMP1 en Le Mans Series dès 2012 ?
Olivier Pla : « Nous n’avons pas encore assez de recul pour juger cette nouvelle règle. Personne ne sait encore trop ce que va donner le calendrier et qui va s’engager dans la série. C’est encore un peu tôt sachant que la saison n’est pas terminée. Si l’on regarde les deux dernières saisons, on peut voir que les LMP1 ne sont pas présentes en masse. Cette année, il n’y a que quatre ou cinq voitures au gré des meetings. Il est même probable que pour les deux courses restantes, il n’y ait plus que trois LMP1 en piste. Aller rouler en Championnat du Monde d’Endurance coûte beaucoup d’argent et la situation économique n’est pas encore florissante. Les temps sont durs pour une équipe privée. On peut voir que le P2 « low cost » attire pas mal de monde. De plus en plus de constructeurs s’y intéressent “.
Selon toi, il y a trop de séries ?
« Il y a beaucoup de championnats GT, avec des séries nationales et internationales. Concernant les prototypes, c’est assez limité, avec les Le Mans Series, l’American Le Mans Series et l’Intercontinental Le Mans Cup. Il faut voir ce que va donner le Championnat du Monde GT. Cela me paraît un peu compliqué avec différentes GT qui vont concourir dans un même championnat. Les équivalences ne vont pas être faciles à trouver. Le Championnat du Monde d’Endurance est alléchant car on peut y rouler dans différentes catégories. Le contexte n’est pas évident et il faut faire des choix. C’est le cas pour les équipes, mais aussi pour les pilotes. »
Avec la multiplication des séries, on voit de plus en plus de gentlemen drivers dans des séries relevées. Est-ce un problème ?
« On a pu voir le problème aux 24 Heures du Mans. Il devient compliqué avec certains pilotes de savoir ce qu’ils vont faire sur la piste. Lorsque l’on est au volant d’un prototype, cela peut s’avérer très dangereux. C’est l’éternel problème GT/Protos. Avec les pilotes professionnels, on sait où les passer et cela ne pose pas le moindre problème. Je pense que le système a trouvé ses limites. L’écart avec les GT est devenu trop important. Au fil des ans, les rythmes de courses sont devenus tellement importants qu’on ne peut plus faire n’importe quoi. Un temps pivot respecté réellement serait la solution. »
Quel bilan tires-tu de tes 24 Heures de Spa ?
« C’est une déception pour nous car un podium était en vue. Avant le départ nous étions un peu dans l’inconnue car la Ferrari F458 n’avait rien prouvé sur une course aussi longue. Nous étions partis sur un bon rythme et le podium était nettement à notre portée. Malheureusement, la mécanique en a décidé autrement. Je tire un grand coup de chapeau à toute l’équipe qui a fait un travail formidable. J’ai pris beaucoup de plaisir dans cette nouvelle expérience et j’espère bien que les prochaines échéances nous seront plus favorables.”
Propos recueillis par Laurent Mercier