En dépit d’une météo loin d’être idyllique, les 12h de Spa, point d’orgue des Belgian Touring Car Series, ont offert un spectacle attrayant au courageux public.
Si, au bout du compte, la lutte pour la victoire n’aura opposé que deux bolides, en l’occurrence la Volvo S60 Silhouette de Radermecker-Van de Poele-Verdonck et la Renault Mégane Silhouette de Bouvy-Kelders-Horion, le suspense fût cependant omniprésent, la Suédoise ne faisant la différence que dans les ultimes rondes de l’épreuve. Les premières minutes de course furent particulièrement animées. Un quatuor de furieux composé de Fred Bouvy, Vincent Radermecker, Jérôme Thiry (Jaguar X Type Silhouette) et Philippe Steveny (Kia Pro-Ceed Silhouette) luttait à couteaux tirés, s’échangeant tour à tour le commandement sous l’œil attentif de Stéphane Lémeret (Renault Mégane Silhouette).
Dès lors on se mettait à rêver à une lutte épique opposant ces cinq concurrents. Las, il nous fallut rapidement déchanter. En effet, peu avant l’heure de course, Thiry s’accrochait violemment avec la Renault Clio de Verpoort dans la rapide section de Blanchimont. Si le pilote d’Habay-la-Neuve s’en sortait sans mal, on ne pouvait en dire autant de sa monture. De son côté, Pieter Verpoort était héliporté vers le CHU de Liège où les nouvelles se voulaient toutefois rassurantes. Quant à la Kia de Steveny-De Radiguès-Lefort, elle se voyait rapidement privée de l’un des vérins hydrauliques permettant de lever la voiture lors des arrêts ravitaillement, de quoi contraindre les mécaniciens à utiliser un bon vieux cric lors de chaque changement de pneus ! Une fuite d’essence venant définitivement écarter la Coréenne de la lutte pour la victoire.
La Mégane Silhouette de Lémeret-Schroyen-Mondron, victime d’un accrochage, sous safety car ( !), avec la voiture sœur de Viron-Richard-Bordet était encore moins vernie et, de fait, perdait un temps considérable dans l’aventure. Tant et si bien qu’à la mi-course, seules la Volvo S60 de Radermecker-Van de Poele Verdonck et la Mégane de Bouvy-Kelders-Horion étaient encore concernées par le gain de la première place. En dépit de quelques menus contretemps (une panne d’essence à l’entrée de la pitlane pour la Volvo et un drive-through pour la Renault), aucune des deux protagonistes ne souhaitaient lâcher le morceau.
Ainsi à 40 minutes de l’épilogue, l’écart séparant Radermecker de Bouvy s’élevait à moins d’une seconde ! Pour son premier relais de nuit, qui plus est sur une piste piégeuse à souhait, le Hervien ne tardait cependant pas à prendre ses marques et surtout ses distances sur Fred Bouvy. Au fil des tours, l’écart entre les deux Silhouettes ne cessaient de croître et c’est avec un avantage de l’ordre de 16 secondes que Vincent Radermecker franchissait la ligne d’arrivée, offrant, par la même occasion, à Volvo un premier succès lors du tour d’horloge ardennais. De son côté Fred Bouvy se voyait infligé une pénalité de 5 tours pour avoir dépassé de 7 minutes le temps de conduite réglementaire. La Mégane du Delahaye Racing n’en conservait pas moins sa seconde place, la Kia Pro-Ceed de Steveny-De Radiguès-Lefort, 3e, étant reléguée à 6 tours.
En dépit de leur accrochage avec la troisième Mégane du Team Delahaye, les Français Viron-Richard-Bordet n’en décrochent pas moins une belle 4e place au nez et à la barbe des lauréats en T3, à savoir les excellents Steve Vanbellingen, Erik Qvick et Ruben Maes. Au volant de leur BMW ex-WTCC propulsée par une mécanique de BMW M3, ils ont littéralement surclassé la concurrence, s’imposant avec 15 tours d’avance sur la BMW M3 du Team Caramba pilotée par les Danois Outzen-Holmgaard-Klostermann-Dalouiso. Ces derniers, un moment en tête de la catégorie, ont véritablement sombré en fin d’épreuve à cause de la…buée présente dans l’habitacle de leur jolie M3.
Encore moins de réussite pour la surpuissante Seat Leon ex-WTCC de Duez-Rosoux-Piron, laquelle devra renoncer suite à une casse moteur après avoir déjà été immobilisée sur le circuit suite à des soucis de cardan. Même constat pour les VW Scirocco du Team WRT, Latinne-Wauters-Vanthoor étant contraint à l’abandon suite à un problème de direction, tandis que Gosselin-Smits-Choque, victime d’un bris de suspension, devait se contenter d’une mièvre 27e place.
Excellent 7e derrière l’Audi A4 Silhouette de Maillet-Dubois-De Keijser, le duo Léonard-Lamy remporte la coupe Seat Leon Supercopa tandis qu’Alexis Van de Pole (l’un des fils d’Eric) remporte une sympathique victoire en classe S2 et ce au volant d’une BMW Touring Cup partagée en compagnie de Vincent Vandenabeele et Pascal Nelissen Grade. Parmi les nombreux tricolores présents au départ de l’épreuve, nous retiendrons essentiellement le joli tir groupé aux 10e et 11e places des Seat Leon de Jean-Louis Dauger-Carlos Antunes et Olivier Wittmann-Vincent Hebert. Ces derniers recevant en dernière minute le renfort précieux d’un certain Maxime Martin.
Course pour le moins difficile en revanche pour l’écurie Gomez Compétition dont aucune des GC 10 ne ralliera l’arrivée. Sortie de la piste après 1h 30 de course, la n°10 de Fumal-Contre-Servais regagnera les stands… sur un camion plateau mais n’en repartira point. De même, c’est un écart de trajectoire entraînant un bris de suspension qui sonnera le glas des espoirs de la « Martini » de Fievez-Gagneux-Lenisa. Quant à la n°14 de Poitevineau-Roy-Haddouche c’est l’alternateur qui mettra un terme à sa progression. Pour conclure, saluons la 26e position de l’Holden Commodore des Australiens Mal Rose et Peter Leemhuis lesquels vont, dans la foulée, enchaîner avec les 24h du Nürburgring. Quelle santé !
Fabrice Bergenhuizen