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Réflexion personnelle sur l’avenir des catégories GT, part 2…

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Si les GT1 ne peuvent s’exprimer que dans un seul et unique championnat, les GT2 ont encore plusieurs terrains de jeux avec toutes les séries Le Mans, le VLN et l’International GT Open. Au fil des ans, Porsche et Ferrari ont trouvé de la concurrence avec les BMW et les Corvette. Lotus est arrivé récemment dans la catégorie et il faut laisser un peu de temps aux hommes de Claudio Berro, pour se faire une idée réelle du potentiel des Evora. On passera sur Jaguar, Aston Martin et Panoz, avec des GT2 bien en deçà du niveau des favoris. Il y a encore quelques années, tout le monde voyait dans les GT2 l’avenir de la catégorie GT, mais les GT3 donnent bien du fil à retordre, avec des chronos similaires. Ce n’est pas tant que les GT2 ne vont pas vite, mais plutôt que la réglementation fait qu’elles ne doivent pas aller trop vite, d’où des pilotes qui se plaisent plus au volant d’une GT3 que d’une GT2.

 

Avec la création des catégories GTE-Pro et GTE-Am cette saison, le GT2 est splitté en deux. Il convient de rappeler que le GTE-Am ne permet pas de rouler avec une auto de l’année en cours, d’où l’exclusion des Ferrari F458 Italia et Lotus Evora. Avant le début de saison un pilote présent en « Am » nous confiait que l’appellation n’était pas idéale pour démarcher des partenaires. Surtout que c’est bien la voiture qui est « Am » et non le pilote. On a pu le voir en Le Mans Series avec Waltrip/Kaufmann au volant d’une F430, alors qu’au Mans, le duo américain était au volant d’une F458, donc alignée en « Pro ». On voit qu’à la régulière une association Armindo/Narac est quasiment imbattable, vu le niveau des deux pilotes. Nicolas Armindo se permet même le luxe d’aller titiller les GTE-Pro avec sa Porsche 911 GT3-RSR Spec-2010. Chez Lotus Jetalliance, Rich/Slingerland sont présents avec les « Pro », alors que ce sont de parfaits gentlemen. Sans critiquer leur pilotage et même avec une auto équipée des dernières évolutions, ils ne seraient pas au niveau de Armindo/Narac par exemple ou de Cioci/Lémeret/Perrazzini.

 

Le gros avantage de cette catégorie est que le lest embarqué n’est pas de mise en cas de bon résultat. On intervient pas non plus toutes les deux courses pour revoir le règlement (même si les BMW M3 vont avoir des brides réduites dès Mid-Ohio en ALMS). Que le meilleur gagne ! C’est ce qui nous donne des batailles à bâtons rompus en American Le Mans Series avec des autos séparées par seulement quelques millièmes. Pourtant les GT2 sont de plus en plus décriées par les pilotes de prototypes. On répètera qu’il ne faut pas que les GT2 aillent trop vite pour ne pas se rapprocher des Formula Le Mans, ce qui fait que les pilotes doivent prendre de plus en plus de risques en piste pour gagner les derniers dixièmes restants. Si l’on revient sur les 24 Heures du Mans, les GT2 ont causé pas mal de soucis durant le double tour d’horloge avec deux autos impliquées dans les deux crashs des Audi R18. Si dans le premier cas, Anthony Beltoise n’y peut pas grand-chose, on ne sait pas trop quoi penser de l’accident de Rocky, qui en voulant passer une Ferrari, s’est retrouvé avec deux roues dans l’herbe et les conséquence que l’on sait. Le pilote de la Ferrari a été exclu de la course en catimini, si bien que l’on a appris cette exclusion qu’après l’arrivée. Si les rétros des F458 sont souvent remis en question, nous nous sommes installés dans le baquet d’une F458 Italia GT2 afin d’en avoir le cœur net. Nous ne sommes pas pilotes mais la visibilité n’est vraiment pas optimale et une caméra ne règlera pas le problème, l’écran n’étant pas dans l’axe de vision du pilote. Comme nous le disait si justement Stéphane Ortelli, le rétro central était présent dans une Porsche 917 des années 70, alors en 2011… Une réunion a eu lieu il y a peu de temps à l’ACO pour parler du problème de cohabitation protos/GT afin que des solutions soient rapidement trouvées.

 

Sur le plan sportif, les Porsche sont à la peine, si bien que les titres vont être très compliqués à garder. Les BMW M3 ont retrouvé des couleurs et les Ferrari F458 sont dans le coup dès la première année. BMW pourrait bien lâcher l’engagement officiel des M3 en 2012, du fait de son implication en DTM, et les équipes Porsche vont réfléchir à deux fois à engager un modèle qui commence à dater, même avec des « upgrades ». Les teams aimeraient bien voir une 918 RSR GT2, mais les chances sont infimes. En 2012, les Ferrari F458 pourraient bien avoir le champ libre, avec en prime une présence dans le nouveau Championnat du Monde GT. Une chose est sûre, ce nouveau championnat sera exclu aux BMW M3. Si les voyants étaient au vert en GT2 il y a quelques années, l’avenir semble un peu bouché car les projets d’une nouvelle auto ne sont pas légion, tout le monde trouvant refuge en GT3. On peut même se poser la question de savoir à quel moment les GT3 seront présentes aux 24 Heures du Mans, tant toutes les marques sont présentes. Au fil des saisons, elles deviennent de plus en plus fiables (un peu à l’instar des LMP2).

 

On a pu voir cette au Mans qu’il suffit de faire une course sage et de monter sur le podium, comme la Ford GT du Robertson Racing. Un vrai temps pivot respecté lors de la Journée Test devient obligatoire. Imaginez qu’il suffit de faire ses dix tours réglementaires pour prendre part à l’épreuve la plus select au monde. Donnez nous une GT2, on vous les fait les dix tours, pas bien vite c’est sûr mais en restant en dehors de la trajectoire et avec les feux de détresse, on devrait bien y arriver (ndlr : à prendre au second degré). Il y avait cette année plus de 20 secondes entre le meilleur GTE et le meilleur des trois pilotes de la dernière auto chronométrée en GTE.

 

Laurent Mercier

 

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