Sur le papier on ne donnait pas beaucoup de chance aux Aston Martin DBRS9/HEXIS AMR de bien figurer aux 24 Heures de Spa. Non pas que l’équipe ou les pilotes ne soient pas à la hauteur, mais juste que la DBRS9 est l’auto la plus ancienne du plateau GT3 de pointe. En revanche, HEXIS AMR pouvait compter sur une parfaite connaissance de sa monture. Pour ses débuts sur une course aussi longue, HEXIS AMR a une nouvelle fois montré un potentiel digne des grandes équipes avec des pilotes et un team parfaitement rôdés à la tâche. A quelques heures de l’arrivée, la n°4 de Makowiecki/Moser/Dusseldorp pouvait même monter sur la dernière marche du podium après être partie de la dernière position. Malheureusement un accrochage suivi d’un problème de direction assistée aura eu raison du podium, si bien que le trio n’a rallié l’arrivée qu’en 15ème position. La voiture sœur partagée par Clairay/Mena/Rodrigues a connu une course sage, exceptée un accélérateur bloqué et une colonne de direction à refixer. Pour le reste, rien à signaler. L’Aston Martin DBRS9 n°3 a franchi le drapeau à damiers à la 8ème place.
Philippe Dumas ne peut être que fier de ses troupes : « Ce qui domine à cet instant, c’est la fatigue ! Malgré les renforts, nous n’étions peut-être pas assez nombreux pour une telle course. Je suis un peu déçu mais surtout très content et fier de ce qu’on a montré ce week-end, de cette belle aventure partagée ensemble. » Clément Mateu, Responsable du Développement, garde pour sa part un sentiment plus mitigé : « Pour cette première course de 24 heures, nous avons un sentiment partagé. D’un côté, la déception d’avoir perdu le podium et de l’autre, la satisfaction d’être à l’arrivée avec les deux voitures, et d’avoir joué un rôle en bataillant d’égal à égal contre des teams disposant d’une expérience et de moyens nettement supérieurs. »
Les pilotes ont fait le job, à l’instar de Fred Mako : « Je suis heureux d’avoir réussi tout cela avec HEXIS AMR. Sans expérience de l’endurance, ils n’ont pas fait d’erreur stratégique, et les pitstops ont été excellents. Tout le monde doutait de la fiabilité des Aston Martin, et les voitures ont tourné comme des horloges. Nous étions P3 à trois heures de la fin et le podium nous tendait les bras… Je suis déçu de ne pas avoir concrétisé, mais l’équipe peut être fière de ce qu’elle a réalisé ici. »
Henri Moser prend déjà rendez-vous pour 2012 : « L’équipe a présenté au départ des voitures qui étaient comme neuves, préparées pour aller au bout et tout a été fait pour qu’on se sente bien au volant. La météo a été de notre côté, nous aurions souffert davantage s’il avait beaucoup plu. Nous avons évité les embûches jusqu’à deux heures trente de la fin… à l’année prochaine ! »
Présent en Championnat du Monde GT1 avec HEXIS AMR, Stef Dusseldorp faisait lui aussi ses grands débuts en Endurance : « Je suis vidé! C’était une expérience fantastique, avec des équipiers qui connaissaient bien l’endurance. Notre début de course a été difficile avec ce problème de frein qui nous a obligés à partir derrière le peloton, mais il restait 24 heures pour dépasser ! Nous sommes revenus de loin, grâce à un rythme rapide en piste, un super travail de l’équipe. Tout se passait bien jusqu’à mon contact avec l’Audi n°23, qui a déclenché nos ennuis de direction assistée. Au final, c’est positif d’avoir découvert l’endurance et le pilotage de nuit en attaquant du feu vert au drapeau à damiers, mais bien sûr on espérait un meilleur résultat. »
En capitaine de route de la n°3, Yann Clairay n’a pas ménagé ses efforts en piste : « Franchement, toute l’équipe mérite le respect… et de passer de bonnes vacances, après l’énorme travail accompli! Personne ne doit être déçu car le résultat est au-delà des espérances. Pour une première, c’est formidable d’avoir rencontré aussi peu de problèmes techniques. Pour les pilotes, ça n’a pas été évident non plus au plan physique car nous n’avions pas les aides au pilotage dont disposent les voitures de nouvelle génération. »
Pierre-Brice Mena est fier de ce résultat : « J’étais bien préparé mais il faut reconnaître que c’était dur. J’ai mal partout. L’équipe a fait un boulot de fou, ils étaient tous à fond, impliqués à 100%. Dans une course pareille, avec un tel niveau, on peut être fiers de finir dans le Top 10. »
Quant à Julien Rodrigues, il revient sur la fiabilité des DBRS9 : « On ne donnait pas cher de notre peau, avec une Aston Martin jugée peu fiable. L’équipe HEXIS AMR a travaillé plus de trois mois pour réussir cette première grande course d’endurance. Ils ont su nous donner les vitamines pour aller jusqu’au bout de l’aventure ! »
HEXIS AMR reprendra la piste dès la fin du mois, de nouveau avec les deux Aston Martin DBRS9 pour les deux derniers meetings de la Blancpain Endurance Series, dont le prochain se tiendra à Magny-Cours. Retour ensuite au Championnat du Monde GT1 où le team gardois est toujours en lice pour le titre. La France n’a peut-être pas de Grand Prix de Formule 1, mais elle a une équipe engagée dans deux championnats internationaux de renom.
Citations issues du communiqué du team
Retrouvez toutes les photos des 24 Heures de Spa dans l’objectif de Antonin Grenier sur la page Facebook HEXIS Racing.
Laurent Mercier