Le SUPER GT dispute sa quatrième manche ce week-end à Sugo, et c’est une nouvelle preuve de la ténacité japonaise. En effet, le circuit de Sugo situé dans la Préfecture de Miyagi, est dans une des zones qui ont été le plus durement touchées par le grand tremblement de terre du mois de mars.
Le circuit lui-même avait été endommagé durant ces évènements de triste mémoire mais avait néanmoins servi de base logistique pour les secours aux régions voisines sinistrées.
GT500
On avait pu craindre pendant un moment que les qualifications soient en partie gâchées par la pluie qui tombait en abondance sur le circuit ce matin. Cependant, le ciel s’éclaircissait juste avant le début des essais libres et la piste séchait assez rapidement. Dans ces conditions, l’avantage allait à Michelin qui équipait les deux GT500 les plus rapides. C’est Ronnie Quintarelli qui avait réalisé le meilleur chrono avec la Nissan GT-R Mola n°46 en 1’27”040, devant la Lexus SC430 SARD n°39 de Ishiura/Iguchi, alors que le troisième temps revenait à la Honda HSV-010 Epson n°30 de Michigami/Nakayama, en Dunlop, tandis que Loïc Duval/Kogure, quatrièmes avec la Honda Weidler n°1 du Dome Racing, étaient les meilleurs représentants de Bridgestone, devant la Lexus Advan n°19 de Kataoka/Ara, en Yokohama. Ainsi les quatre manufacturiers pneumatiques étaient représentes dans le Top 5.
En revanche pour la première séance d’essais qualificatifs, la piste était preque sèche et les pilotes pouvaient s’employer. Une nouvelle fois, Ronnie Quintarelli était le plus rapide devant la Honda Raybrig de Takaya Izawa. Cette séance ne souriait pas à nos représentants, puisque ni Benoît Tréluyer ni Loïc Duval ne pouvaient prétendre à participer au Super Lap. Le vainqueur des 24 Heures du Mans ne réalisait que le 13ème chrono, tandis que Takashi Kogure, l’équipier de Duval, était crédité du onzième temps, alors que seuls les neuf premiers étaient retenus pour le Super Lap, chaque pilote, dans l’ordre inverse des chronos, s’exprimant sur un seul tour lancé.
La hiérarchie des premiers essais étaient confirmée, tout comme les difficultés des voitures en Bridgestone dans des conditions difficiles puisque la piste était humide, la pluie étant retombée sur le circuit et étant encore présente pour le Super Lap. Ronnie Quintarelli était le dernier à s’élancer. Hiroaki Ishiura détenait à ce moment-là la pole position après avoir réussi un temps de 1’28″061 qui le plaçait près de deux secondes devant le plus proche concurrent, alors que, neuvième en qualifications, il avait été le premier à prendre la piste lors de ce Super Lap au cours duquel, tour à tour, ses adversaires butaient sur son incroyable chrono. Il ne restait donc plus que Quintarelli pour pouvoir améliorer le temps de la Lexus SARD, et on ne donnait guère de chances à l’italien car la pluie redoublait. Pourtant Quintarelli attaquait et réalisait un chrono d’enfer en 1’26 ”355, soit plus de deux secondes de mieux que Ishiura et près de quatre secondes de mieux que Hiroobu Yasuda, troisième avec la Nissan Advan n°4 et plus rapide de quatre secondes que Ryo Michigami, quatrième avec la Honda Epson n°32 en Dunlop. Takuya Izawa, cinquième, était le meillleur en Bridgestone avec la Honda n°100, mais à près de cinq secondes de Quintarelli !! Michelin monopolisait ainsi la première ligne.
GT300
La pole est revenue à la Garaiya ARTA n°43 de Shinichi Takagi (Bridgestone) qui a nettement devancé la Ferrai 458 Jim Gainer n°11 de Katsuyuki Hiranaka, la Lexus IS350 n°14 de Ryo Orime, la Subaru Legacy n°62 de Kota Sasaki, la Toyota Corola Axio n°74 de Yuji Kunimoto et la Shiden n°2 de Hiroki Katoh. Contrairement aux manches précédentes, les GT japonaises ont pris le meilleur sur leurs homologues européennes. La catégorie a fait une nouvelle fois preuve de sa grande diversité avec neuf marques différents dans les dix premiers. Bridgestone trouve ainsi une consolation à ses déboires de la catégorie GT500, puisque pour son retour cette année en GT300, le manufacturier obtient sa première pole position depuis…1996 !!
Ronnie Quintarelli : « En ayant observé les voitures qui avaient fait le Super Lap avant moi, j’ai bien vu qu’il y avait beaucoup d’eau sur la piste et qu’elles avaient des difficultés. Cependant notre voiture avait bien marché sous la pluie le matin pendant les essais libres, aussi je pensais qu’on pouvait être près des meilleurs en qualifications. Mais quand j’ai pris la piste, les pneus ne montaient pas très bien en température et je devais m’employer beaucoup. C’est pourquoi j’ai été vraiment surpris de réaliser un aussi bon chrono. Je ne sais pas ce que sera la météo pour la course de demain, mais je donnerai tout que ce soit sec ou mouillé. »
Claude Foubert